Beta Battlefield 3 – Premières impressions Multi

Après 10 jours de combat effréné contre d'autres chanceux, voici notre patchwork des pensées profondes d'un joueur.

L’uniforme est sale, terni par la poussière, le casque pend paresseusement sur un coin de table. Ce visage ridé, nichant en son sein des yeux qui en ont tant vu, ce visage n’imprime plus aucune émotion. La platitude de son encéphalogramme n’a d’équivalent que la surface de son gilet pare-balle, depuis longtemps inutile. Le silence pesant de cette pièce vide semple palpable, comme si un hippie facétieux avait retiré mollement fracas et explosions étouffées. Son calibre 5,56 joue au presse-papier sur de ternes feuilles de missions aux chiffres pâlots. Les balles ont roulé de travers sur la table, et gisent à présent en tas comme des mikados avec lesquels plus personne ne perdra. Le vieux soldat virtuel s’ennuie, il est nostalgique de la guerre totale. Et puis, ce matin d’octobre, il tombe sur une invitation à la beta ouverte de Battlefield 3…

Boom, takatakatak, vlan, vroum, badaboum, scroutch… oui que c’est bon de s’étriper dans le Battlefield nouveau ! Ainsi donc voici des impressions en vrac pour ce jeu qui ravira les amateurs d’expériences vidéoludiques véritablement prenantes. Pendant une dizaine de jours, des milliers de joueurs ont eu la possibilité de se foutre sur la gueule gratuitement sur 2 maps qui seront présentes à la sortie du jeu. Petit tour d’horizon des champs de jeu.

Metro d’abord, la première dispo, map en 3 parties en mode rush (attaque puis défense d’objectifs), 2 à l’extérieur dans Paris, et une grande partie sous terre dans le métropolitain (avec des agents RATP bien plus effrayants !). La map ne proposait aucun véhicule, donc les lances roquettes ne servaient qu’à éclairer les couloirs, et en plus des parties à 32 max. Très petite, elle présente un intérêt hyper limité. D’abord, car on en fait vite le tour, les parties se ressemblent très vite, tout le monde connaissant par cœur en quelques parties. Et puis toute la démesure d’un Battlefield ne pouvait pleinement s’y exprimer. Alors après des dizaines de parties à massacrer des méchants au pompe, on finit par s’ennuyer. Cela dit elle ravira ceux qui souhaitent de l’action immédiate et du frag facile.

Le plus intéressant reste Caspian Borders. Rendue publique 3 jours seulement avant la fin de la béta, nous n’avons pu qu’y saliver. Grande carte, avec des tanks, des jeeps, des hélicos et des jets ! Voilà le Battlefield qu’on attend pour de vrai. D’ailleurs grosse nostalgie lors des premières parties. Je me voyais déjà la première fois que j’ai joué à Battlefield 1942 sur El Alamein, quand les tirs de tanks faisaient trembler mon bunker, que le vrombissement des avions surplombait le champ de bataille, que des dizaines de collègues couraient au casse-pipe dans le désert, que les jeeps chargées de TNT s’écrasaient au loin sur les chars, que les balles fusaient dans tous les sens, etc. Caspian c’est l’ambiance retrouvée, quand la guerre prend une dimension nouvelle, elle est totale.

Et le feeling est au rendez-vous. Le plaisir d’arracher les plaques arrières d’un char d’un coup de RPG bien placé, de sniper à plusieurs centaines de mètres, caché entre un buisson et un rocher, le mec en train de capturer sa base, de courir à travers champ pendant 1 bonne minute sans rien entendre d’autre que le vent et les piafs, avant qu’un hélico en vrille assaisonné au Stinger ne vienne s’écraser à quelques mètres dans un déluge de feu. On lève la tête, le pilote emparachuté descend doucement sur notre position. L’UMP-45 crache le fer en l’air, et ce qui atterrira au sol fera une veuve au pays. Mais bien sûr on ne remarque pas la jeep à droite qui, remontant la pente à vive allure, saute sur une petite butte et nous arrache la tête d’un coup de pneu. Raaaah ce plaisir masochiste !

Ou alors les tenues de points, quand à 4 on finit par détruire un hélicoptère, 2 tanks et une bonne dizaine de fantassins grâce à un teamplay poussé. Ou encore les balades à 3 à bord d’une jeep d’assaut, où le mitrailleur arrose au hasard. Ou cette rencontre nez à nez dans la pampa avec un sniper qui se croyait caché couché sur le rocher, et où notre couteau rencontre son dogtag. Ou encore cette fois où, acculé, entouré d’ennemis, on est sûr de passer l’arme à gauche et qu’apparait miraculeusement un camarade qui spawn sur vous, et vous prête main-forte dans l’enfer de la guerre…

Le nombre de situations différentes vécues durant 10 jours de béta, et en seulement 2 maps ferait rougir 80% des FPS multis disponibles sur le marché. Cette diversité, c’est la touche Battlefield. Et encore là ce sont des situations de fantassins, imaginez-vous aux commandes d’un tank, d’un hélico d’attaque ou d’un jet. De l’or en barre. Et tout ceci est servi encore une fois par la meilleure gestion sonore proposée par un jeu vidéo. On dirait qu’un ingénieur du son bosse pour vous à chaque partie, tout ce que vous entendez est fluctué par votre position dans l’espace, celle des autres, les obstacles vous entourant, votre santé, vos armes, etc. C’est extrêmement dynamique et, casque sur les oreilles, on se retournerait toutes les 5 secondes pour vérifier qui est derrière vous, et qu’est-ce que ce son. Bluffant.

Au-delà de ça il y a des déceptions. Beaucoup de bugs bien sûr, Beta oblige. Mais aussi des erreurs de gameplay. Les snipers par exemple ressemblent plus à des pistolets à bouchon, ils ne tirent vraiment pas assez loin avant que la balle de subisse la gravité. À longue distance on a plus l’impression de tirer à la catapulte tellement le projectile part en cloche. Ridicule quand la première mitraillette venue peut tirer presque droit à la même distance. Le fusil à pompe est aussi surpuissant que dans BC2 et cela peut faire râler. Les jets sont trop fragiles, les hélicos aussi puisque n’importe quel troufion avec un stinger peut s’en débarrasser. Après, le reste est question du goût de chacun.

Mais ce qu’il en retourne est une excellente impression, une immersion totale et un pied renouvelé constamment par la variété des situations. Du vrai Battlefield en gros. Mais n’en disons pas plus, gardons-en sous le pied pour le test (genre sa qualité graphique ou la performance de son moteur physique…).

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