Castlevania fait partie de ces vieilles licences vidéoludiques de grande classe. Ces titres sont soutenus par une communauté de fans toujours bien présente et font réellement partie de l’histoire du jeu vidéo. D’abord orienté action – plate-forme, la saga des Belmont a connu une nouvelle impulsion teintée d’exploration – RPG avec la sortie de Symphony of the Night sur PSOne. Le désormais célèbre Koji Igarashi fut à la base de ce renouvellement. Le mois dernier, deux nouveaux épisodes ont été annoncé. Alors est-ce que la lassitude guette ?
Castlevania Symphony of the Night est un monument. Un mythe même. L’un de ces jeux qui restent au panthéon des meilleurs titres, et dans le cœur de tous les fans. C’est d’abord par le renouveau apporté à une saga emblématique de Konami que ce titre s’est distingué. En lorgnant du côté de Metroid, IGA a su insuffler du sang neuf à sa saga. Avec l’apparition d’Ayami Kojima au chara-design, ce SotN offrit l’un des persos les plus adulées du monde du jeu vidéo, en la personne de Alucard. Les musiques fantastiques de Michiru Yamane ont fini de parachever l’œuvre et font de ce titre PSOne un incontournable. A partir de cette formule, IGA a décliné son concept. Après avoir remis de l’ordre dans chronologie de la saga, il a poussé toujours plus loin l’exploration de l’Histoire des Belmont et de tous les personnages greffés au mythe du vampire Dracula. Au point que les épisodes se sont enchaînés, sans que le concept n’est réellement évolué.
Le principal problème que l’on peut se poser ne réside pas dans la qualité des différents Castlevania sortis depuis SotN. Ils sont de très grande classe, très plaisant à jouer, et parmi les derniers représentants de l’ère 2D si chère aux vieux joueurs que nous sommes. Le souci est qu’on arrive aujourd’hui à la sixième itération du même concept, les persos et l’histoire changeant à chaque fois (quoique, avec Aria et Dawn of Sorrow ce ne fut pas le cas), mais les décors, les ennemis, les armes, la progression, restant plus ou moins proches. Même les deux opus 3D sortis sur PS2 proposaient le même canevas général (le seul épisode à réchapper à ce constat est le remake Castlevania X Chronicles). Et au final, un Castlevania est toujours très fun à jouer, mais l’annonce d’un nouvel épisode ne provoque plus autant d’émois. Les habitudes et la routine ont pris la place de l’attente et de l’envie. D’ailleurs, ce manque de renouvellement avait déjà été débattu sur CS après le test de Portrait of Ruin (point de vue légèrement nuancé par la suite) et provoque un gros paradoxe. Alors oui, la formule ne change pas – et ce n’est pas la dernier annoncé Order of Ecclesia qui viendra bouleverser la donne, malgré ses apparentes interactions avec l’écran tactile de la DS – mais le plaisir de parcourir un épisode et de chasser du vampire reste bien là. Pour être honnête, lorsque j’ai vu les premières images du dernier épisode DS présenté, j’ai cru à un fake. Les situations, les boss, tout me paraissait déjà vu et déjà joué. Plutôt dommage non ? Mais cette dichotomie de sentiments représente un vrai dilemme.
Le fait est que la refonte opérée par IGA sur SotN a été plutôt positive, et même salutaire, pour la saga. Alors comment ne pas penser qu’un nouveau petit coup de fouet permettrai de repartir d’un bon pied, et où on attendrait enfin nouvel un opus de Castle avec la plus grande impatience ? Beaucoup de fans guettent d’ailleurs une hypothétique version 2D sur console de salon, proposant une qualité graphique à en faire pâlir un Guilty Gear. Voilà qui pourrait constituer un bouquet final sans précédant avant de voir la saga s’envoler vers d’autres cieux. Pourquoi pas le RPG ? Rêvons. Oui rêvons, car le tout dernier opus annoncé par IGA laisse perplexe. Les fans sont déjà au courant, mais c’est vers la baston 3D que la série se tourne, pour son arrivée sur Wii. Pas question ici de tirer à boulets rouges sur un jeu même pas sorti (et dont peu d’infos nous sont parvenus sinon que Takeshi Obata, le mangaka responsable de Death Note et d’Hikaru no Go sera en charge du chara-design), mais force est de constater que le titre fait peur. En effet, le genre de la bastion 3D est un genre plutôt casse-gueule. D’autant plus que la team de IGA est assez inexpérimentée dans le domaine, au même titre que Konami en général. Ce genre de jeu demande beaucoup de travail sur le réglage du gameplay et nécessite des développeurs plutôt rompus à ce genre d’exercice. A moins que IGA nous prépare un simili-Smash Bros, mais où un réglage de gameplay pointu est là aussi nécessaire (quoi qu’en pense certains), la version finale risque de cristalliser les appréhensions. Surtout que ce titre mélange les persos phares de toute la saga mettant à mal la chronologie de la série et offrant un feeling presque hors-sujet. M’enfin pourquoi pas après tout ? IGA est-il capable de nous surprendre sur le coup ? La maniabilité Wiimote fera-t-elle passer la pilule. Je ne demande qu’à être agréablement surpris.
