E3 2010 – Bilan et tendances

L’E3 ferme ses portes aujourd’hui. Avant de révéler les ressentis de chaque membre de Console Syndrome dans un article : « La Rédac en Parle », nous allons essayer ici de discerner l’orientation et les tendances dégagées par ce salon.

Les jeux d’auteur en dématerialisé
Au milieu de l’armada des suites de grandes licences et des jeux casuals, où trouver des titres un peu originaux ? On commence a avoir l’habitude à présent, les créatifs ont trouvé refuge sur les plates-formes de jeux dématérialisées : PSN, XBLA et WiiWare. Sans avoir la prestance technologique et l’investissement financier des jeux en boîte, les softs à télécharger autorisent la folie inventive des développeurs à exploser. L’E3 2010 confirme cette tendance plus que salvatrice avec le nouveau Eric Chahi : Project Dust, qui, après de longs voyages, veut nous restituer un message écologique à travers un god game très original. Mais aussi le projet de Jenova Chen (responsable de Cloud, Flow et Flower) : Journey, qui est un titre qui prendra, semble-t-il, place dans le désert, où le vent aura encore son importance. Deux exemples de créateurs reconnus pour leur jeux d’auteurs qui trouve aujourd’hui dans le dématérialisé, une arche qui les sauvera du ras de marée casual.


Peu de nouvelles licences

Il y a quelques années, l’E3 était un enfer pour les gros sites de jeux vidéo qui devaient créer des tonnes de nouvelles fiches de jeux. Un problème un peu révolu, au vu du peu de surprises et de nouvelles licences dévoilées à cette édition 2010. Une raison à cela ? Une propriété intellectuelle vaut de l’or et il faut la rentabiliser au maximum. Tous les chapitres 2, 3, 4 de nos séries phares ne sont qu’un capital latent pour les éditeurs. On comprend donc leur envie de faire fructifier leur chiffre d’affaire grâce à ce procédé. Pour nous, consommateurs, la résultante est double. Nos séries se déclinent à l’infini, perdant par la même occasion leurs âmes et leurs intérêts, mais surtout, on se retrouve avec un marché opaque ne proposant qu’une offre restreinte. La prise de risque n’est donc pas du tout favorisée et il n’est ainsi pas étonnant d’avoir un E3 pauvre en surprises mais extrêmement riche en suites.

Sony et Microsoft : l’attrait tardif du casual
Sans surprise toujours, Sony et Microsoft confirment leur souhait de gratter les parts de marché du casual de Nintendo. Étrange et contradictoire, cette envie tardive arrive  justement au moment où ce secteur chute en beauté. Normal, après quatre ans de bourrage de crâne, les ménages ont fait l’acquisition d’une DS ou d’une Wii. Sans compter l’avalanche de mauvais titres distribués par les éditeurs de jeux, attirés comme des abeilles par l’appât du gain. L’anachronisme des nouvelles propositions Kinect et PS Move risquent ainsi de faire un four auprès du grand public et de décevoir par la même occasion les gamers – absolument pas visés. Sony a néanmoins essayé de jouer un coup d’avance avec la 3D, mais l’ombre de l’erreur du lancement de la PS3 plane dangereusement. Une technologie hors de prix, complètement élitiste, qui, en plus, ne fera pas pencher les parts de marché en faveur du géant japonais. Pendant ce temps, Nintendo revient après deux années très décevantes (du point de vue de l’E3) auprès des joueurs et du grand public. Une conférence quasi parfaite présentant enfin des jeux gamers et une machine – la 3DS – prématurément auréolée de succès, mais répondant intelligemment à une conjoncture économique vacillante. Le seul point noir est, comme pour les autres, l’absence de nouvelles licences.

Contrairement aux (très) anciennes moutures, cette édition 2010 de l’E3 nous a présenté, en majeure partie, ce qui va arriver ce Noël et même cet été. A présent, le temps est très restreint entre l’annonce et la sortie d’un jeu ou d’une console. Une nouvelle technique de communication qui diffère de celle qui nous inondait pendant de long mois de trailers, teasers et autres photos, en faveur d’un matraquage plus serré, mais plus intense. Mais pour ce qui est de cette année 2010, la crise économique a eu un impact non négligeable qui a, je pense, changé la donne. En effet, si une grande partie des jeux sont prévus pour une sortie cet été, en fin d’année ou, au plus tard, au printemps 2011, c’est pour assurer une bonne fin d’exercice fiscal. La conjoncture économique ayant été bien perturbée, il est vital pour les éditeurs de clore l’année (en mars) par une activité sereine. Sans quoi, rachat, OPA agressive et autres fusions risquent de faire une belle l’actualité.

L’E3 2010 est un très bon cru qui a affiché peu de surprises, mais de grandes annonces. Les tendances qui se sont dégagées de cette édition sont néanmoins un poil décevante : une orientation encore plus casual, du plagiat éhonté, pas de nouvelles licences, des suites et des remakes à gogo. Espérons que l’année prochaine sera placée sous le signe de la nouveauté et de l’originalité.

Une autre tendance qui se confirme !


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