E3 2010 – Jour 2

Deuxième jour des conférences pré-E3 (rappelons que le salon n’a pas encore ouvert ses portes) avec cette fois-ci Nintendo et Sony qui rentrent dans la danse. Après une démonstration de Microsoft assez faible, doit-on se faire du soucis ?

A tout seigneur, tout honneur, commençons par Nintendo. Après deux E3 décevants, on peut dire que le japonais relève la tête en 2010 en offrant sa meilleure prestation depuis bien longtemps. Si tout à très mal commencé avec une présentation du nouveau Zelda totalement foirée (des interférences avec la Wiimote de Miyamoto à ce qu’il semble, même si le jeu sera visiblement costaud, avec une direction artistique placée entre le réalisme de Twilight Princess et le cell-shading de Wind Waker), le reste a suivi. On a eu droit à des jeux, peu de blabla ou de casual et surtout la 3DS. La firme de Kyoto semble avoir donné une leçon à toute l’industrie. D’abord en pratiquant l’adage du « tout, tout de suite » : Donkey Kong Country Returns, Golden Sun 3 ou Kirby (sublime) sont par exemples amenés à sortir dès cet été ! Idem pour la 3DS, qui, même si elle ne dispose pas encore d’une date de sortie ou d’un prix, s’est offerte en pâture aux journalistes présents sur place dès la fin du salon. Des bornes Zelda étaient également à disposition. On pourrait croire que Nintendo voulait retenir tout le monde chez lui et empêcher les curieux d’aller voir la conf Sony ! Restons sur la 3DS pour introduire notre deuxième leçon du jour : le réalisme économique. Big N dévoile une console à la technologie très aboutie (performances proches d’une Wii à ce qu’il semble, stick analogique, capteur de mouvements, écran tactile, photo et lecture de film en 3D), au line-up déjà fourni (les éditeurs n’attendaient que l’annonce officielle pour balancer tous leurs projets, et quels projets : Metal Gear Solid 3, Resident Evil, Assassin’s Creed, Kingdom Hearts, Mario Kart, Street Fighter IV, etc.) et surtout l’attrait de la 3D, au cœur de toutes les discussions actuelles. L’effet paraît d’ailleurs saisissant ! Une vista incomparable donc, et un temps d’avance sur l’ensemble de l’industrie, que l’on doit certainement à Satoru Iwata, l’homme derrière le redressement de la firme. Un regret cependant : pas de réelles nouvelles franchises annoncées : on joue encore sur les licences maison (Nintendogs, Kid Icarus, Goldeneye, Mario Sports Mix, mais pas de Last Story). Mais au final, on retiendra surtout une conférence très gamer, à la direction affirmée. Nintendo semble plus que jamais en accord avec sa philosophie et quand Reggie Fils-Aimé nous dit que la technologie n’est qu’un vecteur pour le fun, on veut bien le croire. Une belle leçon de cohérence.

La conférence Sony était par contre un peu plus plan-plan. Assez longue (comme d’habitude), mais pas forcément bourrée de contenu. La faute à une communication surprenante, le voile ayant déjà été levé sur les gros jeux de la marque. Alors même si Killzone 3 (en 3D et avec des jets-packs), inFamous 2 ou Little Big Planet 2 (qui s’éloigne de la plate-forme pure et dure pour devenir un logiciel de création plus polyvalent) seront certainement réussis, pas de surprise à l’horizon. Tout juste pourra-t-on relever Heroes on the Move et Sorcery deux projets pour le Move, qui paraissent assez solides (même si le second paie un peu son manque de personnalité ; on aurait aimé une licence connue – Harry Potter pourquoi pas ? – pour l’appuyer). D’ailleurs, globalement, Sony s’en sort bien mieux que Microsoft dans sa tentative de rattraper l’ogre Nintendo dans le domaine de la détection de mouvements (ils osent, eux, parler de gamers casual et hardcore). L’offre Move est carrée, bien présentée et efficace (niveau performance, elle semble au dessus de la Wiimote couplée au Motion Plus et du Kinect). Le prix apparaît d’ailleurs plutôt correcte (50€ + 30€ pour le sub-controller, un poil cher, celui-ci). La PSP n’en finit plus d’agoniser avec très peu de jeux excitants en vue (le nouveau God of War et Parasite Eve 3rd Birthday) et Sony attends encore un peu avant de dégainer la seconde version de sa portable (qu’il va falloir costaud pour lutter contre la 3DS). Au final, Sony a vraisemblablement tiré toutes ses cartouches l’an dernier et cela se ressent aujourd’hui. Pourtant, la PS3 paraît plus que jamais comme la machine qui en garde le plus sous le coude techniquement. Avec les focus sur la 3D ou les détecteurs de mouvements, on aurait presque oublié que des jeux qui arrachent les rétines offrent encore un pouvoir d’attraction certain.

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