Cela n’aura échappé à personne, depuis la sortie de GTA le débat est relancé : les jeux sont violents. Encore une fois, notre media est stigmatisé, encore une fois les gamers sont regardés comme des ados attardés… Retour sur une polémique qui a au moins le mérite de nous laisser un semblant de parole.
Semblant de parole oui, car au bout du compte, les gens entendent nos paroles et nos arguments. Mais dans de nombreux cas, ils ne prennent pas en considération ces mêmes arguments. Alors voilà, le média a changé, ce n’est plus seulement le gentil Mario qui saute dans son tuyau en 2D, le jeu vidéo c’est aussi GTA. Mais ce faux débat sur la violence dans les jeux est fatigant, surtout par le fait qu’il remet en cause perpétuellement, le jeu vidéo lui-même. Tout est pourtant fait pour éviter ça, le contrôle parental existe sur console et la censure officie (peut-être même plus que pour n’importe quels autres médias). Il suffit de regarder la packaging – tout est indiqué. Le seul reproche serait peut-être à adresser aux vendeurs qui ne vérifient pas l’âge de leurs clients.
Alors oui GTA et violent, oui GTA peut donner de mauvaises idées aux plus jeunes, mais comme n’importe quel média de masse. Pourquoi sous prétexte qu’ici on a en main le jeu et que donc, le joueur n’est pas passif, l’envie de retranscrire cette violence serait-elle plus forte qu’après avoir regardé le JT de 20h ? Pourquoi un film porno ou d’une extrême violence n’a droit qu’a un cercle noir avec un -18 sur sa jaquette, alors celles de nos jeux sont bardées d’indications. tiens, prenons celle de GTA IV. En tout et pour tout, on en dénombre 5 : âge minimum requis (présent deux fois), violence, violence verbale et drogue.
Que faut-il de plus pour que le grand public comprenne que le jeu vidéo a changé, qu’à l’instar d’un film il faut que les parents surveillent les jeux de leurs enfants et surtout qu’il arrête de croire que le jeu est réservé aux ados. Je crois réellement qu’une partie du débat serait clos si cette vérité rentrais une fois pour toute dans les mœurs. Alors, écrivons le en gras : l’âge moyen du joueur est de 30 ans. 30 ans…, bien loin de l’adolescence…
Une fois de plus, l’argument du « mauvais exemple pour nos chères petites têtes blondes » ressort des placards. Oui il y a eu et il y aura sûrement des problèmes, des gens qui après un geste violent ou un vol de voiture diront avoir été inspiré par GTA. Mais ce n’est pas le fait du jeu vidéo, juste le fait d’un brouhaha médiatique qui tend à vouloir déresponsabiliser ce genre de personne. Ainsi, en médiatisant autant un épisode de Grand Theft Auto (comme jamais aucun autre jeu ne l’a été) dans des medias qui touchent la masse, n’y aurait-il pas des effets pervers collatéraux ? Un exemple. Il y a peu, sur le périphérique, un homme saoul a lancé des briques sur le pare-brise des voitures. La presse locale en a fait l’écho. Résultat ? La semaine suivante, c’est deux groupes distincts qui ont réitéré la chose. Vous voyez où je veux en venir ?
Une sous-culture ? Mais de quel droit ? De quel droit dit-on du jeu vidéo que c’est une sous-culture ? Dont-on y voir une “jalousie”, réfusant ainsi d’offrir au jeu vidéo son statut de culture populaire ? Et quel est le rapport avec la violence de GTA ? M. Denisot oubli-t-il que dans le cinéma, la violence est omniprésente ? A l’image, mais aussi moralement, dans certains films plus durs. De ce fait, en quoi “Une nuit en enfer” (du pourtant bon réalisateur Robert Rodriguez) ne serait pas taxé de sous-culture ? La violence du film et sa deuxième partie, limite burlesque, ont droit d’emblée à être assimilé à “de l’art” ? M. Denisot, si par hasard vous tombez sur ce texte, sachez d’abord que vous avez déçu beaucoup de monde qui vous prenaient pour quelqu’un d’ouvert et d’objectif. Et d’autre part, je vous invite à vous procurer le jeu ICO sur Playstation 2 ou simplement à jeter un œil au futur Metal Gear Solid 4, vous viendrez ensuite nous dire s’il s’agit de sous-culture !!!
A chaque GTA, l’histoire se repète. Nombre de jeux plus violent graphiquement – je pense par exemple a Condemned 2 – ou moralement et arrivent dans nos rayons. Pourtant personne ne les remarque. Cela prouve à quel point ces médisants ne connaissent absolument pas notre media. Mais si la création d’un scandale par les médias et/ou les politiques aboutirait à l’ouverture d’un vrai débat, ce ne serait pas un mal. Là, il s’agit simplement d’un monologue teinté d’incompréhension et d’appréhension, ou les vrais acteurs (les joueurs) n’ont pas droit à la parole. Quelle équité ! Alors prenons la ! Montrons leurs qu’ils ont torts. Exprimons-nous et tordons le coup aux clichés ! Nous ne sommes pas des débiles, nous sommes des adultes intelligents, et surtout que ce n’est pas le jeu vidéo qui rend violent mais la façon de l’utiliser (comme tout autre media) ! Comment oser stigmatiser le media le plus surveillé ? Je ne sais pas. Souhaitons seulement que les débats actuels permettront de mettre les choses au clair.
Je vous invite a découvrir la vidéo ici de canal + et le podcast des grandes gueules d’RMC

