Le rajout d’une composante multijoueurs avait de quoi laisser les joueurs fidèles de la licence Assassin’s Creed assez dubitatifs. Alors en attendant la sortie de l’épisode Brotherhood, bien calée au 18 novembre prochain, nous avons pu accéder à la bêta multijoueurs du projet. Après quasiment deux semaines de jeu, voici notre premier sentiment.
Ubisfoft Annecy s’est fait une spécialité de produire des modes multijoueurs pour les licences phares de l’éditeur français, même là où on ne les attendait pas forcément. Après avoir brillé sur la composante multi des différents Splinter Cell (jusqu’à Double Agent), voilà que les développeurs français s’attaquent à la plus grosse licence d’Ubisoft à l’heure actuelle : Assassin’s Creed.
Le concept de ce mode multijoueurs est en fait très simple : on nous propos de nous plier au bon vieux jeu du chat et de la souris. Chaque joueurs choisit un personnage, parmi les 10 disponibles dans cette bêta (on en annonce 17 pour le jeu final). Après avoir sélectionné une courtisane, un barbier, un bourreau ou un prêtre, 6 joueurs sont lâchés dans une arène peuplée de PNJ (personnages non joueur et donc contrôlés par la console). Là où ça devient intéressant, c’est que cette foule est intégralement constituée de clones des personnages incarnés par les 6 participants. On vous assigne alors une cible, un radar vous indiquant sa proximité. A vous de partir à la recherche de votre contrat. Bien entendu, vous avez aussi un chasseur sur le dos. Il faudra alors agir de la façon la plus naturelle possible (comme un PNJ en somme : marcher, ne pas escalader les édifices, etc.) pour ne pas se faire repérer. Si au départ, on n’hésite pas à prendre un peu de hauteur pour repérer les lieux et à se balader tranquillement, seul au milieu de la rue, on comprend vite que la dissimulation au sein de la foule devient primordiale pour que votre poursuivant ne puisse pas vous identifier. Si vous vous faites repérer, une course poursuite s’engage alors. Si votre cible vous échappe à la fin du compte à rebours, vous perdez le contrat, pendant que votre adversaire engrange des points. Au fur et à mesure de votre montée en niveau (on gagne de l’expérience pour chaque assassinat réussi, points qui seront plus importants si on exécute le contrat avec discrétion et style), de nombreuses compétences deviennent accessibles : pistolet, bombe fumigène, capacité de déguisement, etc.
Après plusieurs parties, force est d’admettre que l’intérêt est bien présent. On prend de plus en plus de plaisir à se dissimuler dans la foule en acquérant par l’expérience une manière de jouer appropriée, qui se voit compléter par les gadgets que l’on débloque au fur et à mesure. L’intelligence des développeurs a été de produire un système de jeu qui n’est pas basé sur l’offensive. Il est par exemple impossible d’utiliser une arme à tout bout de champ pour abattre tout le monde. Le seul mouvement offensif possible consiste à assassiner un adversaire à proximité par simple pression d’une commande. Votre adversaire, une fois cette manipulation effectuée, ne pourra rien faire d’autre que vous contempler lui ôter la vie. Cette caractéristique donne donc tout son sel au gameplay, où la discrétion du joueur et sa malice sont plus mises à profit que son skill brut, comme on a trop l’habitude de le voir dans les modes online. Après s’être fait abattre un paquet de fois, le joueur comprend qu’il doit prendre son temps pour chasser sa cible, bien construire son assassinat et ne pas oublier de regarder aux alentours, pour voir s’il n’est pas lui-même pris en chasse ! Addictif.
Le mode multijoueurs d’Assassin’s Creed Brotherhood semble avoir déjà remplit son pari. Il se pose donc en complément idéal au mode solo de base et s’avère capable de capitaliser autour d’un principe de jeu très bien pensé. Si on sait déjà que le contenu sera encore étoffé après la sortie du jeu (plus de classes de personnages à sélectionner, plus de maps, etc.), la seule question qui demeure sera de suivre l’intérêt du jeu sur le très long terme, ceux sur court et moyen terme étant déjà atteints.



