Maxis avec Will Wright, Maxis sans Will Wright ; Spore devient Darkspore, et abandonne l’évolution naturelle au profit de mécaniques plus proches de nous. Plus sombre mais pas moins léché, ce -spore là abandonne ses abords inoffensifs pour quelque chose de plus bestial : trois héros, pas moins, pour vider un stage et massacrer vos ennemis.
L’évolution a laissé place à la manipulation. Pour résister au Darkspore, l’ennemi du jeu et une entité contaminante, vous incarnez un des crogéniteurs responsables de la naissance des héros. Ces derniers ont tous été, à un moment ou à un autre, en contact avec un crogéniteur, lesquels leur ont donné des pouvoirs hors du commun en usant de génétique quantique. La toile de fond est posée.
En pratique, on donne dans le hack’n slash. Le jeu prend même des allures de Dungeon-RPG, puisque découpé en missions et en stages fermés. Les environnements, somptueux et variés, tranchent avec l’heroic fantasy habituelle. Traversés en ligne droite ou presque, ces derniers vous permettent de récolter expérience, objets et ADN (la monnaie du jeu), et vous opposent au traditionnel boss de fin de niveau. Découpés en sous chapitres (1-1, 1-2, …), la surprise viendra généralement à la fin du chapitre global, plus prompte à vous proposer un boss plus conséquent.
Le système de lobby vous permet de vous préparer avec les autres joueurs, via le chat, en bas à gauche. Un coup d’oeil en haut à droite de l’écran dévoile les principales fonctionnalités du jeu. La Navigation permet ainsi de se lancer dans une mission, en solo ou en matchmaking (avec d’autres joueurs), ou bien encore de faire du PvP (pas encore disponible à l’occasion de cette beta). L’Arsenal vous oppose à la liste conséquente des héros disponibles : une centaine, ni plus ni moins. Débloqués au fur et à mesure du jeu, ceux-ci vous permettront de constituer vos escouades et d’en changer. Sur le terrain, l’escouade vous permet de passer d’un héros à l’autre pour répondre au mieux aux différentes situations et leur permettre de recharger les piles. Le Labo, enfin, vous laissera équiper vos héros et modifier leur apparence (tailles et forme des éléments, couleur).
Ces derniers, qui forment bien vite le cœur du jeu, disposent d’un type (Bio, Nécro, Quantique, Plasma ou Cyber), de caractéristiques (A distance, Zone d’effet, etc.) et de statistiques plus classiques (Force, Dextérité, etc.). Sage est un héros que j’ai débloqué. Ses caractéristiques – « Soin », « A distance » et « Familiers » – m’aident tout de suite à voir de quoi il retourne. Son type – Bio – va de paire, et influencent les capacités qui seront disponibles en combat (guérir, enrager un des familiers). Le type est également à prendre en compte sur le terrain : d’une mission à l’autre le type des ennemis varie, et si Sage devait se retrouver contre des ennemis du même type, il prendrait deux fois plus de dégâts. Pour éviter les mauvaises surprises l’on est heureusement prévenu des ennemis qu’on va rencontrer avant de lancer la mission.
En pratique les missions s’enchainent vite. Rarement trop longues, les premières d’entre-elles permettent de se familiariser avec la maniabilité : déplacement et attaque via la souris, capacités via le clavier ou en cliquant dessus. Le jeu n’est guère paramétrable dans les options et j’ai été bien incapable d’opérer sur la caméra, parfois gênante parce que fixe – espérons que le jeu final se montrera plus souple. Les combats, guère difficiles, sont plaisants, et peuvent nécessiter un peu de tactique avec des héros plus fragiles ou qui opèrent à distance. Au cours du stage et à son issu on gagne des niveaux de crogéniteur (le maximum semble être 50) qui permettront de débloquer de nouveaux héros. On pourra également, via la boutique (accessible dans le lobby), acheter des améliorations ou des objets. Petite originalité : à la fin du stage un « quitte ou double » s’offre à vous. Vous pouvez garder l’expérience et avez un pourcentage de chance de gagner un objet rare, ou [faire la mission suivante] pour augmenter ce pourcentage et gagner plus d’expérience. Mais si vous perdez, vous perdez tout. Les amateurs de challenge apprécieront.
Si le jeu a décidément de quoi faire – et en l’absence de gros concurrents – on peut regretter que le jeu semble manquer de ce petit supplément d’âme. Propre mais relativement générique, plaisant à jouer mais assez répétitif, Darkspore prend le parti d’un format adapté aux courtes sessions de jeu mais pas foncièrement captivant – un avis qu’on prendra avec des pincettes en l’absence du PvP et en attendant le jeu complet.
Impressions tirées de la beta publique du 19 février dernier.




