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« Oh, regardez ! Voici le premier héros qui arrive… Laissez-le remplir ses sacoches d’or, Votre Cupidité. » Énième conseil de la part de mon fidèle serviteur, que je m’empresse de suivre. Puis, sitôt les poches pleines, j’attaque le héros, l’assomme, le détrousse, et parfois l’enferme. Ma petite vie de maitre du donjon.

En découvrant le jeu de Realmforge Studios, les références se sont imposé d’elles-mêmes : un peu d’Overlord, du bien aimé Dungeon Keeper, et même de la simulation de vie (qui a dit Les Sims ?). J’eus droit, pour mes débuts, à une vue à la première personnes aussi curieuse que provisoire, le jeu me laissant par la suite exploiter une vue du haut beaucoup plus indispensable. Une quasi omniscience ma foi bien commode tant Dungeons fourmille d’éléments à prendre en compte, au point qu’on perd rapidement en fun ce qu’on gagne en gestion pure.

Déjà, l’on incarne un personnage – à l’image d’Overlord – un peu cliché et a priori démoniaque : le maitre du donjon. Cette unité sert en toute occasion et est vite amenée à visiter les lieux en large et en travers. Il s’agira, le plus souvent, de mater du héros et de réaliser les objectifs nécessaires à la réussite de la mission. Pendant ce temps, le vrai maitre du donjon – vous – aura à cœur d’entretenir les lieux, de creuser pour en découvrir d’autres et de maintenir l’économie à flot. Placer des trésors à des endroits stratégiques avant d’ouvrir les portes pour attirer des héros inexpérimentés fait partie de ces rituels macabres auquel on prend rapidement goût, dès lors qu’il s’agit de les dépouiller de leur or et de les enfermer. Augmenter le prestige de votre donjon, et emmagasiner la précieuse énergie d’âme feront également partie de ces quelques impératifs.

Les pentagrammes, une de ces choses nécessitant de l’énergie d’âme, sont là pour invoquer différents types de créatures et étendre votre zone d’influence. Chauve-souris, squelettes, et autres incarnations répugnantes viendront vous prêter main forte, ou du moins, essayer, véritablement incapables de constituer un danger sérieux pour ces braves héros. Amusants, ces derniers sont également des pastiches incapables de constituer une véritable menace, en ce qui vous concerne. En tout cas dans un premier temps. Ils s’appellent Junivera La Lamentable, se laissent distraire par la déco ; discutent, à l’entrée du donjon, et s’extasient à la moindre occasion : « Alors ça ressemble à ça, un donjon ? » « Avec tout cet or je vais pouvoir reprendre ma formation ! ». Plus curieux : ils ont des besoins, à l’image des simulations de vie. « Or », pour tous, « Masochisme », pour certains, et tentent d’y répondre au mieux (non, ils ne se balancent pas des pièces d’or dans la tronche).

Les héros constituent bien vite une préoccupation parmi d’autres. En effet, conformément au rituel, il vaut mieux les attaquer quand leurs poches sont pleines afin de récolter un maximum d’énergie d’âme. Ceci requiert d’être donc vigilant mais aussi mobile, car les créatures – à l’exception d’une un peu particulière – sont incapables d’en venir à bout, réduites au rang de « gagne-temps » à défaut d’autre chose. Il faudra donc avoir systématiquement recours au maitre du donjon, et de constater qu’au fil des combats le bougre monte en niveau et apprend de nouvelles capacités, à la façon d’un RPG tout ce qu’il y a de plus classique. Si l’aspect forcément charmant d’en faire un machine de guerre saisit l’esprit, on regrette vite que la défense du donjon repose à ce point sur le maitre du donjon.

Dungeons s’embarrasse donc de bien des compétences : RPG, stratégie, gestion, pour ne pas dire tower-defense. Trop loin d’un Dungeon Keeper plus simple d’accès mais surtout plus drôle, Dungeons semble vouloir trop en faire, mais demeure un jeu sympathique et assez prenant, sans doute loin d’avoir révélé tout son potentiel lors de cette courte démo.

Dungeons n’est pour l’instant disponible en français qu’en téléchargement. Plus d’infos sur le site.

Cliquez ici pour télécharger la démo.

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