La Rédac en Parle : la Dreamcast et moi

Nous profitons des 11 ans de la Dreamcast et de l’arrivée des classiques de la machine sur XBLA et PSN (qui débute avec Sonic Adventure et Crazy Taxi) pour consacrer une semaine entière à la dernière machine de SEGA. Nous inaugurons donc l’évènement avec notre rubrique “La rédac en Parle” qui s’articule autour d’une problématique simple : “la Dreamcast et moi”.

Mololo : Une semaine Dreamcast, ça se fête, car je l’avoue, la console de Sega est une de mes préférées, toutes époques confondues. Malgré son destin funeste, j’ai passé de nombreuses heures mémorables en sa compagnie et ces quelques lignes ne suffiront pas à tout raconter. Fan de Resident Evil, la sortie de Code Veronica scella notre histoire : elle allait définitivement être mienne. Un achat jamais regretté et complété par des titres dont je ne me suis toujours pas lassée : Jet Set Radio (le plus grand jeu du monde), REZ, Ikaruga, Space Channel 5 (et sa suite), Soul Calibur (une énorme claque graphique), les deux Shenmue évidemment, les pirates de l’air de Skies of Arcadia ou encore les zombies de House of the Dead 2, etc. Je me dois de l’avouer, je n’ai pas encore pu me résoudre à ranger ma Dreamcast au placard ! Ces nombreux jeux orientés arcade permettent de facilement s’amuser entre deux mastodontes actuels, même aujourd’hui. Sa fin funeste encourage forcément un culte, parfois exagéré, cependant il faut bien imaginer que tous ses amoureux ont ressenti une véritable injustice à sa mort, face à une PS2 bien moins fournie. Il reste quelques regrets de jeux annulés : impossible de ne pas citer Shenmue 3, mais également le mystérieux Agartha de Frédérick Raynal. Avec les futures renaissances sur PSN et XBLA de ses titres emblématiques, la Dreamcast va connaître une nouvelle vie par procuration et s’il va falloir repasser à la caisse, difficile de ne pas s’en réjouir ! Ainsi, si vous avez loupé cette époque, sachez qu’il n’est jamais trop tard pour faire des bons jeux. La Dreamcast et moi, une histoire d’amour dont je ne garde que des souvenirs positifs… (…sauf ce jour tragique où ma carte-mémoire a rendu l’âme).

Memento : Je me rappelle moins du jour où j’ai eu ma Dreamcast que de celui où j’ai eu mon premier jeu. Et pour cause, ça s’est passé avant. Je sortais des cours pour rejoindre ma boutique habituelle : c’était quelques jours avant la sortie de la console mais ils avaient déjà reçu Ready to Rumble, que je m’empressai de déballer et d’ouvrir, découvrant par là même que ces boitiers ne seraient sans doute pas sans me poser de soucis. La Dreamcast, c’est une des rares consoles que j’ai achetées le jour de la sortie, non pas qu’elle ait valu à ce point le coup de s’y risquer, mais c’est un de ces évènements qui rend une console encore plus unique. Par la suite ce fut Power Stone, Soul Calibur, et plein d’autres. C’est une console que j’ai véritablement adoré, comme bien d’autres, sans toujours pouvoir l’expliquer. En y repensant, je crois qu’avoir une Dreamcast, c’était avoir une borne d’arcade chez soi, presque littéralement. C’était, et c’est encore une console à fun. La PS2 frimait, mais on s’en foutait, parce qu’au milieu des rares bouses destinées à la console de Sega tronaient l’exubérance de jeux véritablement innovants, pour ne pas dire complètement barrés, parmi lesquels des jeux déjà cités par Mololo. Et l’injustice, c’est qu’au delà du destin funeste de cette console, de nombreux jeux n’ont jamais inspiré de suite. Entre portages maladroit et adaptations foireuses, certaines des plus grandes perles vidéoludiques sont à jamais restées sur Dreamcast, et nulle part ailleurs. Alors pourquoi se priver ?

CouCou : Le lancement de la Dreamcast reste un moment particulier. Je me souviens des conversations entre joueurs au lycée. SEGA sortait d’une période difficile avec la Saturn et beaucoup n’accordaient aucun crédit à cette nouvelle machine. Pourtant, en lisant mes Consoles + et Joypad mensuels, je ne pouvais que constater que l’excitation grimpait. Pour la première fois dans toute ma carrière de fanboy Nintendo, une machine SEGA me faisait clairement de l’œil. A l’époque, certains doivent s’en rappeler avec nostalgie, d’autres le vivre durement, mais l’achat d’une console ne se faisait pas en claquant des doigts. Avec Med, nous avions donc mis au point un stratagème visant à racheter à deux la machine d’un ami. Oui, oui, chacun possédait la moitié de la machine. Bon, au fil du temps, Med m’a progressivement racheté ma part, en m’abreuvant de tickets resto sur le long terme. L’un des meilleurs souvenirs que j’ai de cette période correspond à la sortie de Capcom vs SNK. Un titre dont on n’aurait jamais pu rêver quelques années auparavant et que nous avons attendus comme jamais. Pour débloquer tous les persos, il fallait ramasser un certain nombre de points de groove en maintenant une qualité de jeu élevé et autant dire qu’on avait bien galéré. Non, vraiment, je ne vais pour refaire la liste, mais il est certain qu’un bon paquet de titres de cette machine m’a marqué. Dommage maintenant de voir l’unanimité que fait la machine, alors que ses ventes sont restées absolument médiocres au final.

Med : CouCou vient de vous révéler la manière dont nous avons fait l’acquisition de notre première Dreamcast. Étant membre du clan des S (Sonic et SEGA), j’ai logiquement une affection toute particulière pour cette console partie trop tôt. Shenmue, évidemment, est le plus grand souvenir que je garde de cette époque bénie. J’y ai tellement joué que j’en rêvais la nuit ! Hormis, mes confessions de névrosé obsessionnel, si je devais partager une anecdote dans cette rubrique, se serait celle d’une rencontre. Une rencontre avec un nommé Morpheus. Non je ne suis pas Neo, mais le temps d’une journée, je me suis cru l’Élu. C’était une après-midi comme les autres, où avec le père CouCou, nous testions Phantasy Star Online. Notre premier jeu en ligne sur console ! Pour que cela soit possible, un long fil devait traverser ma maison pour se connecter à une prise téléphonique (connectique absente de ma chambre) afin de faire vrombir le modem 56k de la Dreamcast. J’avais le contrôle du personnage et CouCou, armé d’un clavier, avait pour mission de me faire passer pour un homme poulpe qui pouvait se battre et causer en même temps. Après les péripéties classiques qu’on rencontre quand on découvre le web et les discussions en ligne, nous sommes tombés sur lui, le maître, Morpheus. Très théâtral, son discours d’entré était rodé et aussi rondement joué qu’une citation du dernier Blier (ça veut pas forcement dire que c’est bien). Tout de suite, ça jette un froid : le type s’y croyait vraiment trop et on hésitait entre l’envie de le respecter ou de le taper. Son rôle n’ayant d’égale que la limite définie par le jeu, notre Morpheus poussa le délire (le vice) à nous refiler des objets de grandes valeurs. A tel point que même après avoir retourné le jeu, je n’ai jamais retrouvé de MAG (petit animalier de soutien qui vole autour de vous) de meilleur niveau que celui qui me fût offert ce jour là. Une petite histoire qui ne vous apprendra rien sur la console mais qui est bien à l’image des possibilités qu’elle offrait : une certaine forme de liberté. Jouer en ligne, c’est toute une histoire.

Voilà, à vous désormais de nous donner votre avis sur le sujet !

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