Les Super Editions Ultimes : valent-elles le coût ?

Le phénomène bien connu du « jeu mis à jour » bat à nouveau son plein. Cette stratégie, vieille comme le monde, est contestable, mais sait pourtant remporter les suffrages critique et public. La question se pose donc, via un subtil jeu de mot : ces titres valent-il le coût ?

Une des constantes communes à chaque industrie est que le consommateur est vu comme une vache à lait. Ainsi, il ne paraît pas déplacé de tenter de lui soutirer tout son argent. Après tout, si ça fonctionne, c’est que le joueur cautionne. Au rayon des spécialistes, on connaissait surtout Capcom, avec ces déclinaisons de licences à outrance, ces nouveautés estampillées Supra Ultra Dash ++ ou ses exclues, pas si exclues. Soyons clair, cette tendance à aligner les titres quasi-identiques à peu de temps d’intervalle avait provoqué la mort de la saga Street Fighter, peu après la sortie de l’excellentissime Third Strike. Après avoir laissé passer de l’eau sous les ponts, voilà que Capcom ressuscite sa saga de baston fétiche. Stupéfaction : un an plus tard débarque la version Super ! La boucle semble se répéter. Problème, le jeu est excellent.

L’annualisation des licences dans le jeu vidéo doit beaucoup aux titres de sport. Quel meilleur prétexte que les transferts d’été et l’actualisation de la base de donnés pour offrir une nouvelle itération chaque année ? EA s’est donc fait l’apôtre de la déclinaison sportive, FIFA au premier, rang, bientôt rejoint par Konami et PES (parce que bon, faut pas déconner). A l’occasion de la Coupe du Monde (ou de l’Euro), on se retrouve au final avec trois versions de la licence sous les bras, en l’espace d’une seule année ! Problème, le FIFA Coupe du Monde 2010 est aussi très réussi.

Un fan de FIFA ou de Street pourra vous le dire. Le cru 2010 vaut aisément celui de l’an passé, voire le dépasse allègrement. Et les petites modifications apportées en relancent l’intérêt. Se pose alors le dilemme du testeur : faut-il appuyer sur le caractère supérieur de ces titres par rapport à leurs ainés, ou bien souligner le procédé commercial scandaleux entrevu en filigrane ? Le nerf du gamer, comme pour la guerre, est l’argent. On se retrouve donc face à deux cas : Super Street Fighter IV est proposé neuf à 40€, alors que FIFA reste bloqué à 70€. Il ne faut pas voir ici un geste philanthrope de Capcom, les deux ne visant pas le même public. Et si la firme d’Osaka avait été persuadé de vendre autant de Super Street que de FIFA, le prix aurait surement été du même acabit.

Maintenant, on se marre quand on sait avec quelle propension les éditeurs n’hésitent plus à nous filer du contenu téléchargeable payant (DLC) pour rajouter le moindre micro-objet, personnage ou ajustement de gameplay. Et, pour une fois, on aurait préféré raquer 10€ en plus et conserver notre jeu initial, tout en s’offrant les nouveautés apportées par Super Street et FIFA Coupe du Monde. L’ironie de la vie, je suppose.

Vous l’avez peut-être remarqué, mais ce texte a pour simple finalité d’évacuer une frustration de gamer. Car tenter d’apporter une solution aux problèmes ou donner une réponse définitive n’est pas possible. J’aurais pu aussi citer d’autres titres en exemple, tel Resident Evil 5 Gold Edition (Capcom encore, tiens, tiens), mais le propos est évident. Alors, faut-il conseiller l’achat de ces jeux ? Et bien, comme Med vous le suggérait dans son test de FIFA Coupe du Monde mardi dernier, le facteur argent se révèle ici primordial. Ainsi, même si nous ne souhaitons pas forcément aborder les critiques de jeux de manière super terre à terre à CS, nous n’avons malheureusement pas toujours le choix.

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