Comme d’hab, la période de fin d’année sera propice à la sortie de gros jeux. Et comme d’hab, faire son choix demandera une prise de renseignements sérieuse, le porte-monnaie de tout un chacun étant loin d’être extensible. Alors face aux linéaires, le gamer ravi découvre les suites et déclinaisons de ses jeux phares, plus ou moins suites de ceux qu’il avait acheté l’hiver dernier. Le public aime les rendez-vous, et aucun doute que l’industrie du jeu vidéo l’a bien compris. Autrefois l’apanage des simu de sport, la déclinaison annuelle d’un titre est le nouveau créneau à la mode. La crise de l’originalité, on en a déjà parlé. Mais cette année, on voit débarquer un nombre assez élevé de challengers, tout frais. Ca change.
Comme dis dans cette intro aussi mystérieuse qu’aguichante, le jeu vidéo a fait fi de l’originalité depuis belle lurette. Mené par un Electronic Arts désireux de tout bouffer, l’industrie avait alors instauré la mise à jour annuelle de son catalogue, d’abord sportif. Les sous-titres ont alors été remplacé par l’année de sortie du soft, et Konami a alors emboité le pas dans le cadre de la sacro-sainte gué-guerre du jeu de foot sur console. Et puis les éditeurs ont abandonné le rajout d’un suffixe numérique, lorsque le nombre devenait trop indécent, et qu’il risquait alors de devenir un moyen de comprendre la supercherie. Call of Duty 4 est devenu Modern Warfare, le cinquième sera nommé World at War, Guitar Hero 4 prend le pli et passe au Wolrd Tour, etc. Ou d’autres, comme le Prince of Persia laisse carrément tomber toute précision. On revient aux sources, nous dit-on. Bien sûr, le constat serait autrement plus douloureux si ce système n’accouchait que de titres pourris. Il est évident que faire l’impasse sur le prochain FPS d’Activision en cette fin d’année serait passer à côté d’un bon titre. Idem pour la déclinaison 2009 du FIFA d’Electronic Arts. Et je ne parle même pas du nouveau PoP, l’un des titres que j’attends le plus pour Noël. Mais il est aussi certain que ce système possède des inconvénients. Les déclinaisons ad nauseam de Guitar Hero ont terminé de me fâcher avec la série, l’esprit n’étant plus le même à mon goût. Pour Call of Duty, on doit se taper un épisode sympa une année sur deux pour retrouver le faste l’année suivante (Treyarch et Infinite Ward développant chacun un titre sur deux). Et quand Activion-Blizzard, éditeur désormais numéro un du secteur annonce qu’il veut annualiser toutes les grosses licences de son catalogue (James Bond en tête), on regrette quand même que les créatifs soient soumis à un timing si chargé, qui, obligatoirement, empiètera sur l’innovation, la création et la prise de risque. Mais, en cette fin d’année le joueur pourra s’y retrouver aisément chez son revendeur. Resistance 2, Guitar Hero World Tour, PES 2009, FIFA 09, Brother in Arms 3, Fallout 3, Far Cry 2, Fable 2, Gears of War 2, Tomb Raiser Underworld, Banjo et Kazooie 3, Sonic Unleashed, Naruto ouatmille, et j’en passe. Après tout, n’est-ce pas normal de retrouver aux fêtes de fin d’année des amis qu’on a déjà fréquenté ? Et pourtant…
La production de nouvelles licences n’est pas un processus si extravagant que ça qu’il faille le crier sur tous les toits lorsqu’on le détecte. Mais il n’empêche que proposer de nouvelles licences en cette période si lucrative de la fin de l’année est une marque de courage. Et si, en plus, les gros éditeurs s’y mettent, quelle bonne nouvelle pour l’industrie. Nous avions déjà parlé du souhait de Electronic Arts de se racheter une virginité, et de revoir toute sa politique de développement. Il faut bien ça pour récupérer la couronne de numéro 1 du secteur qui lui a longtemps appartenu. Alors chez EA, on se retrousse les manches. Dead Space et Mirror’s Edge, voilà deux titres nouveaux et intrigants. Le premier sera en test prochainement, mais les premiers echos dispos à droite et à gauche ne laissent guère de doute sur sa très grande qualité, et le second a su créer un buzz énorme, et les attentes des joueurs sont maintenant immenses. Et que dire de Sony, en difficulté avec sa PS3 et qui a basé toute sa campagne de fin d’année sur l’inédit Little Big Planet ? Un titre follement accrocheur, innovant, mais pas encore très bien identifié auprès du grand public. Sur Wii, même si la quantité est loin d’être là, les nouvelles licences sont présentes pour assurer le minimum vital : de Blob, Disaster : Day of Crisis, Wii Music. C’est maintenant à nous, consommateurs, d’entériner cette politique et de la pousser plus avant. Si Dead Space est si réussi qu’on le dit, à nous de le porter en triomphe dans les charts. Et si on a de la chance, on aura la suite l’an prochain…
