Preview / Crisis Core : Final Fantasy VII

Annoncé comme la dernière pierre de l’« édifice » baptisé par Square Enix Final Fantasy VII Compilation, Crisis Core est aussi celui qui semblait le plus intéressant. En effet, ce dernier a toujours été présenté comme une explication des événement antérieurs à Final Fantasy VII et cette préquelle relatant la carrière de Zacks au sein du Soldier ne pouvait se permettre de prendre trop de libertés au risque de se mettre tous les fanatiques de la première heure à dos (je ne traiterai pas de certains retardataires rentrés pas la porte d’Advent Children). Passé justement l’aparté Advent Children, le Before Crisis, et surtout l’événement lamentable Dirge of Cerberus, nous voici donc avec un nouveau titre bourré de prétentions et qui supporte également une part de l’avenir de la PlayStation Portable de Sony. Alors qu’en est-il de cette nouveauté basée sur du vieux ? Après une sortie en fanfare au Japon accompagnée de ruptures de stock, pouvons-nous dire que le titre vaut vraiment cette renommée ?

Alors je vais être clair immédiatement en vous disant que je n’ai pu tâter de la bête que peu de temps et mon avis ne sera peut-être pas parfaitement mesuré même si je vais tenter d’être le plus objectif possible. Alors je vais peut-être démarrer en me défoulant sur tout ce qui m’horripile dans le travail récent effectué à partir de FF VII et même par tout Square Enix… Enfin, c’est aussi pas mal le travail de Nomura qui est la source de tout cela. Alors pour le départ, ce sera bien entendu la présence d’un guest plutôt envahissant en la personne de Gackt, ici dans la peau de Genesis, et qui avait déjà fait ses armes dans Dirge of Cerberus qu’il avait intégré jusqu’à pousser la chansonnette par souci artistique et pas dans un but commercial, bien évidemment. On notera également dans ce titre la fâcheuse tendance qui touche la plupart des jeux nippons qui consiste à user et abuser des looks hypes à gogo rendant nos personnages bien plus précieux que de rigueur. Il est vrai que ce jugement est extrêmement personnel mais l’avis plus objectif viendra plus tard si j’arrive à me tenir. Pour revenir sur les persos trendy, on trouve toujours les fantaisies de Nomura avec les coiffures classiques défiant les lois de la gravité mais aussi des personnages tout aussi fantaisistes avec un Zacks qui court le 100 mètres en 5 ou 6 secondes et puis qui saute à 40 ou 50 mètres de haut et à 400 mètres de longueur… Bref un personnage abusé, époustouflant dans les cinématiques et un peu raide une fois le jeu lancé. En bref, je ne suis pas très réceptif aux folies du staff en ce qui concerne certains choix mais je vais tenter de stopper cet avis purement subjectif et inintéressant pour tout lecteur alors je vais laisser place à un avis sans doute plus honnête sur le jeu.

Nous voilà donc partis pour la partie la plus ardue de cette preview, vous parler du jeu sans laisser mes à priori prendre le dessus… Je vous demanderai donc le plus grand respect pour cette tâche qui me coûte beaucoup. Alors nous voilà enrôlés au sein du Soldier avec Zacks, le légendaire « mentor » de Cloud Strife. Après une intro hommage et spectaculaire accompagnée de reprises réorchestrées nous voilà donc dans le vif du sujet. Une gare, quelques gardes, un salto déjà aperçu dans une certaine vidéo de démonstration technique de la PlayStation 3 et nous voilà dans le vif du sujet. Premier combat, premier contact et premier constat, les combats sont particulièrement déroutants. A mi-chemin entre le RPG tour par tour et le jeu d’action, le titre essaie d’apporter une nouvelle approche des systèmes de combat avec un menu déroulant permettant de sélectionner une action comme dans un Final Fantasy conventionnel ou bien un Kingdom Hearts et puis un dynamisme dans le déplacement assez original. La différence par rapport à la série financée par Disney est un léger temps de latence puisque les coups ne sont portés qu’à proximité de l’ennemi comme déjà vu dans Final Fantasy XII. Mais les déplacements sont autrement plus vifs avec des possibilités de roulades et esquives tout de même limités pas la caméra fixe (uniquement lors des combats). Le sentiment sur le gameplay est assez mitigé avec une volonté de dynamisme limité par les éléments de tour par tour qui régissent les affrontements, tout cela en ajoutant un système de matéria peu engageant et surtout une roulette à limites et invocations qui sert également à effectuer des level up ou à améliorer les matérias. Pour résumer simplement, je dirai qu’au premier abord, le système de jeu semble avoir voulu s’enrichir de beaucoup d’éléments pas vraiment complémentaires et cela donne une soft particulièrement raide dans ses premières heures.

Enfin, je vais tout de même vous parler du point clé pour certains et parfaitement superflu pour d’autres, les graphismes. Si Square Enix sait mettre tout le monde d’accord en général, c’est bien sur le visuel de ses titres. Là encore, le jeu est beau et même très très beau avec des personnages très fins même si leur style est parfois douteux… Je ne traiterai pas des cinématiques irréprochables au sujet desquelles vous n’avez pas de doute à avoir… En ce qui concerne les décors, c’est une déception car les teintes de gris prennent souvent le dessus et seuls quelques lieux clés du jeu original sont traités avec soin pour satisfaire les nostalgiques. On ne reconnaît pas toujours les environnements mais on se plaira parfois à croiser quelques personnages bien connus qui n’hésiteront pas à nous titiller.

En bref, je dirai que ce Final Fantasy VII Crisis Core, bien que présentant une base scénaristique fort séduisante, reste un travail pour nostalgiques avec près de 15 heures de durée de vie facilement prolongeable à travers de missions à l’intérêt tout relatif. Le jeu se permet des libertés par rapport à son aîné qui peuvent choquer, et complète cette compilation douteuse avec un peu plus de talent tout de même. Je parle bien sûr après une expérience de jeu assez réduite, je l’admets, mais qui offre un regard global sur le système et l’orientation artistique du titre. Alors après l’avoir impatiemment attendu, j’espère pouvoir pousser l’aventure jusqu’à la fin du jeu dès que possible pour vous en donner plus et surtout sans aucune hésitation. Reste à savoir quand le jeu franchira nos frontières pour offrir le passé (revisité) de Zacks au plus grand nombre.