Après une décennie de soumission face à son éternel rival Pro Evolution Soccer, Electronic Art a réussi depuis l’année dernière à reprendre le pas sur la simulation footbalistique de Konami. Unanime et sans équivoque, c’est le sentiment positif que nous a laissé FIFA 08, sentiment tant critique que public. À l’aube de la sempiternelle (ré)édition 09, voyons aujourd’hui ce qui nous attend avec le nouveau FIFA.
L’amorce est toujours la même avec les jeux de sport signés EA : musique tendance, interactivité dans les menus et une interface claire et stylée. On sait où on met les pieds et tant mieux, car le tout est fait avec une maestria très plaisante. Le match se lance, et encore une fois, FIFA assure dans ses domaines de prédilection. Les joueurs sont parfaitement modélisés (les grosses stars sont criantes de réalisme, par contre on remarque vite le laissez aller sur les joueurs moins connus), la foule est en délire et l’ambiance est au rendez-vous. A ce stade pas de surprise, mais penchons nous un peu sur ce qui fait (ou faisait défaut) à la série.
Le coup d’envoi est donné, les joueurs se meuvent sur le terrain, et là on bloque rapidement sur l’animation, qui est à mon goût encore trop rigide et manquante de naturelle. Après une passe ou deux et un shoot dans les tribunes, on constate que la physique de la balle a été un peu retravaillée, mais pas assez pour convaincre. Le gros bémol des FIFA, c’est cette physique, le tout est correct mais on n’arrive pas à sentir la balle. Le poids des frappes, les shoots qui s’écrasent sur les gants du gardien, rien n’y fait, on y croit pas. On a vraiment l’impression de jouer avec une balle en mousse (j’exagère). Néanmoins le jeu est fluide et les buts commencent à pleuvoir. Le syndrome de l’arcade rejaillirait-il ? Non, quand même pas. Les joueurs sont plus rapides que dans la version précédente, et donc les traversées de terrain en solo sont plus fréquentes. Mais la vitesse du jeu n’atteint pas le dynamisme abusé d’un PES 2008.
En ce qui concerne les petites choses sympa, j’ai remarqué que les animations des joueurs ont encore augmentées. Il arrive souvent que les footeux se trouent, se cassent la gueule, ratent une passe, le tout accompagné d’une petite animation qui va bien. Il vous arrivera même, si vous faites pas gaffe, de vous chier à l’engagement d’un match ou d’une mi-temps. L’intelligence artificielle a aussi connu un petit coup de polish. Les attaquants ne vous attendront pas pour vous faire des appels. Ce qui dynamisera pas mal les montés vers le goal adverse. Les une-deux sont ravageurs (comme au temps d’un certain PES premier du nom sur PS2), à tel point que l’envie d’en abuser pointera rapidement le bout de son nez. Mais attention, si cette technique est trop utilisée, vous vous retrouverez avec dix joueurs en attaque, et prendrez le risque de manger un but sur une contre-attaque. Les placements des joueurs sont en effet totalement sous votre contrôle, trop de une-deux, ou trop de pressing (carré + croix) créeront des trous béants dans votre formation et vous assisterez à un match digne d’une rencontre de benjamin Muret vs Reignier.
Voilà en gros ce qui faut retenir de cette pré-version de FIFA 09, un titre sans surprise, assurant dans ses domaines de prédilections et péchant sur ses défauts récurants. Heureusement ce comparo est fait avec le chapitre 08, et donc le résultat est plus que satisfaisant. Une simulation de qualité, avec un gros mode “Deviens Pro” sur quatre saisons, jouable à dix sur le Live, qui aura sans nul doute aucun mal à se défaire du prochain PES, basé lui aussi sur la version de l’année dernière. Je pense qu’il faudra attendre un an, voir deux, le temps que Konami nous pondent un “vrai” PES (pas comme le prochain) pour assister à un duel au sommet.
