La PSP fait déjà figure d’ancêtre dans notre monde vidéoludique, 5 ans après sa sortie. Pourtant son bilan est mitigé, cette console n’ayant jamais vraiment réussi à conquérir le cœur des gamers. Pourtant, cette fin d’année 2009 marque un vrai tournant dans l’approche de la politique éditoriale de Sony pour sa machine. Incidence direct : l’arrivée massive de gros jeux, au contenu plus léger. Une seconde vie pour la machine ?
En dépit de son look sexy et de ses performances techniques remarquables pour une portable, la PSP, cinq ans après son arrivée, a tout de la machine « facile ». On ne peut pas dire que Sony a réellement pris de risque pour sa première console nomade, la calquant presque intégralement sur une PS2, autant pour ses performances techniques que pour sa prise en main. Résultat des courses ? Très peu de jeux majeurs, un déficit identitaire important et, surtout, un support tout relatif de Sony.
Heureusement pour nous, les choses changent. Car cette année a été témoin d’un vrai tournant dans l’attitude de Sony pour sa machine, sans doute pour soutenir une PS3 qui tarde un peu à décoller dans les charts. D’abord, concernant les jeux, une véritable transition s’est effectuée, de la PS2 à la PS3. D’abord promise à recueillir des titres à l’image très connotée PS2, la PSP voit débarquer des softs PS3 faisant montre de plus d’audace et d’ambitions et plus en phase avec le catalogue de la dernière-née de la firme (Little Big Planet PSP, Motorstorm Arctic Edge). Mais ces titres se sont aussi adaptés au format nomade du hardware. En effet, les contenus de jeux très attendus, comme Gran Turismo PSP ou SoulCalibur Broken Destiny, se dévoilent plus light, plus casuals (ceci n’est pas un gros mots chez LPJV), plus à même d’offrir des séances de picorage. L’arrivée future des Minis (petites applications simplismes, peu coûteuses, à la manière de ce que l’on trouve sur l’AppStore) semble aller dans ce sens.
Il serait maintenant intéressant de savoir si ce revirement est imputable à Sony, désireux de voir évoluer sa machine, ou tout simplement aux éditeurs tiers, qui 5 ans après, comprennent enfin à quoi est destinée la machine (de par son statut de portable, mais aussi pour des contraintes toutes bêtes, dues à son ergonomie peu confortable ou sa batterie moyennement performante). Cette nouvelle ligne éditoriale a pu être guidée par des titres ambitieux qui avait déjà fait le pari d’une relative simplicité, comme Metal Gear Portable OPS, Crisis Core, God of War ou Silent Hill Origins, tant dans leur conception pour certains, que dans leur durée de vie pour d’autres. Ces titres avaient su ouvrir la voie, même si leurs succès dans les charts ne fut pas vraiment tonitruant.
Il ne reste plus qu’un défi à la PSP, c’est de trouver une vraie identité, comme a pu le faire la DS. Le travail a déjà commencé, au Japon d’abord avec des titres orientés multi comme Monster Hunter ou Phantasy Star Portable, mais aussi ailleurs avec des softs frais tels Loco Roco ou Patapon. Le line-up de fin d’année (et de début 2010) va en tout cas dans le bon sens, et on peut dire qu’avec des Metal Gear Solid Peace Walker, Assassin’s Creed Bloodlines, Little Big Planet PSP, Motorstorm Arctic Edge, le mystérieux Resident Evil, Gran Tursimo PSP, SoulCalibur Broken Destiny, Jak and Daxter The Lost Frontier ou encore Dissidia Final Fantasy, on peut espérer de quoi venir taquiner un peu plus sérieusement la DS de Nintendo.
Au final, en cette fin d’année 2009, la PSP classique (je ne parle pas bien sûr de la PSPgo !, dont vous connaissez mon ressenti), avec son prix plus abordable, se révèle enfin comme une alternative crédible pour les gamers et pourrait se sortir de son image de console MP3, nid du piratage ou bête PS2 portable. La PSP en 2009 ? Un nouveau départ peut-être, une nouvelle jeunesse assurément !
