C’est lors d’une excursion au caca room que m’est venue l’idée de ce sujet (oui, il y a plus glamour comme intro). Alors que par pure curiosité maladive, je feuilletais les magazines féminins de ma copine, je suis tombé, dans le magazine Closer, sur un article de deux pages intitulé « Avec Wii Fit, je fais du bien à mon couple ».
Après une rapide enquête dans lesdits magazines féminins et autres programmes télés, j’en suis venu à cette conclusion : le jeu vidéo s’émancipe et les magazines spécialisés n’ont plus l’apanage de la discussion autour des jeux et des consoles.
Alors que tout le monde sait que la presse papier est en crise, le secteur du jeu vidéo, lui, continue sa grande envolée. Le résultat de l’essor de ce nouveau média dans la culture populaire conduit à l’apparition du jeu vidéo dans presque tous les magazines un tant soit peu généralistes. Que ce soit une petite rubrique, des mini-tests ou carrément de vrais articles comme pour un blockbuster comme GTA4, le sujet n’est plus abordé avec honte et bizarrerie.
Nous ne pouvons que nous réjouir de cette nouvelle percée du secteur dans la culture de masse. Mais toutes ces nouvelles références sont-elles de qualités ? Que faut-il en penser au vu du boom du secteur ? Et finalement quelle est encore la place des magazines spécialisés dans ce marasme de références ?
Cette émancipation des jeux vidéo est aussi due à l’apport des jeux casual sous toutes ses formes. On peut remercier Nintendo pour cela, mais aussi tout les jeux ludo-éducatif sortis sur diverses consoles et surtout sur PC. Il ne faut pas croire que ce travail d’incorporation du jeu vidéo dans les lignes éditoriales des magazines s’est fait récemment. Il ne faut pas oublier qu’à chaque fois, il a fallu attendre des jeux phénomènes pour qu’ils attisent la curiosité de tout le monde. Je citerai, par exemple, Tomb Raider, les Sim’s, les Tamagochi et Nintendog’s, qui ont ouvert des fenêtres vers le public.
Le souci était que jusque là, ils ne se contentaient que d’aborder les quelques jeux et autres bizarreries, gadgets et étrangetés.
Sur ce terrain Nintendo créé des buzz monstres grâce à l’apport de jeux et d’accessoires destinés à plusieurs franges de la population. Il n’est ainsi pas étonnant de voir des pubs de WiiFit fleurir dans des pages de magazines que l’on aurait jamais soupçonné qu’ils puissent un jour parler de jeu vidéo.
Mais cela m’emmène à une autre question : le traitement du thème des jeux vidéo dans ces magazines est il critique ou bien se résume-t’il simplement à un catalogue pour le joueur dit “casual” ?
En fait tout dépendra de la ligne éditoriale du magazine et surtout du public à qui il s’adresse. Wii Fit, par exemple, a pu ainsi parfaitement convenir au magazine féminin COSMOPOLITAIN qui dans son numéro de juin 2008 propose un test de Wii Fit par Ariel Wizman. Donc ici pas question de testeur de jeu vidéo. La jouabilité et les graphismes sont oblitérés ici on parle plutôt sport et calorie, coach virtuel. Même si l’aspect « traitement du gadget » est présent, nous avons droit aux avis d’un public un peu plus concerné que nous, joueur commun. La remise en forme, physique ou cérébrale, les softs d’apprentissage sont autant de jeux qui touchent d’autres publics.
Sur les sujets économiques et fianciers nous pouvons féliciter les magazines économiques qui ont été les premiers à mettre le jeu vidéo à la place qui lui revient par rapport à son poids économique dans l’industrie des médias populaires.
Les magazines généralistes allouent souvent une place pour le jeu vidéo à côté de la rubrique DVD. On peut dénoncer un certain aspect catalogue où en cinq lignes un jeu est expédié sans aucune véritable critique. L’orientation est souvent très très grand public et l’on voit des bouses comme le jeu DS « 1 contre 100 » se glisser très facilement dans les choix. La véritable avancée dans les magazines papier/télé par exemple c’est de ne plus voir la rubrique jeu vidéo reléguée dans une petite colonne en fin de magazine entre une BD et l’horoscope.
Reste à savoir le poids de ce nouveau traitement face aux magazines spé. Sincèrement, sur le plan purement gamer, ces magazines papier ont plus à craindre d’Internet que de ces cases disparates dans des lignes éditoriales. Il est toutefois clair que de part son manque de statut journalistique des journaux économiques parleront mieux de l’économie du marché. Sur le terrain du casual la plupart des testeurs des magazines de jeux vidéo n’ont pas le même engouement que des magazines éducatifs, sportifs ou du troisième age.
Nintendo qui prône justement cette ouverture vers un public plus large accentue un peu plus ses publicités vers ses acheteurs cibles.
Tout comme le cinéma, le jeu vidéo, commence réellement à être accepté comme produit culturel de masse. Même si le traitement n’est pas forcément de qualité on peut se réjouir de cette ouverture vers un public plus large. Quel plaisir de voir des personnes étrangères à ce média vous posez des questions par rapport à ce sujet tellement critiqué et infantilisé.
