Reboot : pour le bien de tous, on recommence !

Un reboot c’est quoi ? C’est, en gros, le terme qu’on utilise en informatique pour désigner un redémarrage. Dans le jeu vidéo, un reboot s’apparente au changement de visage d’une série. Une métamorphose radicale qui s’applique à travers le nouveau chapitre d’une saga. En faisant une distinction entre les différentes sortes de reboot, nous pouvons en isoler deux : le hard reboot et le reboot simple.

Les reboot simples sont souvent dûs à un changement dans le système de jeu. Mario 64 et Sonic Adventure en sont de belles illustrations. Ces deux jeux ont complètement chamboulés le développement des icônes de Nintendo et Sega. Originaire d’un gamaplay 2D, ces titres ont opéré un reboot par la traduction de l’évolution des consoles et donc par un passage à la 3D. Splinter Cell Conviction et Resident Evil 4 ont, eux, plus récemment, relancé leur franchise grâce à une orientation plus action. L’ensemble de ces exemples font évoluer leur saga respective en conservant toute fois les mêmes héros, mythologies et univers. Une continuité avec les anciens épisodes s’avère donc réalisable, chose qui est impossible avec un hard reboot. Celui-ci va, en effet, complètement modifier le background global de la série d’origine. C’est ce qu’Ubisoft a réalisé en 2008 avec Prince of Persia. Cet épisode se démarque complètement des chapitres précèdent en s’engageant dans une nouvelle direction. Ainsi, un monde ouvert sera proposé au joueur, alors que les anciens volets étaient extrêmement linéaires ; un nouveau héros fera son apparition, délaissant le Prince de la trilogie des Sables du temps ; de nouveaux mythes viendront soutenir un background fraichement inventé et enfin, un nouveau traitement visuel (en cell shading) viendra appuyer cette refonte globale. Silent Hill : Shatered Memories est de cette catégorie. La version de Climax dira au revoir à la rouille, au sang et au brouillard pour accueillir la glace et le froid. Les hard reboot ignorent les autres épisodes déjà sortis et reconstruisent une nouvelle mythologie tout en gardant néanmoins une légère filiation. Silent Hill : Shatered Memories reste un jeu d’horreur et Prince of Persia joue toujours sur le terrain de la plate-forme.

Un reboot a pour finalité d’offrir une seconde vie à une franchise et n’apparaît qu’après une utilisation intensive de cette dernière. En effet, quoi de mieux pour donner un petit coup de fouet à une saga qui s’enlise qu’un bon ravalement de façade ? Toutes les grandes séries connaissent, à un moment ou à un autre, une stagnation. Le public se lasse et commence à connaître les rouages qui ont pourtant échafaudé le succès de toutes ces grandes sagas. Un reboot peut aussi permettre à un game designer de donner sa propre vision d’une série, de se la réapproprier. Mais les grands noms étant rares (en comparaison des autres média), cette façon de faire n’est pas répandue. Pourtant, c’est quelque chose qui existe et qui s’avère très efficace au cinéma. L’un des reboot les plus marquant fut le Batman Begins de Christopher Nolan. Le phénomène s’étend même aux séries TV avec des titres comme Hawai Five 0, V, Nikita. etc.

Mais une question identitaire peut néanmoins poser problème. En effet, une refonte radicale va forcement décevoir les fans de la première heure. Le nouveau volet d’une série n’ayant rien à voir avec ses fondements, est-t-il réellement digne d’en porter le nom ? Une saga comme Final Fantasy, qui opère un hard reboot à chaque épisode, dépite fatalement une frange de grands conservateurs se posant ce genre de question. Ce qui est un peu dommage, car le principe même du reboot, vise à bousculer l’ordre établit par la saga. Il devient donc inévitable de s’éloigner un tant soit peu du matériau de base, qui méritait, semble t-il, un bon coup de polish, si un reboot s’impose, .

Mais pourquoi vous parler de reboot aujourd’hui ? Et bien tout simplement car c’est une pratique très en vogue en ce moment. Castlevania : Lords of Shadow (le test bientôt, promis), le nouveau Metal Gear Solid : Rising et l’annonce au dernier TGS de DmC finissent de confirmer cette tendance. Si un reboot n’est pas synonyme de réussite, il est à coup sûr synonyme de vent de fraicheur pour une série qui commençait à sentir le rance. Enfin, dans le cadre d’un reboot, il est amusant de noter que les noms se doivent de rester sobre, quasi éponyme. Une façon maligne pour les créatifs d’indiquer aux joueurs un nouveau départ : un simple Prince of Persia pour le chapitre de 2008 ou DmC pour le Devil May Cry de Ninja Theory. Et quand Ubi a décidé de revenir avec un nouveau PoP (celui de 2010, pour la sortie du film) qui ne suit pas le reboot (celui de 2008, c’est bon vous suivez ?), on retrouve le sous-titre (the Forgotten Sands) qui rappelle d’ailleurs la trilogie Sands of Time par le nom, pour rappeler qu’il va en suivre l’héritage.

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