Un nouveau mag de jeux vidéo qui débarque sans crier gare ne peut qu’exciter notre appétit vorace de lecteur désespéré. Premier contact, l’objet est imposant. Certes le prix s’en ressent (8€90) mais le contenu est dense et vous n’en verrez pas le bout rapidement. Amusement fait le pari d’élever le débat un peu plus haut, et il y parvient le bougre…
Un nouveau mag dans le paysage de la presse ne peut que nous réjouir. Mais loin des codes habituels, Amusement surprend, si bien que beaucoup le nomme déjà « le magazine pour les trentenaires ». Evacuons tout de suite le débat. J’ai 23 ans, je suis lecteur de mag de jeux vidéo traditionnel et pourtant j’ai énormément adhéré à ce nouveau mag. Je ne vais pas reprendre le communiqué officiel, ni citer la (longue) liste de contributeurs à ce canard (je vous met des liens à la fin de l’article pour ça). Certains viennent d’horizons divers (psychologues, artistes, écrivains), mais on retrouve des signatures du milieu JV (site et presse spé). Je vais juste rappeler que Julien Chièze (Gameblog.fr), Eric Simonovici, François Bliss de la Boissière (tous deux chez Overgame.com) et Dereck de Chamboultout participent (je cite les plumes les plus « connues » du web). Déjà de par son aspect, amusement se veut différent. La maquette est chiadée, plutôt sobre, mais très classe. A ce qu’on m’a sussuré, les différents choix artistiques ainsi que les typo utilisées se veulent à la mode (Med vous en parlerait mieux que moi). En bref, niveau aspect extérieur, rien à jeter.
Mais intéressons nous au principal, la ligne éditoriale. Amusement veut désenclaver le JV de son carcan (et du traitement classique fait dans la presse spécialisée) et ouvre toutes les fenêtres. On parle de sujets proches, de cultures autres, on s’ouvre l’esprit, et ça fait du bien. Citons en vrac, pour vous donnez envie, un gros dossier sur le « nouveau joueur », mais pas au sens casuel, non. Il s’agit plutôt d’une analyse s’étalant sur plusieurs articles distincts et dressant un profil du joueur d’aujourd’hui. Ses aspirations, son impact sur l’industrie, son envie de s’impliquer. On est loin du portrait habituel, mais celui-ci se veut plus réaliste, moins caricatural. On pourra aussi trouver une interview de Sebastien Tellier – musicien passionné de jeux vidéo -, des nombreuses interviews (dont une qui nous rappelle aux bons souvenirs de Bruno Bonnel, ancien PDG charismatique d’Infogrammes, une autre passionnante de Will Wright, créateur de Sim City, des Sims et ouvrant actuellement sur Spore), une analyse de GTA comme vecteur de la pop culture… Vous l’aurez compris, on est loin des sujets bateaux et éculés de la presse classique. Pourtant, il est certain qu’Amusement ne plaira pas à tous. Il est vrai que certains articles m’ont moins intéressé (traitant plus de technologie digitale que de jeux vidéo), certains parti-pris (les séances photos) m’ont laissé insensible et celui qui s’attend à trouver des dossiers complets sur son jeu phare devra passer son chemin. Néanmoins, s’il y a bien une chose à faire, c’est d’essayer ce mag (la formule d’abonnement et super intéressante). Amusement s’adresse aux joueurs passionnés, et capable de s’ouvrir et de s’intéresser à un versant plus culturel et sociologique de notre industrie. Très enrichissant. Moi je signe en tout cas….
Site officiel de Amusement (qui devrait s’étoffer par la suite)
Revue de presse chez Electronlibre
