Nouveau trimestriel consacré aux jeux vidéo et ses à côtés, le magazine Amusement détonne de la presse installée. Je ne vais pas vous refaire une revue de presse de l’objet, notre cher CouCou s’en est déjà occupé. Avec cet article, on va plus chercher à comprendre quelles orientations a pris le magazine et quel visage il cherche à donner à nos étals spécialisés.
“Amusement”, déjà le nom surprend. Le magazine essaye en quelque sorte de dédramatiser, de dé-stigmatiser le secteur et la presse du jeu vidéo qui cherche pour beaucoup à être trop pompeux. Le terme est léger et rappelle tout suite que le jeu vidéo n’est pas encore un art, et qu’il n’est pour l’instant qu’un jeu. Mais il suffit de baisser les yeux pour voir la photo qui fait la une du mag. Un jeune homme avec des grosses lunettes de Paris Hilton. L’image est travaillée, la photo est belle, et je trouve personnellement le tout magnifique. Mais nous sommes dans un magazine de jeu vidéo. Quelle est donc cette couv ? Elle est totalement opposition avec l’intitulé du magazine. Amusement dès sa couverture il prend le lecteur à revers et nous allons voir par la suite que ce jeu d’antagonisme est récurant.
Amusement est bien un mag de jeu vidéo, mais pas comme on l’imagine, il traite de tout ce qui touche au média de près ou de loin. Vous ne verrez pas de gros dossiers sur une série, pas d’historiques d’un genre et encore moins de tests des jeux actuels. Le mag une fois ouvert fait place à la sobriété, au blanc, à l’épuration. A l’image de sa couv, de sa photo et de son génial travail de typo de titre, l’intérieur du mag donne au lecteur un ressenti de netteté. Le directeur artistique a du donner comme directive de tout faire, sauf du mag de jeux vidéo. En effet, et il faut être honnête, la presse spé est esthétiquement ringarde et hautement arriérée face aux autres titres dans les bacs. C’est simple, pour Amusement, si on ne regarde pas les iconographies, évidement connotées JV, on se croirait dans un canard de mode ou de photo. Tout est sublime dans la maquette, le travail sur les typos est remarquable, la mise en avant des photos est superbe et le tout sur un, non trois sortes de papiers différents. Amusement à décidé de faire sortir la presse spécialisée de son carcan rupestre, pour la faire toucher l’élite. Si je dis que la mise en page des mag spé est vieillotte, c’est parce que les maquettistes font volontairement un travail en marge de la presse actuelle pour plaire aux grands enfants que nous sommes. Depuis notre plus jeune âge, nous lisons des mags de JV, ces mêmes mags qui à l’époque étaient fait non pas par des graphistes, mais par des fans de jeux. Cette image est resté collée à notre presse spé, et Amusement et en train de faire bouger les choses.
Comme pour le visuel, Amusement choisi de bouger les standards de la rédaction. Les mags ont toujours été écrit par des spécialistes du jeu vidéo, mais rarement par des journalistes de métier. Amusement va chercher des intervenants de la presse spé, mais aussi de la presse gé. Ce choix donne un nouveau souffle aux textes. Les articles ne sont pas écrits par des gros fans boys (comme moi), mais par des journalistes qui on certain recul face au média.
Mais le tableau n’est pas tout rose, en tout cas pour moi. Concernant la mise en page, je trouve que le rubriquage est trop flou. On ne sait pas trop comment évoluer dans ce gros mag de près de 200 pages. Ensuite je trouve la ligne éditoriale trop éloignée du jeux vidéo en lui même, j’aurais préféré un peu plus de jeu. Si Amusement est à l’image du futur de la presse spé, est-ce que l’avenir nous réserve des mags de JV sans jeu ? Enfin je pense qu’une immense erreur de positionnement à était faite. La couv, aussi jolie soit-elle est beaucoup trop vague et ne rappelle pas du tout le jeu vidéo, qui est quand même le thème central. J’ai eu beaucoup de mal à le trouver en kiosque, et ce n’est pas à cause d’un faible tirage. Edité à 30 000 exemplaires pour la France, plus 8000 pour l’étranger, ce n’est pas le stock qui manque. Mais les buralistes ont eux du mal à positionner ce produit. Où le mettre, dans la partie mode, photo, presse masculine ? J’ai vraiment peur que le syndrome Gaming ne touche Amusement (le numéro 1 de Gaming avait une WRC comme une, et avait été placé par les buralistes dans la presse auto. Résultat, un gros four, et des pertes dès le numéro 1, qui est normalement le numéro le plus vendu dans la première année). Perso je trouve le concept génial, mais trop extrême, plus de modération aurait apporté un équilibre parfait pour un lecteur averti et pour le grand public.
