Revue de presse – Les grands noms du jeu vidéo #1

Peu d’entre-nous connaissent réellement Toshiyuki Takahashi. Certains ont peut-être joué à Adventure Island et savent que le héros est inspiré d’une personne réelle. Véritable légende vivante au pays du Soleil Levant, Takahashi Meijin est bien plus que le porte étendard de l’éditeur Hudson. Et comme bien souvent pour éclairer nos lanternes, Pix’n Love est là. Présentant le premier numéro de leur nouvelle collection : Les grands noms du jeu vidéo, la maison d’édition spécialisée dans les mooks retro propose, comme à son habitude, un vrai condensé de culture vidéoludique.

On connaît Pix’n Love pour ses ouvrages auto-édités comme les Pix’n Love, L’Histoire de Nintendo ou Les cahiers du jeu vidéo. Mais depuis l’année dernière, ils éditent ou rééditent des livres dont ils ne sont pas les auteurs : La Saga des Jeux Vidéo ou Japan Arcade Mania. Le titre qui nous intéressent aujourd’hui (disponible depuis le début du mois au prix de 16 euros) fait parti de cette dernière catégorie. En effet, ce premier numéro est traduit d’un ouvrage japonais sorti en 2009 et édité par Enterbrain (maison d’édition très importante, publiant, entre autres, Famitsu). Mais que ceux qui sont habitués à la plume des rédacteurs de Pix’n Love ne quittent pas la page. Traduit par Florent Gorges, l’un des trois ponte de la maison d’édition, l’ouvrage brille d’une qualité rédactionnelle vraiment remarquable. Simple sans être niais, soutenu sans être pompeux, le style d’écriture et la personnalité de Takahashi Meijin s’avèrent fidèlement retranscrits. Car, comme son sous-titre le laisse entendre – Autobiographie d’une idole du jeu vidéo au Japon – le récit est raconté à la première personne, par Takahashi lui-même. Drôle, instructive, mais surtout, horriblement prenante, la lecture du livre retrace l’ensemble de la carrière du Meijin, de ses débuts chez Hudson jusqu’à aujourd’hui. Le tout évidemment accompagné d’une tonne d’anecdotes imagées par des photos jamais vues en France.

Audacieux ! C’est le mot qui pourrait le mieux résumer cet ouvrage. Pix’n Love est reconnu pour la qualité de leurs collections, mais aussi pour la passion qui les anime et la façon dont ils la communiquent à travers leur travail. Et ce premier numéro en est encore la preuve. Il aurait été plus évident de s’attaquer à une biographie de Miyamoto ou Kojima, mais c’est bien l’envie de faire découvrir autre chose qui anime cet ouvrage. J’ai ressenti ce livre comme un hommage et une marque de respect. Depuis plusieurs années, Florent Gorges soutient l’ancienne idole des bancs d’écoles japonais, il a déjà consacré un dossier sur le personnage dans le magazine Game Fan et on peut retrouver dans le Pix’n Love numéro 12 une interview récente de Takahashi. Une attention toute particulière qui ne date pas d’hier et qui fait formidablement écho dans le livre que l’on tient en main aujourd’hui.

Avant la lecture du livre, je n’étais pas particulièrement fan de Takahashi Meijin, je ne connaissais que sa représentation dans Adventure Island. A présent, j’ai fais la connaissance d’une idole, d’une personne dont la bonhomie rayonne et d’un personnage à la bonne humeur communicative (même sur papier). Mais j’ai aussi réalisé un voyage dans le Japon des années 80-90, de la belle époque Famicon et de l’âge d’or de la game culture. Cet ouvrage est une prise de risque qui se transforme en consécration quand le lecteur découvre un pan de l’Histoire du jeu vidéo qui, avant la lecture, lui était inconnue. Verdict : une grande réussite !

La suite de la collection est déjà connue : le numéro 2 sera consacré à Michel Ancel et rédigé par Daniel Ichbiah, déjà auteur de La Saga des Jeux Vidéo et spécialiste de l’exercice de la biographie pour avoir réalisé celle de Steve Jobs et du groupe Téléphone. Le numéro 3 reviendra sur Gunpei Yokoi.

Pour se procurer les ouvrages de la maison d’édition c’est par ici.

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