Revue de presse – Les grands noms du jeu vidéo : Gunpei Yokoi

Nous vous avions déjà parlé de la nouvelle collection d’ouvrages des éditions Pix’n Love consacrée aux grands noms du jeu vidéo. Après Takahashi Meijin, et en attendant Michel Ancel, arrêtons-nous sur le second volume (même s’il est en réalité le troisième de la série), dédié au « dieu des jouets de Nintendo », à savoir Gunpei Yokoi.

Comme c’était déjà le cas avec Takahashi Meijin, cette biographie de Yokoi est traduite du japonais. L’auteur, Takefumi Makino, a pu largement s’entretenir avec le génie de chez Nintendo et nous livre donc cet ouvrage passionnant. Dans la dernière partie, Florent Gorges de Pix’n Love a apporté sa participation, afin de compléter le bouquin, initialement sortie au Japon avant la disparition du maitre.

Tout débute normalement : Yokoi nous raconte son enfance et son arrivée chez Nintendo. L’occasion d’apprendre que ce touche-à-tout est un passionné de plongée sous-marine. Désireux de rester à Kyoto après la fin de ses études, Yokoi atterrit finalement chez Nintendo, presque par hasard. Au fil des chapitres, l’auteur revient sur les principales inventions conçues par Yokoi (Ultra Hand, Love Tester, Game and Watch, Game Boy), avec à chaque fois les commentaires pertinents de l’inventeur. Les anecdotes pleuvent et on peut ainsi suivre le fil de pensée de ce créatif hors du commun. Le chapitre consacré au Virtual Boy, pourtant vu comme un échec par la majorité des joueurs et des gens de l’industrie, permet de saisir les motivations de Yokoi et de mieux comprendre le projet.

On comprend vite que l’industrie du jeu vidéo n’aurait pas été la même sans l’apport des inventions et innovations de Gunpei Yokoi. Sa philosophie si particulière (« la pensée latérale des technologies désuètes ») démontre un esprit vif, prompt à détourner des concepts de façon ingénieuse, sans pour autant miser sur une technologie de pointe. On ressent d’ailleurs toute la tristesse de l’homme lorsqu’il évoque les périodes de la N64 et de la Game Cube, où Nintendo s’est laissé piéger par la surenchère vers la puissance brute de ses machines. La raison de la démission de Yokoi de chez Nintendo trouve ici sa source. Pourtant, ce livre résonne étrangement avec l’actualité, même 13 ans après la mort de Yokoi, tant Satoru Iwata semble être revenu aux sources de l’identité de la firme de Kyoto au travers de la DS et de la Wii. La dernière partie de l’ouvrage se permet même quelques petites réflexions qui, bien qu’un peu décousues, permettent l’apport d’un point de vue critique en complément de cette biographie.

En conclusion, si la majorité des ouvrages de chez Pix’n Love s’avère extrêmement recommandable, celui-ci reste, à mon goût, le plus passionnant que j’ai pu lire. La vie de Yokoi résonne dans l’industrie du jeu vidéo, de sa seconde naissance au Japon, jusqu’à aujourd’hui. Incontournable.

D’ailleurs, si vous souhaitez vous procurer l’ouvrage, c’est par là.

A lire également :