Après près de deux ans d’attente, le numéro 4 de Retro Game a enfin débarqué pour combler les attentes des passionnés de vieux jeux console, arcade ou mirco. Depuis ce temps, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Le groupe de presse derrière Retro Game et Game Fan a mis la clé sous la porte, et une partie de l’ancienne équipe est partie monter sa propre maison d’édition, Pix’n Love. Mais revenons un peu à ce RG 4 et à son contenu.
On va d’abord commencer par la ligne éditoriale, chose prépondérante lorsqu’on aborde une telle revue. La segmentation que nous connaissions bien dans les premiers RG (et depuis reprise aussi dans Pix) fait son grand retour. On trouve donc 4 rubriques : retrogaming (avec des tests de jeux surfant sur cette vague, tels Castlevania Dracula X Chronicles, ou encore Contra 4), arcade, console et micro. Ajoutons à cela une dernière rubrique intitulée Anthologie, qui se propose de remplacer les Game Museum que l’on trouvait auparavant (un gros dossier sur une console et son histoire, article souvent mené par Florent Gorges, maintenant chez Pix) et on passe alors au décryptage d’une série en particulier. Pour ce numéro de renaissance, c’est la saga des Thunder Force qui ouvre le bal (les plus attentifs se rappelleront que ce dossier est promis depuis pas mal de temps dans les anciens RG). Au niveau des articles intéressants, ce dossier Thunder Force fait vraiment plaisir (c’est rare de nos jours de lire de bons gros dossiers passionnés), mais on n’évite pas l’écueil des superlatifs à n’en plus finir (ce n’est pas un reproche, je comprends tout à fait la difficulté de la démarche). Pourtant j’ai appris pas mal de trucs sur cette saga, que je ne connaissais que de réputation. Sinon, autre article très informatif, qui concerne la série des Golvellius, et rédigé par Gilgamesh (qui signe d’ailleurs une grosse part des textes du mag, et on peut penser que le retour de RG sur le devant de la scène ne doit pas être étranger à l’arrivée de ce passionné). Et comment ne pas citer l’archi-article rédigé par les archi-mains de maitre de notre archi-pote Med ? D’ailleurs les plus fidèles seront surpris à la lecture de cette analyse du phénomène de la 2.5D, qui devrait leur rappeler quelque chose. On finira avec un article très intéressant sur le versant arcade de Sega. La suite devrait être dispo dans RG 5. Sinon un regret. L’absence de la seconde partie du dossier Megaman (on retrouvait la première partie dans RG 3) que j’aurais adoré lire, et qui aurait fait mouche, à n’en pas douter, à cette période où l’ami Blue Bomber refait lui aussi surface. Tant pis.
Après ce petit descriptif, passons à l’analyse. Globalement, ce RG 4 est très plaisant à lire. Les articles sont écrits avec passion (d’ailleurs excellente idée l’article qui revient sur le CES de 1993, et écrit par notre pote Jibé Ze Player), mais, comme c’est le lot pour tout mag retro, votre attirance pour ledit mag sera uniquement dépendante des jeux traités en son sein. Après concernant le fond, j’aurais deux ou trois petites réserves, que j’ai d’ailleurs retouvé sur d’autres forums. En effet, il m’a semblé qu’en lisant les articles de ce RG 4, les auteurs séparent les fans de retro et les joueurs d’aujourd’hui. Comme si le lecteur type de RG 4 avait arrêté sa carrière de joueur et qu’il ne vivait plus que dans l’adoration des hits d’antant. D’ailleurs, plutôt que de séparation, on ressent même que l’équipe met en opposition ces vieux joueurs et ceux d’aujourd’hui, sous-entendu qu’on ne peut être satisfait des jeux actuels et qu’évidemment on ne doit regarder que vers le passé. Ce sentiment, presque péjoratif, est juste un ressenti, et je ne m’avance absolument pas sur les souhaits réels des rédacteurs, et je pense qu’il s’agit plus de maladresse qu’autre chose. Second reproche, certains articles sont écrits de façon un peu pompeuse et avec un vocabulaire assez obscur. Je veux bien que nous sommes des gens intelligents et cultivés, mais même, je pense que chacun sait pertinemment quel type de vocabulaire peut-être accessible au plus grand nombre. Je me faisais une joie de lire le dossier sur Actraiser et ce style d’écriture m’a un peu refroidi je dois dire. D’ailleurs, dans certains articles, on retrouve même des annotations de H. Falcon qui « traduit » pour nous certains mots obscurs.
Au niveau plus matériel, ce RG 4 retrouve son dos carré / collé qui avait fait défaut à son prédécesseur. La papier est de bonne qualité, mais pas si différent de ce qui se faisait avant. Alors comment expliquer que ce numéro soit taxé de « magazine de collection » et que son prix passe soudainement à 8€ ? Alors des réponses peuvent être apportées. Le magazine de collection peut s’appliquer à tout mag retro, étant donné leur contenu intemporel, et que le mag peut, du fait, être relu avec plaisir n’importe quand. Le prix est lui imputable au nouveau mode de distribution, uniquement en VPC, et au nombre d’exemplaire réduit. Un mode de fonctionnement déjà adopté par Pix’n Love. Il n’empêche que se procurer ce RG 4 demandera de la passion, mais aussi de la thune, le système de frais de port étant assez couteux : 5€ de base (en colissimo), mais pouvant être abaissé à 3€ (mais avec moins de garantie). Mais c’est hélas l’unique moyen de survivre dans ce milieu très difficile qu’est la presse spécialisée. Parlons maintenant de la maquette. Concernant la couv d’abord, je la trouve assez sombre et un peu cheap. La maquette est d’ailleurs faite dans ce sens. Elle sent elle aussi le retro et rappelle les mags de l’époque, que nous lisions étant jeunes. Chaque centimètre carré est occupé par un artwork ou une photo. Alors, on aime ou on aime pas, mais la démarche old-school est, je pense, parfaitement volontaire. En bref, ce RG 4 est une bonne lecture, malgré son prix élevé. Si les jeux traités vous passionnent, alors ce serait dommage de passer à côté. Saluons donc le retour de H. Falcon et de son équipe, souhaitons leur bon courage et rendez-vous en décembre pour la sortie du cinquième numéro.
