Le marché décadent que représente la presse jeu vidéo actuelle est peu propice à l’arrivée de nouveaux venus. La plupart des courageux sont soutenus par les éditeurs-constructeurs et sont donc des mags officiels. La presse JV généraliste est depuis pas mal de temps tenue par les seuls magazines Joypad, C+ ou Jeu Vidéo Mag. Mais depuis janvier dernier un jeune mensuel tente l’aventure face à cette conjoncture et contre le Goliath que représente Future.
Ce magazine téméraire est une édition W.H.B. et se nomme Virus. Le numéro de janvier avait été critiqué et avait reçu un accueil assez mitigé, le public lui reprochait des tests trop courts, une structure trop floue et un ton bien trop léger et pas assez approfondi. La maison d’édition W.H.B a été à l’écoute et le mag s’est vu faire un bon lifting des le second numéro. Le plus gros chamboulement se voit dans l’ours, le rédacteur en chef Vincent Gallopain n’est plus, et se voit remplacé par une rédactrice en chef : Caroline Speller. Cette dernière doit, je pense, avoir une certaine pression vu le niveau de tolérance apparemment exigé. Néanmoins du travail a été fourni et la formule se voit quelque peu revue. Commençons par le commencement, la couverture, et bien pour le coup elle est toujours la plus moche des étalages actuels. Après celle ignoble de DMC4 (et il y avait pourtant matière à faire une pure couv avec ce jeu), ce Virus de février se voit orné d’une illustration de Endwar (wahou trop glamour). Hormis cette faute de goût, la typographie du titre a changé et les accroches sont mieux placées, en fait si on ne regarde pas l’image, tout laisse présager d’un mag plus pro et mieux organisé. Tournons les pages, les 30 premières sont consacrées à de la news, rien de folichon, par contre elles sont ponctuées de strips (petites BD humoristiques) et d’une chronique de Davy (un rédacteur) pour le moins nulle. Personnellement je n’aime pas du tout cet humour « nichons, bite, cul » (enfin si mais pas du tout dans ce contexte).
Le magazine se poursuit avec le gros dossier du mag consacré au jeu illustré en couv : Tom Clancy’s ENDWAR. Classique dans sa structure : présentation, interview, focus sur les unités, ce dossier est intéressant et précis. En tout cas il saura vous passionner, si toutefois vous appréciez le genre. On enchaîne avec 4 previews présentées sur deux double pages chacune (une illustration géante qui bouffe de la place pour rien et une double page de présentation) qui vous renseigneront sur les jeux pas encore sortis, jusque là rien à signaler. La revue de presse se poursuit avec deux focus sur Age of Conan et Lost Odyssey qui représentent deux grosses previews, plutôt pas mal ces dernières donnent bien envie de se plonger dans les jeux présentés. Enfin avant d’arriver à la grosse partie test du mag, un dossier à l’air de s’être perdu. En effet on retrouve un dossier de 6 pages (de 4 en fait, y’a une double page d’image) sur un comparo entre le RPG occidental et le RPG japonais. Court mais vraiment sympa, ce dossier mérite d’être prolongé par le rédacteur qui explique plutôt bien les tenant et les aboutissant du sujet. Dommage qu’il soit si court, et qu’il ne représente à ce jour qu’une introduction au sujet. Le dernier tiers du mag est consacré aux tests, une dizaine vous attendent ce mois-ci, reprenant les plus grosses sorties du moment comme DMC4, Burnout Paradise ou Zack et Wiki. C’est cette partie qui avait vraiment déçu dans le premier numéro de Virus. Les tests étaient courts et beaucoup trop évasifs, et bien les critiques ont été entendues car dans ce second numéro, les tests sont plus longs, mais surtout donnent une critique plus exhaustive des softs traités.
Avant de lâcher un bon verdict des familles, je voudrais qu’on s’attarde sur la cible du mag, car de là découlera une conclusion plus ou moins bonne pour le mag. Vous l’aurez compris, Virus n’est pas un Joypad ou un Role Playing Game, c’est un pur mag grand public façon JVM ou C+. Les rédacteurs sont vraiment bons, les articles sont intéressants, clairs et compréhensibles de tous. A l’image de la ligne éditoriale du mag, Virus s’inscrit dans une démarche fédératrice et veut comme un bon élève de l’école Nintendo, rassembler gamins, jeunes et vieux. Seul bémol, leur humour un peu ras des pâquerettes peu faire mauvais effet sur un enfant ou sur une personne plus âgée (qui se verra bien sûr outrée). Pour cette cible de très jeune et de plus vieux, C+ ou JVM seraient plus appropriés, mais à l’occasion Console Syndrome ira faire un tour du coté des cadors grand public pour faire le point. Mais revenons à Virus, personnellement c’est le dernier numéro que j’achète, mais si vous avez un petit frère de 14 ans qui veut un scooter, qui danse la tecktonik et qui passe son temps à vous réclamer de la tune, et bien donnez-lui 1.90 (le prix du mag, qui n’a pas l’air d’être un prix de lancement mais bon…) pour qu’il vous lâche, qu’il aille s’instruire et surtout qu’il arrête de gesticuler bizarrement sur de la musique de mer… (si vous avez un peu d’argent, faite lui une rallonge pour qu’il aille chez le coiffeur, il vous remerciera dans quelques années.)
