Tendance action 3D : le retour du beat them all

double-dragon-xbla.jpgLe genre du beat them all, autrefois majeur sur nos 16 bits, a connu une petite traversée du desert avec l’avènement de la 3D. C’est avec le premier Devil May Cry que le genre s’est relevé et a su évoluer, pour devenir ce que l’on nomme désormais le jeu d’action 3D. Autrefois dominé par deux séries phares (DMC donc et Ninja Gaiden), le genre a vu débarquer de nouvelles licences intéressantes.

Il est loin le temps où le genre du beat them all consistait uniquement à mitrailler les boutons de sa manette tout en taillant la discussion avec son partenaire de jeu. Car ce genre, si prisé sur consoles 8 et 16 bits, a connu des ambassadeurs aussi glorieux que Double Dragon, Final Fight ou encore Streets of Rage. En bon vieux con, je dois dire que je garde un souvenir ému de ces softs excellents. Combien de mercredi après-midi passés avec les potes à défourailler de la racaille en coop ?

Pourtant, à l’aube de la révolution 3D, le genre a eu du mal à regagner sa place dans le cœur des gamers, trop contents de passer à des titres plus “complexes” et cinématographiques comme les Resident Evil. Il y a bien eu quelques tentatives comme le Fighting Force de Core Design pour appliquer la recette d’antan et a passer à la moulinette de la troisième dimension. On retiendra bien sûr quelques titres intéressants, qui ont cherché à faire bouger le genre pour le rapprocher d’un jeu d’aventure, comme la très méconnue série des Mark of Kri. Enfin, vous me permettrez de passer sous silence des essais aussi pitoyables que The Bouncer ou Oni. En fait, l’aura et la passion d’un seul créateur aura réussi à remettre le genre sur les rails. Cet homme, c’est Hideki Kamiya.

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Issu de l’école Capcom, Kamiya bosse sur de gros projets, dont pas mal de Resident Evil, aux côté du maître Shinji Mikami. Aussi, quand toute la clique décide de claquer la porte de Capcom pour aller fonder Clover Studio, c’est tout naturellement que Kamiya fait partie du voyage. Mais avant ce schisme, le bonhomme avait pris soin de révolutionner le genre du beat them all, en lui faisant acquérir ses lettres de noblesse en 3D. Vous l’aurez compris, je parle ici de la naissance de Devil May Cry.

Simple prototype d’un nouvel opus de Resident Evil, DMC a vite obtenu ses galons de nouvelles licences prometteuses chez Capcom. Nous autres joueurs avons pu faire la connaissance de Dante, fils d’un démon et d’une humaine, et l’un des héros les plus classes à ce jour. Je ne vais pas rentrer plus avant dans les détails, tout le monde connaissant cette série qui en est désormais à son quatrième opus. Ce qui est à retenir, c’est que DMC a ouvert la voie au jeu d’action, autant basé sur la démesure de son héros que sur l’aptitude du joueur à bien le contrôler.

Forcément, si on parle de Kamiya, il faut aussi parler de Tomonobu Itagaki. Le père de la Team Ninja, désormais parti de chez Tecmo, a aussi pris son parti de révolutionner le beat them all 3D avec sa série des Ninja Gaiden. Deux épisodes plus tard (épisode 3D hein, je ne parle pas ici des ancêtres), la saga a fait son trou et s’est imposée comme un met de choix pour les consoleux désireux de mesurer leurs skills. DMC et Ninja Gaiden ont donc longtemps fait figure de poids lourds dans le domaine, leur créateur respectif n’hésitant pas à se vanner régulièrement pas presse interposée. Mais une surprise allait venir chambouler tout cela. Issu du cerveau de David Jaffe, au sein du studio Santa Monica de Sony, le projet God of War a fait trembler le genre du jeu d’action 3D. Malgré tout, il est difficile pour un fan de mettre ces trois softs dans le même panier. Le genre s’est doté de quelques règles et de sous-genres dérivés.

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Le premier de ces genres concerne les titres de Kamiya. On a parlé bien sûr de DMC, mais son nouveau projet, Bayonetta, joue dans la même cour. Je ne vais pas vous reparler de Bayonetta (les curieux peuvent lire ma preview) mais je rajouterais juste que le titre de Platinium Games a décroché un 40/40 dans Famitsu et un 10/10 chez Edge. Le gameplay se veut ici assez technique. Il n’est pas forcément difficile de prendre le jeu en main, mais si le gamer veut tirer la quintessence du titre, il devra passer par une phase d’apprentissage exigeante et longue. Le but alors est de terminer chaque niveau avec la meilleure appréciation, où les dommages reçus, le temps mis à boucler l’aventure et le nombre d’items utilisés entrent en ligne de compte.

En seconde catégorie, on retrouve Ninja Gaiden. Là, c’est sensiblement la même chose que précédemment. La différence réside dans le niveau des ennemis. Comme se plaît à la dire Itagaki, « dans les autres beat them all, les ennemis sont là pour que vous les charcutiez, dans Ninja Gaiden, ils sont là pour vous tuer ». En effet, si on n’y prend pas garde, le moindre péquin de base peut nous faire sauter 80% de la barre de vie en quelques coups. L’esquive et la défense deviennent donc primordiales, et il faudra se montrer assez patient dans les joutes.

La troisième catégorie concerne God of War. Pour un descriptif plus longuet, je vous renvois vers mes impressions sur la démo de GoW 3, qui devrait débarquer sur PS3 en début d’année prochaine. Ici, on joue dans un registre moins technique. Attention, je ne dis pas que jouer à GoW se résume à matraquer les boutons, non C’est certes moins technique qu’un DMC ou un Ninja Gaiden, la marge de progression est peut-être moindre, mais il ne faut tout de même pas être un manchot du pad. Le parti pris de Sony Santa Monica a été de faire un gros blockbuster. Le cadre de la mythologie grecque se prête d’ailleurs bien à cela, dans le sens où chaque décor ou ennemi peut jouer à fond la carte de la démesure. Les timings seront donc moins cruciaux, afin que même les moins experts en beat them all puissent tenter le coup pour en prendre plein la gueule en retour. D’ailleurs, Dante’s Inferno, le prochain jeu de Visceral Games (EA, les gars derrière Dead Space) semble emprunter ce chemin, tant dans son gameplay que dans l’utilisation d’un background intéressant (la Divine Comédie).

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Pour terminer, on peut enfin citer les quelques derniers représentants du beat them all 2D qui survivent. La série des Viewtiful Joe en est un parfait représentant. Pas étonnant quand on sait que l’homme derrière la licence n’est autre que… Kamiya. Voici en tout cas deux épisodes que je vous conseille vivement. Plus récemment, citons le très beau Muramasa : the Demon Blade, qui vient de sortir sur Wii et qui fera l’objet d’une critique détaillée prochainement. Un petit mot rapide vers un titre assez hardcore, sorti récemment sur XBLA : the Dishwasher. Je vous renvois vers la critique.

Vous l’aurez compris, le but de cet article n’était pas de jouer dans l’exhaustivité ou encore de faire un récapitulatif du genre beat them all, de sa naissance à nos jours. Non, comme nous aimons le faire dans nos tendances, nous tentons de décrypter la direction prise par un genre ou une série, en relevant les différentes étapes qui ont conduit à cette évolution. Mais nous voyons que le genre du beat them all renaît de ses cendres et amorce un retour en grâce qui devrait ravir pas mal de vieux joueurs, un peu à la manière du jeu de baston qui aura fait fort en cette année 2009. Le fait de voir de nouvelles IP débarquer (Bayonetta et Dante’s Inferno) fait chaud cœur et tout le monde pourra bientôt juger sur pièce, des démos de ces deux titres étant annoncées pour décembre.

CouCou

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