Nous avons déjà beaucoup débattu du genre RPG japonais. Pourtant, au moment où la génération actuelle de machine est bien lancée, force est de constater que beaucoup de choses restent à dire. Alors qu’on parle de next-gen, il est difficile de trouver un représentant du jeu de rôle collant à cet adjectif, ce qui pose la question de l’évolution d’un genre, très campé sur son patrimoine et ses acquis.
Alors qu’on parle encore de next-gen pour désigner les machines actuelles (PS3 et Xbox360), les rôlistes attendent toujours LE RPG qui pourra passer sans encombre le cap de la nouvelle génération. D’abord, les espoirs s’étaient fixés sur Mistwalker, la boîte de Hironobu Sakaguchi, père des Final Fantasy et transfuge de Square. Pourtant, avec deux titres au compteur sur les consoles de salon, on peut affirmer que le pari n’a pas fait l’unanimité. De mon point de vue, Blue Dragon et Lost Odyssey sont de bons jeux (en particulier le second dont je suis sur-fan). Mais leur classicisme exacerbé et des défauts bien réels ont conduit à diviser les foules sur leur statut. Une chose de certaine malgré tout, ce n’est pas avec ces jeux que l’on a obtenu le premier RPG next-gen. Alors on peut aussi choisir de remonter le temps. Enchanted Arms ? Bon OK, là non plus. Tales of Vesperia ? Idem. Maintenant attardons nous sur ce beau mois de septembre. Square Enix – éditeur spécialiste du genre – a enfin choisi de s’atteler à la programmation sur next-gen. Alors en attendant Last Remnant prévu pour novembre, les joueurs se sont rués sur Infinite Undiscovery, façonné par les mains expertes de tri-Ace (Valkyrie Profile, Star Ocean). Et comme si l’histoire devait se répéter sans cesse, le titre a déçu (et même plus, attendez notre test, qui devrait débarquer sous peu). Tout ceci pose la question, simple : qu’attendons nous d’un RPG next-gen ?
C’est vrai, pourquoi critiquer tous les titres déjà sortis ? Ils répondent pourtant bien à ce qu’on attend d’un RPG. Mais tout le monde recherche quelques chose de plus, assez difficile à décrire. Disons qu’on pourrait espérer un titre tirant réellement profit des capacités de nos machines, et donc avec une réalisation graphique à la hauteur de ce qui se fait ailleurs (Assassin’s Creed, Bioshock, etc). Mais ce n’est pas tout, car le genre RPG qui a connu d’excellents représentants depuis l’avènement de la 3D dévoilaient alors des titres qui cherchaient à faire avancer le schmilblick (qui rappelons le, est vert et fait de la musique). Je ne parle pas ici du système de combat, chacun préférant une école en particulier, ou du scénar et des persos, caractéristiques subjectives, et très réussi par ailleurs. Non, je vous parlerai plutôt de structure globale. On peut citer des titres comme Vagrant Story (les ennemis visibles sur la map), Dragon Quest VIII (la carte à l’échelle 1:1), Final Fantasy XII (ses combats sans temps mort), etc. En gros, pouvoir vivre une aventure rythmée, sans coupure, dans un univers immense, sans temps de chargement, sans temps-mort pour les combats et d’une beauté sidérante. Et à ce petit jeu, vu les budgets nécessaires et le nom des titres en préparation, le seul FF XIII semble pouvoir répondre à toutes ces problématiques. Attention, je ne suis pas fanboy des FF, et il est évident qu’on est loin d’avoir eu assez d’infos sur le futur Square pour se prononcer, mais d’un point de vue objectif, je n’en vois pas d’autres (et si vous voulez parler du monde PC, demandez un dossier à Kamoon, niark, niark). Même le très attendu Star Ocean 4 semble encore très old-school dans sa démarche. Alors un seul représentant pour une génération entière de consoles ? Pas sûr, et attendons que les japonais (principaux pourvoyeurs de RPG) se fasse la main sur les console next-gen et qu’ils rattrapent leur retard sur les studios occidentaux. Et une fois ce représentant next-gen trouvé, il saura alors guider le marché et le porter vers plus de créativité. Souhaitons le en tout cas. Mais il semble tout de même que l’époque bénie où les RPG d’exceptions fleurissaient (avec jusqu’à trois représentants par an) soit révolue.
Paradoxalement, on remarque un vrai boom des RPG japonais sur console portable. Entre nouveautés et remake, on constate tout de même que le moule old-school est très présent. Comme si le genre ne savait pas comment évoluer et qu’il se complaisait dans ses propres codes. Rappelons quand même que des genres comme le beat them all et la plate-forme ont du apprendre à évoluer pour exister, et ne pas connaître le destin des shoot ou des jeux de baston 2D. Après, on peut toujours dire que le public portable sera moins exigent avec ces titres. La preuve avec Dragon Quest IX, même si son annonce sur DS a fait débat. Mais attention, je ne dis absolument pas que ces RPG old-school sont mauvais, et bien au contraire. J’ai trippé comme un fou sur le remake de FF IV (je vous poste le test dans la journée) et j’ai pu jouer quelques heures au remake de Dragon Quest IV : quelle baffe ! L’univers est de toute beauté et le titre dispose d’un charme ravageur. Là aussi, le test du jeu par ChrisPix devrait débarquer prochainement.
Même pour les non-spécialistes (dont je fais partie), le genre des RPG nippons est super stimulant à observer, de par ses spécificités uniques et qui font son charme. Ce genre a su ce créer une vraie personnalité, en marge des autres et compte un nombre important de jeux ayant marqué leur temps. Faut pas s’étonner que les joueurs en redemandent…
