Pour ceux qui en doutaient encore, Ubisoft est réellement devenu un éditeur majeur du monde du jeu vidéo, un poids lourd à l’échelle mondiale et porteur de franchises populaires. Ce UbiDays 08 a été l’occasion pour le géant français d’asseoir encore cette position et nul doute que les différents titres présentés feront les beaux jours du compte en banque de la firme à Noël prochain (Prince of Persia Next Gen, Lapins Crétins 3, EndWar, etc.). Ce nouveau statut confère à Ubi certains avantages, mais entraine aussi d’inévitables inconvénients. Nous allons voir de quoi il s’agit à travers deux softs emblématiques de la nouvelle puissance du frenchy.
Côté pile : Splinter Cell Conviction
Lorsqu’on est devenu un acteur majeur de l’industrie, plus besoin de compter sur un unique blockbuster maison pour rassurer les actionnaires. Avec un catalogue varié et de qualité, Ubisoft s’est offert plusieurs licences capables de faire pérenniser sa côte boursière et de repousser un peu les tentatives de rachat hostile (le carton d’Assassin’s Creed fin 2007 a renforcé un peu plus l’indépendance du français). L’avantage majeur de cette situation résulte dans le temps qu’on peut offrir au développement d’un titre. Il n’est plus nécessaire de rusher le travail pour être prêt pour la fin de l’année fiscale puisque d’autres titres seront présents. Ceci a permis à l’équipe de Splinter Cell Conviction de s’octroyer le droit de faire évoluer la nouvelle aventure de Sam Fischer. Souvenez-vous, nous sommes aux UbiDays 07. Est dévoilé en grande pompe le cinquième opus de l’agent secret aux nightgoogle. Après un quatrième épisode qui a apporté pas mal de sang frais à la saga, les développeurs souhaitent encore une fois faire table rase et proposent une orientation encore différente. Sam est un fugitif, et devra compter avec la foule pour se dissimuler. Une vidéo avait même été dévoilé. Mais de nombreux joueurs, dont je fais partie, semblaient déçu par ce revirement. Résultats des courses ? Le titre a d’abord été repoussé de plusieurs mois (prévu à l’origine pour fin 2007, le jeu avait glissé au printemps 2008), puis a aujourd’hui complètement disparu des plannings. On sait que le titre ne pourrait voir le jour que fin 2009, l’équipe ayant décidé de reprendre tout le travail à zéro. Il n’est pas acquis que la réaction des fans ait entraîné ce désir de re-refonte, mais l’aura d’éditeur solide d’Ubisoft permet à ses créatifs de prendre leur temps pour offrir une expérience plus chiadée. Pour le meilleur ?
Côté face : Beyond Good and Evil 2
Chez Console Syndrome, on est de gros fans de Beyond Good and Evil, l’aventure offerte par Michel Ancel en 2003. Tout le monde sait que le jeu n’a pas été un succès commercial, ce pourquoi nous lui avons offert une place de choix dans notre rubrique du Mal Aimé. Prévue comme une trilogie, cette série laissaient les joueurs dans l’expectative. Une suite était-elle en chantier ? Le projet avait-il fini au fond des oubliettes ? Le buzz est remonté il y a quelques semaines. Ancel lui même affirmait qu’une petit équipe bossait sur des ébauches d’une suite à l’aventure de Jade. Le jeu étant peu avancé, encore en pre-production et n’avait pas reçu le feu vert d’Ubisoft pour lancer la machine. Et pourtant, à l’occasion de ces UbiDays 08, tout le monde a pu découvrir émerveillé un teaser de ce qui pourrait être BGE 2. Rassuré ? Oui, mais il faut être clair. Pas un seule fois, ce teaser n’a été nommé comme pouvant être un jeu narrant la suite du premier opus. De plus, le nom officiel n’a pas été cité. Alors, Ubisoft a-t-il lancé cette vidéo pour observer la réaction du public et pouvoir réagir en conséquence ? C’est fort probable. Mais là où le bât blesse, c’est que Ubisoft ne veut prendre le risque de se planter une nouvelle fois. D’où cette annonce pas très nette. Mais quand on écoute M. Guillemot, boss de l’éditeur, on comprend qu’Ancel et le désir des joueurs ne seront pas les seuls voix qui présideront à la création du titre. En effet, le co-fondateur d’Ubi indique que le titre a vraisemblablement connu l’échec du fait de sa difficulté trop élevé. Quiconque a fini le jeu pourra mesurer l’absurdité des propos, BGE premier du nom étant tout sauf difficile. Par contre l’absence d’une campagne marketing conséquente ou le manque de support de la maison mère autour de ce titre n’a pas l’air d’avoir pris place dans la déroute commerciale du jeu, selon lui. Soyons clairs, le peu de personnes ayant mis les mains sur ce titre l’ont encensé. Alors lorsque Gullemot annonce que la difficulté de la suite sera revue, on prend peur, surtout eut égard aux ambitions casuals nourries par l’éditeur. Croisons les doigts et ne nous montrons pas trop pessimistes. Après tout, il s’agit à la base d’une excellente nouvelle.
