Codemasters est la dernière société a avoir été la cible de hackers. « Dernière », comme dans « énième », car Square Enix et Sony en ont récemment fait les frais. « Hackers », à défaut d’autre chose, les têtes pensantes chargées de traduire les termes techniques en français ayant la mauvaise manie de réunir des notions a priori très différentes. (« Pirate » est devenu, en français, un fourre-tout emblématique.) Et avec un peu de chances ça impressionne encore ta mère.
Des pirates, au sens originel du terme, les hackers en sont pourtant les plus proches. Voiles au vent et bouteille de cidre – ils sont encore jeunes – ces forbans ont sabordé ces différentes entreprises pour en tirer un bénéfice : des informations personnelles et bancaires, des adresses e-mail (beaucoup). Le problème, c’est que les entreprises en question ne sont pas pressées de nous en faire part, car nous sommes le 26 et Codemasters a été ciblé le 20 mai. Pas que je m’inquiète, mais en 6 jours je pourrais voler le caisse du Monop’, acheter un billet d’avion pour l’Australie, rencontrer mon pote Dingo, passer une soirée à jouer au Black Jack, faire la manche pour me payer le billet du retour, nettoyer la caisse pour la rendre propre, passer une nuit à la belle étoile pour méditer sur mes actions, me découvrir une ferveur religieuse – ou me faire passer pour fou, et rendre la caisse.
Mauvais perdant. Mauvaise perdante est la personnes à l’origine d’attaques dont les conséquences risque d’ores et déjà de s’avérer désastreuses pour Sony. Dans l’emballement médiatique, on pourrait s’attendre, assis devant la télé, à ce que ces actions soient revendiquées par un puissant groupe terroriste. Al Qaida, le Hamas, les Tigres de libération de l’Eelam tamoul ? N’importe laquelle de ces organisations ? Mais non. Personne, à la télé, pour mettre un nom ; pour nous dire, la larme à l’œil, que l’enquête est en cours et qu’ils les attraperont coûte que coûte.
Dans le doute, on préfère dire « Anonymous », comme tout et rien à la fois, renforçant la méfiance à l’égard d’une entité dont les actions semblent parfois contradictoires, et dont les informations auraient récemment été révélées par un ancien sympathisant.
Anon, qui que tu sois, tu devrais vraiment arrêter les jeux vidéo.



