Le dernier épisode de la célèbre franchise Alone in the Dark se pose comme un jeu très attendu. Deux raisons à cela. Tout d’abord le titre est en gestation depuis plusieurs années dans les studios des talentueux frenchies d’Eden, constituant le cinquième opus de la franchise instigatrice du genre survival, et deuxièmement car ce soft pourrait peser de manière définitive sur le destin de l’éditeur français Atari, au plus mal actuellement.
Le premier opus de Alone in the Dark a offert la consécration à son auteur, un certain Frédéric Raynal. Et pour cause, le bougre venait de créer de toute pièce un genre appelé à devenir l’un des préférés des joueurs, à savoir le survival-horror. Alors que depuis, la saga des Resident Evil s’est fait porte-drapeau de ce genre de titre, voilà que non loin de Lyon, les créatifs d’Eden Studio (qui ont dans leurs pedigree les très bons V-Rally, Kya the Dark Lineage et Test Drive Unlimited) s’activent pour ressusciter la saga pour la cinquième fois. Et on peut dire que le développement du titre a connu de nombreux bouleversements. Pour vous faire une idée, voici le tout premier trailer du titre, et en dessous, je vous ai posté la toute dernière vidéo disponible. Plusieurs dissemblances sautent aux yeux. D’abord, le look du personnage principal a bien changé. Du héros bateau, on passe à un perso, certes toujours moche, mais qui possède une « gueule » et qui se rapproche plus du Edward Carnby qu’on avait pu découvrir dans le quatrième opus (développé à l’époque chez Darkworks, une boîte français elle aussi). Outre ces variations esthétiques, c’est toute la communication autour du titre qui a changé. Aujourd’hui, l’accent est porté sur le moteur physique du jeu, capable de jolie prouesse et qui offre des perspectives de gameplay très intéressantes. Le fait de faire commenter la vidéo par la productrice américaine évoque également le joli coup marketing opéré par Ubi avec Jade Raymond (mais vu qu’on a droit qu’à la voix, la productrice de Alone est peut être moche). Le système de visée a pas mal changé lui aussi. Les premiers trailers laissaient deviner un système proche des RE, alors qu’au final on a aura droit à une vue subjective, plutôt inhabituelle pour un survival. Mais pourquoi tant de changements, alors que le jeu était initialement prévu pour sortir en 2007 ?
De report en retard, ce nouvel épisode d’Alone in the Dark a su se faire désirer. Et pour correspondre à sa nouvelle mue, le titre même du jeu a été modifié. Le sous-titre Near Death Investigation passe donc à la trappe pour un qualificatif plutôt sobre : Alone in the Dark (tout court). Ce changement n’est pas anodin. A la manière de Sega, en panne d’inspiration depuis quelques années, qui a nommé son dernier Sonic 3D de la même manière que le premier opus de la saga : Sonic the Hedgehog. Cette manœuvre a pour but de rapprocher le nouveau soft de la gloire (passé ?) de l’ancêtre. On souhaite attirer les spotlights sur son nouveau projet et le liant directement au statut culte de la franchise. Ceci nous amène a la conclusion suivante : ce jeu est absolument crucial pour Atari. Après des années fastes, faites de rachats plutôt douteux, l’ancien éditeur Infogrammes connaît des heures sombres et la trésorerie n’est plus au beau fixe. Ce projet, basé sur une rare licence d’importance qu’a réussi à conserver Atari, pourrait donc devir un sauveur potentiel. D’où le temps accordé à Eden pour peaufiner son titre et tous les changements précédemment cités. Il n’est par conséquent pas étonnant d’apprendre que des versions Wii et PS2 (consoles très populaires) ont été mises en chantier dans les studios de Hydravision (auteur des très moyens Obscure 1 et 2). Gageons que si la qualité est au rendez-vous, ce Alone in the Dark puisse inspirer les hautes sphères d’Atari à pondre ce qu’ils ne font que très rarement : de vrais bons jeux. Date de sortie : mai 2008.
