Ces Petits Riens (Qui Nous Rendent Fous) : Gears of War 2

Nouvelle rubrique, nouvelle tonalité. Une fois n’est pas coutume, et comme le sous entend le titre, nous reviendrons ici sur certains points en particulier. Pour cette première fois il s’agira de CPRQNRF, ou Ces Petits Riens Qui Nous Rendent Fous, article visant à revenir avec dérision sur certains des défauts les plus exaspérants de jeux qui sont par ailleurs des réussites ludiques, sinon commerciales.

Gears of War 2 est démentiel. Non, vraiment j’insiste : il est prenant, jouable en multi, voire même en coop ! Ah, les joies du coopératif. Y a pas à dire, c’est toujours aussi réjouissant de faire de bout en bout un jeu au scénario creux et inintéressant avec un pote. On ne souhaiterait pas qu’il en soit autrement, car à plus de un, lire, c’est chiant. Et c’est aussi à cette occasion qu’on se rend compte de la fiabilité du partenaire : « Euh, t’étais pas censé me couvrir, là ? ». Et puis disons-le franchement : tronçonner un locuste, c’est beau. Mais voilà qu’une infamie pointe le bout de son nez, le genre de truc bien dégueulasse qui n’arrive qu’à une frange de joueurs, et en particulier à ceux qui jouent le plus. Question de probabilité, sans doute.

Gears of War 2 : corromps-moi fort

« Mon journal de bord est revenu à zéro » s’écrie un des malheureux enfants touché par ce destin funeste. Et c’est le début des problèmes, car c’est très mauvais signe. Déjà, suite à ça, grosse difficulté pour reprendre la campagne coop précédemment sauvegardée. On a beau s’évertuer à refaire les manipulations dans l’ordre : sélection du joueur 1, création de la partie, chargement de la sauvegarde – belle et bien existante, et présente sur le disque dur, mais non, rien n’y fait, on me propose de reprendre au début. L’idée me séduisant guère, une autre escarmouche s’engage : la recherche d’information. On apprendra à cette occasion que le problème vient de la corruption des données de mon profil. A un moment ou à un autre, la sauvegarde de mon profil s’est mal faite, et voilà que toutes mes statistiques non concrétisées par un succès correspondant – certains prenant une éternité, sont revenues à zéro. Qu’à cela ne tienne, c’est pas trop grave, du moment qu’on peut continuer notre campagne ! Eh bien non. Mais alors vraiment pas. Un rapide coup d’œil sur les forums officiels me fait comprendre l’importance de la sentence. Là ou la formule officielle se fendrait d’un « Il y a un effectivement un souci, nous nous efforçons de déterminer son origine », en jargon de joueur c’est plutôt : « Du rang 28 au rang 1 !!! » ; « Succès et données de jeu perdus – que faire ? » ; « Mes stats ne sont pas sauvegardées » ; « Mon avancement a été entièrement effacé » ; « J’ai perdu mon niveau et mes succès » ; etc. En fait, la seule réponse qui fut donnée par un officiel de chez Epic laissait entendre que les données de jeu sont sauvegardées dans le profil et que quitter prématurément le jeu, sans passer par le menu principal, peut engendrer des problèmes. Non mais, sérieusement, laisser entendre à un hardcore gamer enragé par la perte des ses stats que c’est de sa faute, c’est jouer avec sa vie monsieur le technicien. A cette occasion je me suis également rendu compte que GoW 2 sauvegarde une partie des données relatives à l’avancement du jeu dans le gamertag. Ce qui est assez surprenant, la majorité des jeux préférant laisser les joueurs se démerder, à l’image de celui dont je vais parler juste après. Ce qui me fait arriver à la conclusion suivante : bien que la partie soit présente sur le disque dur, l’absence de statistiques relatives à cette campagne chez le joueur l’ayant créée provoque un conflit. Et quand la console dit oui et le gamertag dit non, c’est le gamertag qui gagne.

“Mes… médailles…”

Plus loin encore que la possibilité de voir ses données corrompues, une mauvaise synchronisation peut vous priver d’un succès. Ainsi, j’ai moi-même été privé d’un succès à la fin de l’acte 2. Encore aujourd’hui c’est dur à supporter. J’en pleure même, des fois. Mais plus gênant encore : de nombreux retours ont laissés entendre qu’ils n’avaient pas eu le succès en fin de campagne coop.

« Jouez à Gears of War 2, il y a une chance que tout se passe bien »

Et tandis que résignés par tant d’obscurantisme, nous nous laissâmes happés par l’idée de recommencer la campagne en allant plus vite, là quelque part sur le forum, des lettres semblaient se former : un message à notre attention, les décrépis du multi. Personne n’osait lire, mais tout le monde savait que c’était là : cette phrase un peu dégueulasse écrite en lettre dorées avec un joli smiley à la fin, qu’on voudrait pointer du doigt au risque de passer pour un fou : « Votre requête est nulle et non avenue, veuillez renouveler votre session de jeu =) ». Comprenez par là qu’aucune communication officielle ne semble avoir été faite à ce sujet, et que par là même aucune solution n’existe, en dehors des très rares chanceux mystérieusement sortis du problème. Pire ! Ce soucis existait déjà avec Gears of War 1 ! Alors voilà, Gears of War 2 c’est fun, vraiment, mais dès que j’ai fini la campagne coop je le range et je le ressors plus. Je le sortirai peut-être à l’occasion, lorsque des amis passeront à la maison. Dès que les premières images apparaitront, des jasements jailliront sans doute. Un de nous, sans doute partiellement désinhibé par un alcool pétillant, lâchera : « Haha, regardez, c’est le jeu buggé ! ». Jeu de mes deux.

Pour l’anecdote : je pensais en faire l’acquisition pour y jouer à l’occasion en multi. Epic vient de perdre un acheteur.

Le premier constat qu’on peut tirer de ce ballon d’essai, c’est que même dans certains des jeux les plus attendus et les plus joués au monde, un cruel manque de finition subsiste. Le problème n’est pas nouveau et figure un des héritages les plus grotesques qu’on pouvait imaginer, ou comment l’indifférenciation console/PC a aussi donné naissance aux problèmes qui persistent maintenant de manière quasi-systématique dans les productions PC : sortie prématurée et jeux baclés. Car il ne s’agit pas de pointer certaines difficultés, mais bien de revenir sur certaines aberrations, de celles qui viennent perturber notre plaisir de jeu, et qui n’ont malheureusement rien à voir avec les mécaniques du gameplay, le plus souvent. Ou comment montrer du doigts, un sourire en coin, tout le comique de voir un blockbuster buter sur une pierre.

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