Ces Petits Riens (Qu’on Adore) : La Pause

En voilà un sujet que je veux traiter depuis longtemps. Sans avoir l’air d’en rajouter, je crois que j’étais prédestiné à ce jour ; à ce jour où enfin, je parlerais de la pause (profitant de l’occasion pour introduire les CPRQA). Quand cela fait quelque temps qu’on joue, on a vite nos petites habitudes, pour ne pas dire nos manies : ne jamais jouer à Worms sobre, ne jamais finir un jeu en une journée, ne pas gueuler à chaque frag dans Unreal Tournament. Sans oublier les trucs qu’on aime faire, et parmi lesquels mettre le jeu en pause quand on s’absente. Ca a l’air de rien mais des fois on peut pas. Pas parce qu’on est vraiment super pressés ou que le bouton Start est mal placé, non, mais parce que ce n’est pas toujours implémenté dans les jeux. Par contre, quand ça l’est, oh mon dieu, comme c’est divin.

La Pause !

Je vais évidemment parler des RPG parce que c’est la catégorie de jeu par excellence qui propose une aventure limitée mais longue et chronométrée. Exit les MMO, donc, ou se faire dorer la pilule au soleil fait quasiment partie intégrante du gameplay, et où vraisemblablement on parle plus en semaines de jeux voire en mois, et que cela participe à montrer que vous avez décidément un très gros zizi.

Du coup, dès que j’ai un jeu en main, je vérifie si il y a une pause – en fait, je vérifie au préalable les options, mais c’est encore un autre sujet. J’appuie donc sur le joli bouton start de ma manette, et là, normalement, il se passe quelque chose : l’écran se fige, le temps s’arrête, parfois un menu apparaît, me rappelant que je ne suis que dans un jeu et que je peux en modifier les paramètres. Mais parfois non. Parfois il ne se passe rien ; et le jeu chronomètre autre chose que le temps que vous avez passé dessus : le temps que vous avez mis pour ouvrir la porte, pour sortir votre chien, pour ouvrir un paquet de biscuit. A ce niveau, autant être clair, si c’est pour mesurer le temps que je mets pour faire cuir un steack, je le sais déjà : beaucoup trop longtemps.

T'aurais bien besoin d'une pause toi...

On peut même faire une petite mise en situation. Imaginons, c’est les vacances, des amis vous ont prêté un chalet et vous avez pu vous y rendre avec votre copine. Pour une raison qu’on ignore, vous avez pris votre console. Ça fait un peu mordu sur les bords tout en manquant un peu d’égard pour votre amie, mais bon, passons. C’est qu’une histoire après tout. Je veux dire, on peut bien imaginer ce qu’on veut. Non mais parce qu’à ce moment là si il faut tout justifier moi j’arrête tout de suite hein. Bon, reprenons. Elle part faire les courses – histoire de faire dans le gros cliché – et vous en profiter pour ranger. Pour jouer à la console donc. Vous allumez le monstre, hésitez sur Alan Wake, parce que honnêtement ça ferait une super mise en abime, mais lancez finalement votre RPG favori. Vous jouez tranquillement, et puis soudain vous sentez quelque chose arriver. Oui, vous la sentez la grosse vague de reproche que vous allez vous manger à son retour, alors vous décidez de faire quelque chose. Tiens, et si vous allumiez la cheminée ? Ça aurait de la gueule et ça montrerait que vous n’avez pas pensé votre temps à glander. Vous ne mettez pas une pause – parce qu’il n’y en a pas – et faites ça rapidement : deux-trois buches et du papier journal, le feu démarre et vous retournez logiquement sur votre partie. Là, premier souci, vous n’êtes clairement pas un spécialiste du feu de bois, vous avez préparé ça comme un con, le truc commence déjà à mourir, donc vous lâchez votre pad – ne mettez pas pause – et retournez à l’ouvrage. Malheureusement, ça dégénère, vous mettez plein de cendres par terre et n’êtes pas foutu de faire repartir le feu. Alors soudain, une idée, une illumination : et si vous y mettiez de l’alcool ? Aussitôt dit, aussitôt fait, l’alcool fort de vos vacances disparaît dans une explosion de flammes qui s’agrippent aussitôt à votre manche : vous gueulez en courant vers la cuisine pour éteindre l’incendie. Abandonnant définitivement l’idée d’allumer la cheminée, vous vous rasseyez devant votre partie, le pull brulé, les cendres encore au sol, et la fumée partout dans la pièce. Alors que votre copine revient les bras chargés de sacs et de questions, vous sauvegardez misérablement votre session de jeu, immortalisant votre terrible mésaventure plutôt que la joie d’avoir parcouru votre jeu favori. Du coup on peut s’estimer heureux quand la pause est disponible.

Il faut quand même bien identifier les différents niveaux de puissance de la pause : il y a celle qui arrête tout, n’importe quand, la pause grand luxe que vous pouvez placer au milieu d’une cinématique, dans le menu (extrêmement rare) ou bien dans le jeu, et la pause à deux ronds, celle dont vous vous rendez bien compte qu’elle n’arrête rien, que c’est pour de faux, à la Phantasy Star Online. C’est un de ces petits riens qui peuvent devenir super puissants s’ils sont bien utilisés. Alors arrêtez de plaisanter avec.

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