A l’occasion de la mise à disposition de certains articles issus du site sur lequel je travaillais, j’ai souhaité laisser court à mon imagination en me prêtant à un petit exercice de style en plusieurs parties. Cette lettre est la première d’une série de trois lettres.
“Cher Console Syndrome,
S’agit-il d’une de ces lettres parfaitement inattendues qui rompent le charme d’une matinée parfaitement huilée ? Si c’est le cas, pardonnez, cher ami, cette intrusion des plus modestes, mais il s’agit, j’en ai peur, d’un cas de grande urgence.
Sans doute vous rappellerez-vous à mon bon souvenir : nous habitions, à notre plus jeune âge, dans le quartier résidentiel de Spira. Nous nous étions connus par nos mères respectives qui, ayant un temps travaillé ensemble, finirent par se lier d’amitié. Nous fîmes bientôt de même tandis qu’elles vaquaient à leur occupations. Je me remémore aujourd’hui notre indiscipline et combien nous jouions de malice pour échapper à leur attention – et nous y sommes parvenu en de nombreuses occasions. Une d’entre elles nous permit de nous rendre à la boutique du vieil Antoine. C’était un samedi. A l’époque, il y avait un jeu qui nous avait inspiré et nous complotions de le subtiliser à la vigilance de ce pauvre Antoine. Nous y parvenions sans mal et, tandis que je faisais diversion, c’est vous qui aviez mis la main dessus. Le vieil homme avait beau s’en être rendu compte, nous étions déjà loin, et tandis que ses rouspètements parvenaient à nos oreilles, nous ne voyions là rien d’autre qu’une taquinerie d’usage. Ce n’était ni la première ni la dernière de nos bêtises, et nous n’y avions plus prêté attention depuis lors.
Est-il possible, alors, qu’en ce samedi comme un autre je souffre des idioties des samedis de nos enfances ? J’avoue ne pas bien comprendre ce qui m’arrive, mais je sais, je sens, que tout a commencé ce jour là. Alors j’ai cherché. J’ai parcouru méthodiquement le moindre souvenir, la moindre trace de ma vie passée. Et tandis que mon esprit s’embourbait dans toutes sortes de considération, j’en vins à douter de mon propre corps, consultant médecins et spécialistes de notre époque qui, tous, sans exception, ne surent quoi en dire. Jour après jour j’ai pu constaté toute l’impuissance du monde à définir cette curiosité de la nature, passant par bien des émois lorsqu’il fallut l’expliquer à mes enfants. Ironiquement, ce mal qui me ronge semble m’avoir offert une pugnacité dont j’ignorais les bienfaits.
Voilà certains des documents sur lesquels j’ai mis la main ; peut-être vous seront-ils d’utilité si les premiers symptômes du mal qui me ronge devait se déclarer chez vous. Que Dieu vous en préserve.”
De l’avenir et de l’intérêt des tests de jeu
La notion de meurtre dans le jeu vidéo #1
La notion de meurtre dans le jeu vidéo #2
