Sonic Unleashed est le plus récent représentant de la franchise du hérisson de Sega. Vous avez du lire ici et là des avis sur le dit jeu, alors plutôt qu’un énième test, nous vous proposons aujourd’hui un nouveau volet de notre chronique du Jeu Parfait, mais sous un visage un peu différent, car complètement orienté Sonic. Plus qu’une analyse, cet article sera une lettre ouverte à Sega pour améliorer leur production à l’avenir. Oh la vilaine prétention ! Bien sûr ce n’est qu’un humble papier de fan, qui en a marre de voir son icône traîner dans la boue.
Vous êtes au courant Sonic Unleashed est une semi-déception. Car si les phases de jours sont une vraie tuerie (oui, oui), celles de nuits sont vraiment pas top du tout. En fait l’épisode Unleashed est la matérialisation parfaite de ce que sont devenus les jeux Sonic depuis son âge d’or, c’est-à-dire l’époque Megadrive. Il représente donc une base idéale pour notre Jeu Parfait. Pour chaque point négatif, nous procéderons en deux temps, le premier sera un descriptif de ce qui ne va pas, et le second sera une sorte de proposition.
Les personnages
S’il y a bien un point sur lequel Sega est lourd avec les jeux Sonic, c’est bien les nouveaux perso arrivant de je ne sais où. Comme si rajouter un Sonic Garou, un Sonic « dark » (Shadow) ou un Sonic Magique (Silver) pouvait redonner une quelconque contenance au background inexistant de la série. Le truc c’est que l’univers de la saga n’est pas très riche, c’est voulu et l’intérêt n’est pas là. Il est donc désolant de voir à chaque nouveau volet, la liste de protagonistes nuls augmenter sans cesse.
Une mise en avant de Sonic dans son plus simple apparat ferait vraiment plaisir. Faire revenir le héros pédant, rapide et plein de charme qui provoquait, non sans heurt, le moustachu Mario, serait une solution simple et efficace. Garder Eggman (Dr. Robotnik) comme méchant récurent est évident, mais sur ce point Sega n’a jamais trop failli. Par contre, fini les Amy Rose, Blaze the Cat, Cream the Rabbit, Espio the Chameleon, Rouge the Bat, Vector the Crocodile, j’en passe et des plus nazes. Je pense vraiment qu’il faut arrêter de faire de Sonic l’ami de tous les animaux. Revenir aux sources sera pour moi le mot d’ordre durant tout l’article, donc au côté du Sonic d’antan, je vois bien Tails et Knuckles et pi c’est tout.
Le scénario
Comme pour les personnages, Sega croit opportun d’agrémenter leurs productions d’un scénario «recherché». Ça commencait à devenir chelou sur Dreamcast, où l’appellation « Adventure » légitimait une histoire plus conséquente que “Sonic doit taper Eggman”. L’escalade a continué, des protagonistes humains sont intervenus, puis Sonic est tombé amoureux de l’une d’elle (Sonic the Hedgehog), pour finir sur du n’importe quoi dans Sonic Unleashed, où Eggman invoque Gaia : l’esprit de la Terre. Le geste est louable, et pour un amoureux comme moi de scénario chiadé, je peux difficilement critiquer ces diverses tentatives.
Mais si en fait (Kreu est en moi), car le tout en devient ridicule et mauvais. On n’attend pas d’un jeu Sonic une histoire tirée des Experts (Miami c’est mieux) ou d’Agatha Christie. Tout comme un bon Mario, l’histoire doit rester accessoire et prétexte à mettre en scène un héros dans un gameplay de qualité. Sonic and the Secret Rings sur Wii était excellent sur ce point-là, la troupe du hérisson était parachutée dans un univers onirique sans plus d’explication. Concernant le scénario, vous l’aurez compris, je préconise la simplicité, qui du coup servira à mettre encore plus en avant un héros qui devient un peu trop souvent secondaire. Enfin les Sonic Megadrive prônaient tous des valeurs écologiques, Unleashed le fait aussi très bien, ce détail est important et c’est bien que Sega soit revenu dessus.
Le hub
Idée géniale initiée par Nintendo avec Mario 64, le hub a tout simplement été pompé par Sega depuis l’épisode Dreamcast. Mais le génie ne réside pas que dans l’idée, mais aussi dans son application. Chiants, mal faits, vides, accessoires (pour rallonger la durée de vie), autant de reproches récurrents propres aux hub made in Sonic. Évidemment, et comme depuis le début de l’article, Sonic Unleashed en est la quintessence. Chaque niveau est constitué de deux hub, un pour la ville et un pour le choix des niveaux. Moches et sans vie, se balader à l’intérieur de ces derniers est d’un ennui sans nom. Sans compter qu’il faudra récolter des pièces spécifiques pour accéder aux vrais niveaux de jeu. Je ne vous raconte pas les crises quand, pour passer au level suivant, il vous faudra vous retaper les différents hub à la recherche de ces putains de pièces.
Il semblerait que Sega ne sache pas faire de hub intéressants, vivants, ludiques et surtout utiles. Je préconiserais donc l’absence de hub ou le recrutement de Miyamoto. Un découpage simple et sans fioriture en niveaux pourrait largement convenir, même si de nos jours, cette segmentation est souvent jugée triviale.
Les musiques
Là, c’est un peu délicat, car les musiques des Sonic the Hedgehog, Secret Rings et Unleashed sont tellement ridicules, qu’elles en deviennent drôles. Entre les thèmes chantés (à se pisser dessus) ou les repompes de The Mask pour les phases en Sonic Garou de Unleashed, la récente fournée de nouvelles musiques frôle allègrement le pitoyable.
Mais tout n’est pas à jeter, les phases de jours de Unleashed arborent des musiques péchues et bien sympas, ou mieux, des remix des anciens thèmes des Sonic Megadrive. La voie est donc ouverte pour les futures productions, mais par pitié, stop aux thèmes chantés !
Le gameplay
Le gameplay est le point le plus important et celui sur lequel Sega ne sait toujours pas se positionner. Le passage à la 3D a été fatal, pris de panique au moment du génialissime passage à la troisième dimension de Mario, la franchise Sonic est devenue le temps de deux épisodes orientée plus aventure. Deux jeux loin d’être mauvais, mais en rien des softs de plate-formes rocambolesques. La suite, vous la connaissez, des jeux bancales, sans gameplay affirmé. Sans être exhaustif, je cirerais les deux catastrophes, les deux calamités, que dis-je, les deux Jenova des Sonic : Sonic Heroes et the Hedgehog. De la collaboration pour l’un, du nul pour l’autre (j’adore le non-argument), les deux étaient saupoudrés de bugs et d’un sentiment de bâclé énorme. Mais reprenons notre postulat qui est Sonic Unleashed, il est encore à l’image de tout ce qui ne va pas dans les Sonic, c’est-à-dire une insistance de Sega à nous refourguer des nouveaux gameplay à chier (phases en Sonic Garou) . Mais il y a un progrès, les phases de jour sont tout simplement excellentes : rapides, belles, précises et fidèles aux Sonic Megadrive. Mais ce passage à la 3D n’est pas réussi que depuis l’épisode Unleashed.
Prendre exemple des phases de jour de Unleashed et du volet Wii : Sonic and the Secret Rings et surtout ne se tenir qu’à un seul gameplay sera mon unique conseil pour le gameplay. Les deux jeux cités retranscrivent bien l’essence d’un Sonic : des niveaux courts, un système basé sur l’évolution par l’échec (connaissance parfaite du level design) et des séquences dynamiques qui en foutent plein la gueule.
Sonic est devenu une idée reçue
Pour ce dernier chapitre, on ne va pas parler d’un point particulier des jeux Sonic, mais de la doxa qui règne sur la franchise et cela depuis la fin du premier cycle (lire mon dossier sur le sujet si vous voulez comprendre). En effet, aujourd’hui avant la sortie de chaque nouveau volet, des voix s’élèvent pour dire qu’il va être mauvais. Ainsi, même les amoureux de la saga, comme moi, ont perdu espoir. Pourquoi, alors que depuis, des épisodes DS, Wii ou le récent Unleashed, sont sortis et sont loin d’être des bouses, les gens partent avec cet apriori négatif ? La réponse ? J’en sais rien, mais il est sûr que Sega a déçu au moment du passage à la 3D, et la société a fait de mauvais choix concernant l’orientation de son icône et que, il faut le dire, certains jeux ont été plus que bâclés. Mais est-ce que cette étiquette de loser que porte Sonic est le prix à payer pour toutes ces erreurs ?
Je pense que c’est cher payé, surtout après les heures de bonheur que le hérisson bleu a pu nous procurer durant la période Megadrive. Néanmoins, je pense que si Sega copie sans gêne Nintendo, en mettant Sonic dans toutes les situations tel un Mario Tennis, Kart, Golf, etc. Sega devrait ralentir la fréquence des sorties des « vrais » Sonic, à l’image de la rareté des « vrais » Mario. En ne sortant qu’un jeu par génération, Sega imposerait au public la valeur de son produit (par sa rareté) ; de plus, le temps de production serait plus important et déboucherait sur un jeu de qualité supérieure. Peut-être une solution pour effacer cette idée reçue un peu trop persistante à mon goût.
Mon constat est évidemment celui d’un passionné ayant vécu l’âge d’or des Sonic. Mais si cette conclusion est alarmante pour des gens comme moi, elle ne l’est pas forcément pour tous. Sega par exemple s’en cogne, les chiffres le prouvent, Sonic est aujourd’hui une licence juteuse qui fait vendre des jeux. Alors pourquoi changer ? Enfin, je suis conscient que tous mes conseils visent à faire des Sonic d’aujourd’hui des Sonic d’hier. Serais-je devenir un vieux con… non pas ça !


