Le Syndrome du Déjà Vu Vol.8 – La sauvegarde

De tout temps, la sauvegarde a permis aux joueurs d’horizons épars de pouvoir profiter de leurs jeux sans pour autant devoir y consacrer des après-midi entières. Cependant, celles-ci ne sont pas toujours utilisées de manières judicieuses, et peuvent même conduire à la folie.

Il y a différentes façons de proposer des sauvegardes : on peut sauvegarder quand on veux, on doit revenir à son point de départ ou encore atteindre des checkpoints. Si la première méthode se révèle être la plus pratique, elle est courante sur PC, son abus peut entraîner des situation catastrophique. Caché derrière les restes fumant d’une carcasse de bus scolaires, vous venez enfin de venir à bout de la horde d’enfants zombies en feu qui vous sautaient dessus. De plus les munitions de votre cuillère radioactive sont au maximum. Vous jubilez intérieurement et décidez de profiter de cet instant de répit bien trop rare pour conserver votre héroïque progression. Alors, candide que vous êtes, vous pressez victorieusement de votre index boudiné la touche « F5 » afin de susciter la création d’une quicksave récente qui viendra écraser la précédente, vous paraissant à présent aussi utile que votre vieux VTT rouillé alors que vous avez une R5 flambant neuve (à 200 000 km au compteur). Cependant, trop occupé que vous étiez à chercher la touche magique sur votre clavier, vous ne remarquez pas la mine cachée subtilement sous votre personnage, et qui explosa une demi seconde après la sauvegarde. Surpris, vous rechargez la partie en vous promettant de courir tout de suite après. Hélas, la mort était inévitable, et pendant 10 quicksave / quickload, vous connaîtrez un sort atroce, et votre sauvegarde en deviendra inutilisable.

Cela dit il s’agit d’une erreur de votre part, mais parfois vous n’y êtes pour rien. Dans les sauvegardes de type « checkpoint », elles se doivent d’être placé intelligemment, afin de ne pas gêner votre sentiment d’avancée. Hors il arrive parfois que vous butiez sur un passage précis, comme un saut délicat ou un boss revêche. Et il se trouve qu’entre le moment incriminé et le précédent checkpoint, il y a une toute petite séquence que vous avez passé les doigts dans le nez (un tout petit saut ou 2 snipers évidents) la première fois. Cependant à force de recommencer, eut égard à votre énervement proportionnel, vous n’arrêtez pas de rater ce premier saut ou de vous faire toucher à la tête, entraînant systématiquement un game over synonyme de rechargement. Le temps passant, votre nouvel ennemi devient ce saut de puce et plus les chutes du Niagara que vous n’arrivez plus à atteindre, tellement bien que lorsque vous arrivez devant, vous n’essayez même plus de les passer et préférez choir tel le guano frais de la mouette rieuse dans les tourments abyssaux du fleuve déchaîné.
Enfin, ces sauvegardes facétieuses ont aussi une portée sociale. Je crois savoir que vous avez tous été jeunes, et que la plupart d’entre vous jouaient déjà à ce média alors controversé (ne jamais oublier que chaque joueur en bas âge est un serial killer en devenir). Et fatalement vos parents voulaient vous limiter, et il arrivait souvent des moments où ceux-ci, irrités par l’oisiveté de leur chère tête blonde, entraient dans un accès de fureur en éteignant purement et simplement votre console, sans que vous ayez pu atteindre le point de sauvegarde, et eux ne le comprenait pas. Mais vous êtes malin, et vous saviez aussi l’utiliser à votre avantage. Par exemple quand l’un de vos bienveillant parent vous demandez d’éteindre pour aller au lit, vous suppliez gentiment d’attendre d’être arrivé au point de sauvegarde. Et lui, plus doux qu’un Saint-Bernard lavé en machine au Soupline, patientait en vous regardant jouer sans rien comprendre de ce qui se passait à l’écran. Mais vous êtes un filou, et vous passerez 3 fois devant la sauvegarde sans sauver votre progression afin de gratter quelques minutes de joie virtuelle supplémentaire.

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