Chose promise, chose due, après ma version, 16 journalistes vont à présent vous donner leurs définitions d’un Final Fantasy. Certaines réponses sont courtes et légères, d’autres sont plus longues et passionnantes, mais toutes méritent un grand merci. Sans plus épiloguer, place aux spécialistes.
Gérald « Khayrhalt » Mercey – Rédacteur en chef et éditeur – RPG Magazine
Ce qu’est Final Fantasy à mes yeux ? C’est tout d’abord un concept ambitieux, poussant de tous temps les plateformes vidéoludiques à l’extrême. C’est également le côté “lumineux” du JRPG, mêlant interface accessible, plaisir de jeu et scénario haletant. C’est enfin une idée originale du RPG, évolutive sans être incompatible d’un numéro à un autre.
C’est en fait ce qui pouvait définir “Final Fantasy” de 1987 à 2001. La période suivante, marquée par le rapprochement entre Square et Enix, a vu de nombreux changements poindre à l’horizon. Exit les membres fondateurs du mythe, bienvenue à un nouveau système. Il est évident que la perception que l’on a des titres post-2001 est à mettre en corrélation avec l’amour que l’on peut vouer à la période précédente… Pourtant, il faut avouer que tous les titres “à numéros” de la saga faisant suite à FFX (FFX-2, FFXII et FFXIII, FFXI dans une moindre mesure) ont d’étroits rapports entre eux, ce qui incite à penser qu’une “nouvelle version” de ce que l’on peut cerner comme le “concept FF” existe désormais, une sorte de “FF2.0″.
La césure -à tous points de vue- entre les Anciens et les Modernes est forcément sujette à débats, souvent houleux. Mais pour moi le concept primordial de “Final Fantasy” pris dans son acception pure a cessé d’être. C’est en un sens une bonne chose, puisque de Final Fantasy sur Famicom à FFX sur PS2 une page de l’histoire du jeu vidéo s’est écrite, disposant d’un début, d’un milieu et d’une fin (chose rare dans le monde du jeu vidéo). Une autre page s’écrit actuellement avec de nouveaux auteurs et sûrement de nouveaux lecteurs. Mais qui préfère les écrits d’August Derleth à ceux de H.P Lovecraft ?
Que cela soit bien ou mal m’importe peu, en fait. Que cela me plaise ou non est également accessoire. Mais puisqu’on me pose la question je peux dire que “Final Fantasy” était une sorte d’idéal du JRPG à mes yeux, et que ce “Final Fantasy 2.0″ ne l’est plus. Même si cela fait “c’était mieux avant” à outrance, j’estime en tant que joueur et critique que la magie n’opère plus. Et croyez que je le regrette. C’est l’éternelle histoire de César et Brutus… Pour moi, l’empire n’a juste pas été mis au pinacle par un jeune sénateur avide de gloire.
X-Fab – Role Playing Game Magazine
Déjà, merci de penser à nous dans ta démarche plutôt intéressante.
Je vois très bien où tu veux en venir avec ta définition de FF. Mais je ne te rejoins pas sur ce coup, enfin disons plutôt dans le cas de ce FFXIII. Parce que si tu pars dans l’idée de retrouver tout ce qui définit la série depuis le départ, tu fonces dans le mur, et tu te diriges vers un cassage en règle.
Ici, il faut penser en terme de renouvellement, et de performance de mise en scène. Non pas que je cautionne l’initiative de Square Enix, qui a définitivement bridé le genre à travers ce treizième épisode, mais force est de reconnaître que nous avons là une belle aventure, intéressante et super bien réalisée. En ce qui me concerne, je me suis beaucoup amusé avec cet opus. J’ai voyagé dans des environnements somptueux, vibré devant de magnifiques combats, découvert des personnages classieux et profonds. Bref, j’ai autant apprécié ce volet que le neuvième ou le dixième, malgré la perte de l’aspect exploration (FFXII, VI, VII et VIII restent pour moi au dessus grâce à leurs extraordinaires qualités). Chacun verra midi à sa porte, comme à chaque nouvel opus, mais pour apprécier celui-ci à sa juste valeur, il faut mettre de côté sa définition du genre, c’est évident. Espérons que FFXV reviendra aux fondamentaux.
Pa Ming Chiu – Role Playing Game Magazine
Une série qui redéfinit le RPG mais pas forcément dans le bon sens… Dans le sens où elle est on ne peut plus représentative des principales qualités mais aussi des principaux défauts des RPG nippons: Oui, il y a du grand spectacle, du fan service, des personnages charismatiques et poseurs, des systèmes de combats riches et complexes, mais que de clichés! Les scénario tendent à devenir de plus en plus ringards, inexistants ou inutilement tortueux au fil des épisodes… Idem pour la notion de liberté de moins en moins présent au cahier des charges. Et où est le roleplay? Il n’en reste malheureusement plus grand chose, tant les personnages nous imposent à présent leurs points de vue et leurs personnalités… OK pour le “Playing Game”, mais le “Rôle”… un jeu de rôle doit-il consister en une simple montée de level, de la gestion de personnages/équipement agrémenté d’une grosse esbroufe visuelle? Certes, le plaisir de jeu et l’invitation au rêve sont encore là, mais les ficelles tendent à être trop voyantes/récurrentes pour ne pas laisser une impression d’amertume et de lassitude…
Matthieu Requenna – Rédacteur en chef de Wootgaming.fr
Qu’est ce qu’un FF à mes yeux? Un tout, alors je vais me contenter de jeter quelques mots dans la marre, quelques éléments qui font que Final Fantasy est un RPG unique est intemporel:
Emotion, passion, frisson, design, caractère, personnages, univers, narration, inventivité, aventure, exploration, découverte, innovation, renouveau, mouvement…Vous en voyez d’autres? Surement! Alors mettez-les sur un Blu Ray, secouez bien fort et vous obtenez Final Fantasy 13, mettez-les sur un autre support et vous aurez à chaque fois un épisode différent, un univers différent et des émotions différentes, vous jouerez votre propre Fantaisie Finale.
Sylvian Duverne – Dirtgamerz.com
Final Fantasy… Aventures, sentiments, persos charismatiques… La saga est tellement complexe que développer cela prendrait des heures… Que dire que sinon que pour moi, comme pour beaucoup, le meilleur volet reste incontestablement Final Fantasy VII et que depuis le départ d’Hironobu Sakaguchi et Nobu Uematsu, la série a vraiment perdu de sa “personnalité”. Il ne reste qu’un attachement sentimental à la série qui reste le pilier emblématique du RPG Japonais.
Donc ma définition de Final Fantasy est simple : RPG cultissime.
Regis Monterrin – Yellow Media, Livegen.fr et Pix’n Love
Final Fantasy… le souhait d’un homme, le miracle d’une firme, l’apogée des mots “Dream Team”, la véritable arlésienne du jeu vidéo, des milliers d’heures de travail et de jeu…
Final Fantasy, c’est l’art et la manière de bouleverser l’architecture d’une saga ancrée dans le temps, quitte à faire hurler les fans et faire monter le buzz. Et bien souvent, même s’ils ont déçus, ces derniers répondent présents.
Final Fantasy, c’est un univers mystique. Un émincé de magie saupoudré de protagonistes charismatiques, venant d’univers différents. Final Fantasy, c’est l’invitation au voyage, un voyage d’ordre géographique et visuel, mais également un voyage chronologique.
Final Fantasy, c’est la migration réussie d’un concept à la japonaise.
Final Fantasy ou l’histoire d’un tueur de vie sociale.
Final Fantasy ou les derniers vestiges d’un monde vidéoludique que la complexité n’effrayait pas.
Final Fantasy, on aime ou on déteste.
Ma définition de Final Fantasy : RPG inter-générationnel
Arnaud Devel – PSM3 magazine
A la fois hardcore pour son système d’évolution et de combat profond et grand public grâce à sa réalisation, ses personnages et ses cinématiques grands spectacles, Final Fantasy est un RPG japonais universel. Le seul capable, en fait, de faire un raz-de-marée planétaire et submerger de passion les gamers de tout bord.
Ruth Steen – Rédacteur en Chef de IG magazine
Neverending Story
Erwan Lafleuriel – Rédacteur indé – Ancien Rédacteur en Chef de Mondes Online
Moi je tenais à dire un truc sur Final Fantasy, pas une définition, mais un aspect. Il a été et reste le fer de lance du RPG japonais, cristallisant à son arrivée en Europe tous les points forts et les désavantages du genre. À cette époque, la guerre entre le PC et les consoles est devenue encore un plus personnelle entre les clans pro RPG occidentaux et pro RPG nippons. De nos jours, ces débats feraient un peu sourire : chacun des deux genres a tracé ses frontières, et l’entente cordiale règne pour le bonheur de tous les gamers. Cela dit, je n’ai jamais touché un Final Fantasy de ma vie. C’est de la merde. Vive Planescape Torment !
Fred Brunet – Rédacteur jeux vidéo sur 01net.com – Ancien Rédacteur en Chef de Joystick
mmm un FF, ce sont des mecs lookés à la Tokyo Hotel accompagnés de jolies filles qui sauvent un monde avec des chocobos dedans. Plus plein de bavardage autour. Sur ce plan, ce FFXIII est un FF. Quant au gameplay, c’est une autre histoire =)
Pipomantis – Rédacteur Free Lance
Un mot pour la saga FF ?
Milking.
Ah ? Vous en préférez deux ?
Cosplays. Déprimants.
Franck Extanasié – Art Of Gaming.fr
Je différencie 2 sortes de FF, les avant FF7 et les après.
La 3D a changé la vision du game design qui a glissé vers quelque chose plus tendance et commercial. Fred l’a dit sur FB, les héros sont assimilés à des Emos/Tektoniks sans grande prestance ni variation.
Pour ma part, un bon Final Fantasy, c’est avant tout une impression d’aventure, de force, et d’immersion.
Il n’est pas nécessaire de s’identifier au Héros principal, mais de se sentir attaché à l’ensemble d’une équipe avec qui l’on jouera souvent pendant une grande partie du jeu. Il faut une histoire qui tienne la route sans pour autant tomber dans la critique adolescente d’une société “trop moche”, une marge de progression qui donne la sensation de devenir fort, et des Eons.
Parce qu’un Final sans Eons, c’est comme un Street Fighter sans Hadoken…
Les Eons ont toujours été une base, l’extrémité qui sauve le joueur en situation difficile. Les modifications des FF ont transformé les Eons en armes moins utiles et bien moins rocambolesques, ce qui les a transformés en armes pas toujours utiles et tendant à disparaître. Beaucoup de fans de FF ont encore le souvenir des Chevaliers de la Table Ronde, Ramu, Phoenix, ou encore les classiques Ifrit et Shiva, les modifications qui devaient les rendre plus ponctuels les ont en fait presque annihilés.
Et un FF sans Héros charismatique, ce n’est pas un FF.
Beaucoup de gens bien pensants traitent Sephiroth d’Emo Goth Androgyne, ils oublient qu’à cette époque là, les Emos n’existaient pas. Est ce FF qui a amplifié le mouvement Emo ou l’invers, c’est une autre question sur laquelle il faudrait se pencher…
Aujourd’hui, les Héros de FF me font penser à des Vivel Dop/Tokyo Hôtel au look interlope. FFXII possédait son charme mais a été bâclé sur bien des points, un pseudo MMO râté qui méritait mieux qu’une exploitation fermée. Le système de combat était une bonne idée, j’ai apprécié beaucoup de ses aspect, mais le système général des Eons et des Furies m’a laissé un goût d’inachevé.
Je pourrais écrire encore mille pages de blabla, mais je vais arrêter là mon discours :
Un bon FF, c’est un système de combat efficace, une histoire solide mais épique, et un design qui sort enfin de la sacrosainte rengaine “ça marche, c’est tendance, on fonce”. En gros, un mix de FF 2, 6 et 7 en HD.
Kendy – Gameblog.fr
Je déteste en général les FF car ça synthétise furieusement tout ce que je déteste dans un jeu : un character design ultra-kitsch, une fausse intrigue lacrymale nippone interlope et immature, des mécaniques de jeu trop apparentes. De plus, ce genre de soft engendre des légions de joueurs chiffes-molles. Ah ah ah ah ! Ma définition d’un bon FF est donc un FF mort. Enfin, je crois…
John Taskovich – Gaming-cast.tv
Final Fantasy WTF ?
Tout d’abord il est bon de revenir sur mon histoire avec cette série que j’ai découverte en 1997 avec le septième épisode et non les six premiers, bien que j’aurai pu, mais l’import à cette époque de ma vie c’était hors prix et difficile à concevoir (compatibilité matériel et convertisseurs ou adapteurs). Final Fantasy le nom est évocateur d’un univers et d’une histoire fantastique, d’une aventure ultime. D’ailleurs comme beaucoup au moment de l’arrivée de cet épisode, je pensais que c’était le dernier de la saga d’où le mot Final. Ce que j’ai découvert dans ce septième épisode c’est un monde unique, un univers que l’on ne connaissait pas dans un le genre du « RPG japonais* ».
Pour la première fois (hormis peut être quelques passage de Chrono Trigger) on était transposé dans une aventure où l’histoire prenait forme dans un monde intemporelle de cyber technologie. Exit l’aspect héroïque fantaisie moyenâgeux des autres titres de la saga ou de la concurrence. Si encore dans Final Fantasy VII le monde gardait un style artistique conservateur et réaliste à un futur proche de notre civilisation, qui s’effaçait vers la fin de l’aventure, les épisodes suivant sont parties dans un délire hors du commun, laissant aucune limite à l’imagination des artistes travaillant sur le jeu. Que cela soit au niveau de l’univers, de la musique ou du scénario. Le gameplay étant resté assez similaire jusqu’au X.
Jouez à un Final Fantasy c’est pour moi et avant tout, un monde, un spectacle visuel et un scénario rocambolesque. Le tout mis en scène comme une véritable pièce de théâtre n’hésitant pas à aller par moment à l’exagération, mais avec cette force de rester cohérant. La fantaisie, un background riche et une histoire passionnante. Une succession de cinématiques de qualité et remplie de féérie moderne. Ce n’est pas forcement le gamplay, qui est resté basique pendant longtemps. Je retiens les bonnes idées qui ont parsemé la série, les limites de FFVII, les combats pour maitriser les invocations de FFVIII, l’ATB de FFIX, le tour par tour prolongé et le système d’évolution par les sphères de FFX, le côté action / aventure de FFX-2, les combats façon MMORPG de FFXII.
*Final Fantasy n’a jamais été pour moi un RPG tout comme les autres jeux japonais qui prétendent à ce titre, je les appels gentiment « RPG japonais », mais ce ne sont ni plus ni moins des jeux d’action et d’aventure, comportant un gameplay basé sur l’évolution de son personnage, ainsi que son équipe. Alors si aujourd’hui on me dit que Final Fantasy XIII, ne se voit pas être comme ce que l’on a souvent appelé à tort un RPG, même japonais, cela ne me dérange aucunement. Peut être que je regretterai les villes et villages où je pouvais glaner des informations complètement dessués d’intérêt pour le reste de l’aventure, mais où leurs présences apportaient quelques choses au background de l’univers et surtout à mon imagination, hors aventure, de ce que pouvait être la vie de ce monde.
La linéarité de ce dernier est pour moi une fausse remarque, tous les Final Fantasy sont linéaires et le fait d’avoir une map monde ouverte ne nous permet que d’aller où bon nous semble, mais pas de faire l’aventure différemment qu’un autre joueur. The Elders Scrolls, FallOut ou encore Mass Effect sont des RPG, au vrai sens du terme, ouvert où l’on peut évoluer dans le jeu selon nos propre désirs. Mais Final Fantasy comme de bons nombres autres « RPG japonais » ne nous donne qu’une illusion et hormis quelques zones secrètes à découvrir par soi-même et sans obligation d’y passer, comme le Golden Saucer ou le Fort Condor de FFVII, le reste de l’aventure reste scénarisé et scripté. Pour rester dans l’exemple de FFVII, le flash back à Nibelhem, n’aura lieu que si l’incident du réacteur Mako se produit, se dernier ne se déclenchera que si on passe par la Costa Del Sol, où là encore on ne pourra y arriver qu’en embarcation maritimes, que l’on obtient via une quête qui se débloque uniquement en passant par un autre point et tout ceci depuis que l’on est sorti de Midgar. A aucun moment lors de la sortie de capitale, il est possible au joueur de se rendre directement à Nibelhem. Ce schéma pour FFVII, existe dans FFVIII, FFIX et dans tous les FF du premier au sixième, mais de manière maquillée. Seul FFX, FFX-2 et maintenant FFXIII joue franc jeu, mais ce n’est pas nouveau, les seuls véritable Final Fantasy à être libre de déplacement reste FF XI, XII et prochainement le XV.
Final Fantasy pour moi ce n’est pas un RPG, c’est une aventure vidéo ludique qui nous fait voyager dans l’imaginaire sans limite de ses développeurs, n’ayant pas peur d’aller jusqu’à l’excès, laissant libre à court à leur créativité débordante, tels un artiste. Ces œuvres sont plus proches pour moi, d’une œuvre d’art que le reste du jeu vidéo. Cette saga, est l’exaltation de l’imagination de l’homme, l’excentricité d’une folie des grandeurs sans limite, sans concession, vers l’infinie et au delà… En une phrase je dirais que quel que ce soit son époque imaginaire, Final Fantasy est un conte fantastique moderne.
Jibé Ze Player – Rédacteur en chef du site ZePlayer.com
Avant tout, Final Fantasy représentait un monde onirique basé sur le médiéval fantastique, où les machines peuvent avoir un rôle, sans jamais tutoyer une technologie trop avancée. Final Fantasy c’est aussi la magie, et pas uniquement par invocation, mais bien par un background d’une grande richesse, empreint de mysticisme. Enfin Final Fantasy ce sont les sentiments des personnages, leurs leitmotivs, leurs particularités, leurs différences. Où le mot héros prend alors toute son importance. Final Fantasy est une fresque qui se construit au fur et à mesure, qui part de rien pour se conclure magistralement.
Georges « Jay » Grouard – Ancien Rédacteur en Chef de Gameplay RPG et Background – Rédacteur en Chef du site Gameweb.fr
Un jour Yoichi Wada, président de Square Enix a déclaré : « Final Fantasy n’est pas une série de RPG mais un genre». Si la phrase peut paraître présomptueuse, elle est tout à fait légitime ; du moins à mes yeux.
Car c’est exactement ce que je pense. Final Fantasy est ce qui se fait de mieux dans le jeu vidéo et m’offre à chaque fois (j’exclus volontairement le XI et le XII) un voyage spirituel, de la passion, des moments inoubliables, des combats homériques, des personnages magnifiques ; des frissons, du rêve… en un mot de l’émotion.
La plupart des épisodes sont toujours précurseurs d’une nouvelle génération de jeux vidéo tant pour leur démonstration technique (la concurrence est toujours balayée d’un simple revers de la main) que pour leurs exceptionnels systèmes de jeu. Simples, accessibles mais néanmoins techniques ; riches également. Des idées de génie comme les « invocations », les « coups spéciaux », les différents « jobs ». Généralement, un système de construction des personnages réussis et passionnants, qui demande souvent beaucoup d’investissement de la part du joueur.
Chaque nouvel épisode a misé sur un système de combat novateur, repoussant sans cesse les limites de l’imagination et de l’efficacité. Dépositaire de la marque ATB mais aussi d’idées totalement géniales telles qu’impliquer des dieux dans la constitution des héros (FFVIII), la possibilité de changer de personnages à tout moment (FFX) ou bien de combinaisons de rôles (FFIII, FFV, FFXIII).
Final Fantasy c’est aussi et avant tout un nouvel univers à chaque itération, s’appuyant généralement sur une direction artistique riche, fouillée et un énorme background, constitué de références mythologiques, religieuses, spirituelles… mais s’inspirant également de l’Histoire et des plus grandes histoires.
D’ailleurs, Final Fantasy n’a jamais caché son admiration et sa filiation avec la saga Star Wars de George Lucas, sans doute le plus grand créateur d’univers de l’Histoire. A la fois dans ses propositions musicales, dans sa trame voire ses thématiques. Final Fantasy est véritablement au jeu vidéo ce que Star Wars est au cinéma : un produit éternel qui marque de façon indélébile toutes les générations qu’elle touche ; générateur de milliers de fans à travers le monde, quelque soit leurs origines, leurs niveaux sociaux ou encore leur histoire. J’irais même plus loin : d’une sorte de communion d’esprit.
A cela, une raison très simple : Final Fantasy est une série universelle. Profondément orientale dans sa manière de raconter des histoires mais s’appuyant toujours sur la culture occidentale avec le talent de rendre accessibles et souvent de façon très subtile des mythes complexes ou philosophiques ; Oui, il s’agit de l’une des séries les plus universelles de l’histoire du jeu vidéo ; aux côtés de la plupart des grandes saga Nintendo (Mario, Zelda en tête).
Si l’on entre un peu plus dans les détails, Final Fantasy, c’est aussi des équipes, des programmeurs de talent, des directeurs artistiques, des compositeurs, des designers de génie. Mais aussi… la vision de deux hommes. Hironobu Sakaguchi et Yoshinori Kitase. L’un voulait être écrivain, l’autre réalisateur. L’un s’obligeait à des trésors d’ingéniosité pour masquer les carences techniques des machines qui accueillaient ses œuvres ; l’autre use et abuse de la technique (scènes vidéo spectaculaires, mises en scène élaborées) avec un résultat, dépassant à chaque fois le cinéma d’animation lui-même.
Deux visions différentes. Deux époques. Mais l’histoire de Final Fantasy s’est écrite précisément à travers/grâce à ces deux visions : une première existence jusqu’au VI ; une renaissance ou plutôt une seconde naissance avec le VII. Ce sont eux – et leurs fans – qui ont fait de Final Fantasy une « série à part », un « genre » comme le dit Wada.
C’est pour toutes ces raisons que je ne peux tolérer ce que certains écrivent à propos de FFXIII : Final Fantasy XIII n’est pas un bon Final Fantasy. Pourquoi ? Car il en est la définition-même : profondément ancré dans son époque, d’une beauté insolente, disposant de systèmes de jeu parfaits, d’une histoire solide et riche en symbolisme, d’un casting extraordinaire et d’une narration révolutionnaire. Et puis, il s’agit de l’apogée de la vision de Kitase, le retour d’un vrai savoir faire japonais, un jeu honnête et sincère fait avec amour et passion.
Enfin et c’est peut être le principal, l’œuvre la plus universelle depuis FF X, la plus envoûtante depuis le IX et la plus bouleversante depuis le VIII.
Nous remercions grandement, chaudement et sincèrement l’ensemble des journalistes qui ont bien voulu jouer le jeu.














