A Console Syndrome, le meuporg ce n’est pas notre truc. On est du genre éclectique, mais il faut savoir choisir. Tous les FPS, les TPS, les RPG et les STR ne peuvent passer entre nos doigts experts sans que n’en patissent les univers persistants. Heureusement, nos lecteurs, qui sont beaux et intelligents par raison d’état, eux, s’osent parfois à s’aventurer dans les sentiers boueux de la spécialisation. C’est ainsi que Rejuki, qui brilla dans cette video, reçu une clé pour Star Wars The Old Republic. Bonne pâte comme on en fait plus, un soir de dégustation de Leffe 9°, il me fit part de ses notes et de ses impressions. Ni une ni deux, et après 6 heures de Cat Mario, voila-t’il-pas qu’on ose parler de Luke et de Chewie au pays des Siths. Ci-suivent ses fulgurances originales agrémentés de mes explications éthyliques, dans l’ordre subjectif de ses propres expériences durant la Beta.
« Choix de la faction au début, mais on peut varier du cote obscur ou lumineux quelle que soit la faction. Communauté qui joue le jeu a fond et laisse sa personnalité de coté pour pousser sa classe au bout du bout. Les joueurs comme moi qui n’en ont rien à foutre et font ce qui leur semble bien verront un scenario plus customisé et ca c’est cool. ». Comme dans de nombreux MMORPG, le choix de faction au début du jeu n’influence que peu l’expérience finale, puisque la personnalité du personnage se forge en fonction de ses actions au cours du jeu plutôt qu’un choix définitif en début de partie. Oui, Jar Jar Binks peut arriver à stranguler des Ewoks en se marrant.
« Le multi trouve ses limites, chacun a sa propre histoire, si on décide de faire un truc en groupe, c’est en dehors du scenario, limite de fonctionnement évidente, que l’on ne trouve pas sur un jeu solo comme Dragon Age, Witcher, Elder Scrolls…». Au final, le joueur n’a que très peu d’influence sur le monde. Seul, ou même en guilde, impossible de renverser des trônes ou de changer radicalement l’univers. L’étoile de la mort ne sera jamais créée par des Tatooiniens zélés même s’ils mettent du cœur à l’ouvrage (voire du cœur d’Ewok). Cela dit, cette critique est applicable à tous les Meuporg, l’univers doit pouvoir fournir la même expérience à tous les joueurs, d’autant plus dans un univers où le scenario n’admet aucune incartade au risque d’infarcturiser les intégristes.
« Coté multijoueur jouissif au possible, rencontrer des gens avant d’entamer une mission, cooperation, partage des gains, rencontres, discussions etc.». Encore une fois, le néophyte du Meuporg exprime sa joie face à un élan collectif forcé, l’essence même du jeu étant de partager son expérience narrative subsidiaire avec d’autres pour dire que, bordel, c’était de la balle cette quête secondaire à mettre des piles dans des générateurs de trucs. Ou, comme le dirait Rejuki, un élan c’est vachement sec (Ndlr : ?).
« Histoire qui s’organise sur une série de “centres de mission” Capitale de la planète, commerces etc, puis quartiers ou il y a une mission du scenario qui s’accompagne de missions optionnelles. Aider les gens tout le temps, trop relou. Peut être inéluctable sur un jeu qui se doit de tenir sur la durée ». Par là, Rejuki exprime son désaveu face à une évolution constante de la requête à la bienfaisance du protagoniste. En gros, t’as beau être un seigneur du mal qui fait fuir les étourneaux sur son passage, t’auras toujours une mère Michèle pour te demander d’aller chercher son chat. Ou pire, un Besancenot miniature demandant d’aller porter missive sur missives à de pauvres cocos paumés aux quatre coins de Coruscant. Un sabre cramoisi ne dispense pas de B.A. !
« Scenario évolutif selon ses choix. Niais au possible, prévisible comme pas deux. Rien d’exceptionnel, j’ai eu beau me préoccuper de l’histoire, au bout de 50 heures tout se ressemble. Mais possible de se taper des aliens, et ça c’est cool. Pas de distinction sexe/sentiments, interdit pour les jedi, c’est débile. » Bon, euh là c’est limpide. On sent la frustration xenopile du tordu de la partie basse (NdRejuki : zboub). Si j’essaye de traduire pour ceux d’entre vous qui n’ont jamais eu à supporter la camisole, il fait mention à ce choix d’abstinence imposé aux Jedi pour ne pas tomber dans le côté obscur. Et oui, même avec capote, le chevalier de la lumière ne peut pas jouer à zizi panpan avec sa meilleure copine sous peine de se voir faner l’émeraude de son Opinel laser. (Ou sucer la bite d’un copain et ne pas le regretter, dixit Rejuki).
« Phases spatiales insipides, à mille lieues d’un rogue squadron ». Il est vrai que ces phases spatiales étaient sensées apporter un vrai plus à The Old Republic, malheureusement à l’usage elles s’avèrent pas plus intéressantes qu’un vulgaire rail shooting (ou une pelote de laine morte, toujours dixit Rejuki). Impressionnantes visuellement, leur gameplay ne dit verge pas plus qu’un banal Call Of Duty en mode « Tiens, une MG48 fixe pile en face d’un bunker allemand d’où s’échappe des dizaines d’adorateurs zélés du moustachu à la raie. »
« Notion d’amusement -> Provoquer en duel. Les gens ne répondent pas car “g pa le tem” ou “sa ser a ri1″ Pourtant coté le plus ludique. Ils veulent se branler et rien d’autre». Si le jeu propose un vrai mode PVP, en PVE les joueurs peuvent se lancer des défis sans pénalités ou récompenses. Ces défis ne sont là que pour flatter l’égo du joueur vainqueur, ou enrager le perdant. Par cette même note, Rejuki démontre le niveau de syntaxe moyen d’un joueur de The Old Republic francophone (ou d’un rédacteur de Console Syndrome avant correction). Enfin, on peut noter que les nombreux joueurs qu’il a défié étaient plus intéressés par l’XP que par la déconne pure et dure, et que sur 200 challenges proposés, seuls 5 ont osé croiser le laser.
« Equilibre relatif des classes, certaines ne servent à rien en solo (gardien) mais se révèlent foutrement utile lorsqu’il y a combinaison. Le partenaire qui s’adapte à votre classe va dans ce sens en vous permettant de l’exploiter même seul ». Le MMORPG, y’a pas à dire, mais a se joue à plusieurs. En solo, le jeu se résume à se trimballer trois compagnons vaguement réactifs qui ne servent que de faire valoir. L’IA n’est là que pour simuler des amis aussi charismatiques que ceux que vous inflige Facebook (qui a dit inconsistants ?). Sans amis pour jouer, c’est aussi fun qu’une bataille corse en solitaire.
« Déplacements incroyablement lents sur des planètes immenses, on s’améliore au fur et a mesure, sprint puis vaisseaux, mais on dirait que cette lenteur est faite pour que le joueur qui débloque des trucs pour aller plus vite soit satisfait -> Idée de la branlette une fois de plus ». La fausse récompense. Frustré par le mollusque qui vous sert d’avatar ? Au niveau 20 cet invertébré jedisé apprend à fouler Endor 20% plus vite. Youhou, ça permet de, euh, ben, aller plus vite quoi, enfin à pied là où on fait du shopping, sur Coruscant quoi… Bon ok c’est vrai que les gros environnements de Mmorpg à petit niveau, sans monture, ça reste de la torture…
« Montée de niveau, la giclette qui fait que l’on veut continuer. Pareil pour débloquer un objet de quête, un titre. Seule motivation du joueur bovin ». C’est pas clair peut-être ? Le Taylorisme expliqué aux grassouillets, le fordisme pour les bigleux, la quête de l’employé du mois pour l’ingénieur informaticien, bref la carotte pour l’élan. On sent que le plaisir n’a pas été la seule source de motivation dans la persévérance de Rejuki pour la maitrise virtuelle du sabre laser. A croire que l’on joue pour un numéro et point pour de la jouissance…
« Graphismes guerre des clones, identité du jeu car réalisme devient vite désuet, dans l’ensemble bien mais dessert largement le fan de la première heure que je suis ». Là-dessus, Rejuki a compris qu’un rendu photo-réaliste rendrait le jeu relou au bout de quelques années (le jeu sortant en 2011 , ce rendu prétendument réaliste deviendrait ridicule en 2015, comme l’a bien intégré World of Warcraft). L’approche cartoon permet donc de réaliser un univers Star Wars crédible et intemporel. Cependant, le fan de George Lucas de la première heure, celui-là même qui achète de « vrais » sabres lasers en plastique, peut se sentir trahi par l’aspect général. En plus y’a pas Natalie Portman.
« Architecture ridicule, là où la cité des nuages proposait une expérience relativement novatrice, ici on assiste à des copier coller des planètes des épisodes 1 2 et 3 sans aucune réflexion derrière, alors que ce sont les moins réussies. Exemple de Coruscant -> Pathétique». Nota Bene => Rejuki est un apprenti architecte. C’est dire si l’agencement des caillasses revêt pour lui une importance capitale. Sois donc avisé, level designer des mes poils, qu’il veille au grain. Coruscant dans le jeu ne reste qu’un vulgaire plagiat de la représentation des films, aucune imagination, aucune anticipation en ce qui concerne un aspect crédible de la planète des Jedi. Quel intérêt a-t-on alors à l’arpenter ? Si ce n’est pour remplir les innombrables quêtes Fedex…
« 15 euros par mois. Je préfère me mettre à fumer ou acheter rock of ages, limbo, orcs must die, outland, from dust, machinarium… ». Mis à part que la drogue, c’est mal, il est vrai que l’abonnement mensuel dédié aux MMOs de tous poils reste un investissement. Alors quand un fan de Star Wars vous annonce que le jeu tiré de sa licence préféré vaut moins qu’un bout mensuel de paradis artificiel, il y a fort à croire que l’investissement n’en vaut pas la peine. Et il est pas con ce mec, il a même un exemplaire de Download !
Toutes ces expériences sont bien sur extrêmement subjectives et basées sur la béta, mais il n’empêche que ce jeu adressé aux fans a réussi à démotiver un hardcore de la première heure. Reste à avoir l’avis de quelqu’un aimant fondamentalement les mécaniques MMORPG, ce qui n’est pas le cas ici.
Rejuki & Cartapouille




