Quand j’étais petit, que je lisais la prose (sans savoir que ça en était) de journalistes de jeux vidéo, je me demandais qui se cachait derrière ces pseudos ridicules, et comment ils pouvaient penser à toutes les tournures de phrases, tous les détails dans leurs articles, etc. Bref je me questionnais déjà sur ce que j’aspirerais bientôt à devenir.
Et plutôt que de vous dévoiler ici des photos peu ragoutantes de moi, trop circulent déjà, je vais m’employer à vous expliquer comment sont rédigés la plupart des articles de ce site. Car après tout, nous sommes des hommes comme des autres, en moins bien payés, certes, mais tout de même on a des bras et un pancréas.
Alors Portal 2. D’abord j’ai eu du mal à définir par quel bout je devais commencer à prendre le sujet. Dans le doute, j’ai rejoué. La scène de fin dans un premier temps, puis le début, à nouveau. Maintenant que j’ai le jeu en tête, j’en profite pour noter quelques éléments qui me semblent primordiaux sur Word, en en-tête. Ensuite, je parcours des forums, des vidéos, des tests, des interviews, etc. Bref tout ce qui pourrait m’être utile pour étayer le test. Généralement je mets en fond sonore du Desproges pendant cette phase, car ça me donne toujours envie d’écrire.

Une fois que j’ai bien repompé des idées à droite à gauche, je fais un copier-coller d’un site Vietnamien, Hội chứng Console, en passant par Google Traduction. Blague à part, j’ai souvent du mal à commencer un article. Refusant de réutiliser une autre de mes intros, je m’échine à trouver un angle d’attaque facile à accrocher par mes logorrhées virtuelles. Cette fois-ci, j’ai opté pour la carte de l’honnêteté, tout en ayant hésité à commencer par une apologie de Valve, sa vie son œuvre.
Et là, une fois l’angle trouvé, je me laisse emporter par mon écriture, sans jamais m’arrêter avant la fin de l’article. Bien sûr, comme toute performance sportive, il faut nourrir la bête en caleçon pour qu’il tienne l’étape. Personnellement je me suis servi un grand verre de Kwak, bière belge qui se boit dans un verre spécial et assez forte, tout en m’allumant un cigarillo Bogart, qui me tiendra en haleine une bonne partie de l’écriture. En fond sonore, les Cream entonneront leurs plus grands hits tout au long de la rédaction. Suffisamment calme pour que je n’y prête pas attention, mais assez psychédélique pour que je puisse rêvasser.

D’ailleurs en lisant l’article, on peut deviner les différents stades de l’écriture: une intro riche en propos inutiles et racoleurs, car j’ai de l’inspiration sur la connerie et pas grand-chose à dire sans spoiler la suite du test, de plus je suis exalté par les effluves de mon Puro et les premières goulées d’ambre pétillant. Ensuite je deviens plus formel, car mon hémisphère gauche n’a pas encore été trop atteint par la Kwak. Du coup le test est plus pragmatique, aborde des thèmes importants et se veut plus descriptif. Vers le milieu tout fout le camp, j’en ai assez d’être si sérieux et sors une bonne grosse connerie, une de celles que je retiens depuis le début, car mon Gauche est toujours au pouvoir. Le Droit aux commandes, la suite de l’article se veut moins réaliste et informative, et un peu plus divertissant, étant alors à ce stade moi-même foncièrement diverti. Ah, et mon cigare s’éteint deux chapitres avant la fin, c’est râlant.

Du coup je me dis qu’il est temps de finir, alors je finis la Kwak d’un trait. Et par la même, je suis lancé, alors achève la rédaction. Le tonnerre gronde au-dehors, la pénombre s’est faite dans mon petit kot, et mon clavier n’est plus alors illuminé que par la lampe de bureau. Elle laisse autour de celui-ci une lueur si ronde qu’elle en est théâtrale, avec dans l’air cette odeur de tabacs refroidissant, mêlée à cette odeur si particulière de l’orage, l’atmosphère étouffante de ce mois de mai qui n’en finit plus de se déguiser en août. Les Cream se font à présent plus présents, et je vis les riffs de Rollin’ and Tumblin’ comme une ode au travail accomplit, dans cette ambiance proche du film noir, où un écrivaillon écrit des horreurs dans la pénombre en attendant un succès fictif, avant qu’un tueur implacable ne vienne l’étouffer dans son sommeil, en contrastes de gris s’il-vous plait.
Je dois avouer que je ne relis jamais, et ne repasse jamais sur article que je viens d’écrire. J’en suis incapable, sinon je suis trop tenté de tout effacer et de tout réécrire. Alors je passe un coup d’Antidote HD, publie mon texte sur le forum de travail de l’équipe en attendant que l’un ou l’autre (enfin souvent Memento, le Maitre Capello du blog) corrige les énormes bourdes que je laisse toujours traîner. Ensuite Coucou définit d’une date, et le test sera publié.
Voila, voila l’ambiance de ce test, et pour mon post dans le Blog!




Pingback: Portal 2
Pingback: Sur le blog de CS #2