Battlefield 3 VS Modern Warfare 3 : Solo clash

Quand deux poids lourds se mettent sur la trogne avant noël, ça donne envie de les comparer. NOUVEAU: grille d'analyse inside !

Les quelques lecteurs qui nous font l’honneur de lire nos articles depuis un bail l’auront remarqué, chaque rédacteur a sa spécialisation. Memento est touche-à-tout, avec une petite préférence pour l’indé. Mololo se complait dans les titres nippons avec un tel acharnement qu’elle est surement d’accointance avec le service de recrutement mondial des Japs, quoique je ne sois pas sûr de l’existence de ce groupuscule. Enfin, les siamois Medcou, ou Coumed en verlan, aiment l’action, l’aventure, le RPG, le tir, du moment que ça se passe un pad en main. Ne leur demandez jamais de quitter l’écran plat du salon, l’une des deux têtes pensantes ne sait même pas brancher un micro pour tâter du Mumble (non je ne cafterais pas, ce serait méchant pour le plus australien des deux). Quant à mézigue, je fais la nique à mon pacifisme insensé, qui m’empêche toute cruauté envers les mouches, en me rassasiant de tous les shooters violents de la planète. Comme le bonze bicolore tondu qui sourit sadiquement sur un GTA avant de patienter trois plombes en tailleur là-haut dans sa montagne, je m’échine à distribuer le plomb virtuellement pour passer pour un être calme et pondéré dans mes liens sociaux. Et imaginez la joie de mon inner-Rambo à l’annonce de Battlefield 3 et de Call Of Duty Modern Warfare 3…

Deux mastodontes s’entrechoquent donc en cette fin d’année. L’un suit un rythme de production régulier, et explose régulièrement les records de vente, l’autre est un outsider rompu à l’exercice qui arrive dans une toute nouvelle mouture ambitieuse. Les deux concurrents boxent dans la même catégorie, à savoir le FPS popcorn ultra-scripté. Le genre impose deux évidences : le solo est court, et le multi est là pour justifier l’achat par sa fulgurance et sa longévité. Battlefield a connu de nombreux opus, et est reconnu pour la qualité de son multi. Le solo n’est arrivé que tard dans la série, il y a deux épisodes exactement. Call of Duty, c’est l’inverse. Le solo est là depuis le début, a toujours constitué une référence, mais le multi n’est arrivé que tard. Traitant donc du solo aujourd’hui dans ce comparatif, on peut légitimement penser que Call Of part avec une longueur d’avance, tout familier qu’il est avec la discipline.

Pour en juger en notre âme et conscience, essayons d’agir de manière scientifique. V’là-t-il pas qu’un article de CS va proposer une GRILLE D’ANALYSE ! C’est si fou que je me pince, et je me lance. Jugeons-les sur l’autel du Scénario, de la technique, du gameplay, du rythme et enfin, le plus important de tous, ce qui fait notre marque de fabrique, le ressenti du joueur, où l’on foule aux pieds l’objectivité pour se vautrer avec délectation dans la subjectivité la plus totale.



Scénario 


Les deux jeux proposent un véritable scénario. Je ne jugerais jamais le joueur qui n’en a cure, car je fais de même généralement, mais cette fois-ci j’ai essayé de suivre. Ce qu’il est amusant de constater, c’est que les deux vous mettent au contrôle de différents protagonistes. C’est expliqué chez Battlefield par le fait que vous êtes un soldat arrêté par la hiérarchie, et soumis à un interrogatoire. En citant les actions de certaines personnes, vous les vivez. Cohérence cohérence. La cohérence chez Call of, on s’en chatouille la pantoufle. Si l’on change de persos régulièrement, c’est parce que c’est comme ça. Et après tout c’est tout aussi bien.

Dans Battlefield, le but est de mettre la main sur un arsenal nucléaire prêt à péter dans les capitales mondiales. Dans Call of, vous pourchassez un gros vilain nommé Makarov, qui vous nargue déjà par sa vilénie depuis quelques épisodes. La franchise a créé donc une histoire plus dense depuis 3 opus, aussi il vaut mieux avoir parcouru les volets précédents pour en saisir toutes les « subtilités ». Perso je m’y suis perdu, et mis à part le charimatico-rouflaquette Price, je ne me souvenais de personne. Plus confus donc que dans BF, le scenar’ est plus anecdotique. Et au final j’avoue avoir pris plus de plaisir à suivre l’histoire du FPS de Dice, plus simple et avec un petit air de 24h Chrono pas dégueu. Par contre la fin de battlefield est pathétique, tombe comme un cheveu sur la soupe froide, alors que celle proposée par Infinity Ward est jouissive à souhait, et diablement bien mise en scène.

Technique


Bon, là c’est simple, Battlefield écrase Modern Warfare littéralement. Tout est mieux dans le premier. Les textures, les effets, les décors, etc. Ajouté à cela les animations criantes de réalisme, fluides, crédibles. La modélisation globale ne souffre même pas la comparaison. Le moteur flambant neuf de Battlefield met à mal son concurrent d’Infinity Ward, qui accuse son grand âge.

La différence est encore plus flagrante par l’absence de moteur physique digne de ce nom dans Call Of. Mis à part trois bouteilles vides, rien de vole réellement à chaque explosion. BF c’est la foire aux débris, magnifiés par les décors partiellement destructibles. Les ennemis aussi souffrent la comparaison. Pour avoir fait Battlefield avant son rival, les soldats de ce dernier ressemblent presque à des sprites 2D. Ils arrivent par centaines, et tombent selon des animations précalculées, parfois même exactement de la même manière en même temps ! Cela ressemble plus à du tir au pigeon qu’à de véritables combats. Visuellement, tout est très très en deçà. Battlefield d’ailleurs devient actuellement le plus beau jeu existant, au coude à coude avec Crysis 2 et son patch DX 11. Difficile de départager les deux.

Enfin la claque absolue de Battlefield est sa qualité sonore, régulièrement mise en avant dans le marketing de Dice. C’est simple, on comprend enfin à quoi sert son kit 5.1. La spatialisation est ahurissante, on repère instinctivement les sources sonores, les détails fusionnent de partout (la pluie est saisissante, l’ambiance de la forêt avec ses oiseaux et autres bruissements végétaux nous fait ressortir le coton-tige pour se lustrer les esgourdes) et chaque son est joué en fonction de son emplacement géographique. Même les musiques se payent le luxe d’être classe (avec le superbe thème originel de BF 1942 remixé). Quand on passe à Call Of, on a l’impression que le mixage de la VF n’a tout simplement pas été fait, on entend à peine les voix dans les explosions, que l’ingé son a oublié que les basses, ça existe, et que toutes les armes sonnent plus ou moins pareil.

Mention spéciale tout de même à Modern Warfare 3, qui propose des niveaux un peu plus ouverts que BF, avec un très grand niveau de détails dans les environnements. On sent que tout a été créé par de grandes équipes, prêtes à modéliser des rouleaux de prières tibétains dans le seul but de crédibiliser l’ensemble d’un décor. Chapeau bas pour le professionnalisme. M’enfin, au niveau technique, Battlefield joue le maestro, et Call Of s’autorise le minimum syndical.

Gameplay


Cœur de notre média favori, le gameplay est ce qui distingue un jeu d’un film. Et là Dice a beaucoup à apprendre. L’aventure est belle, somptueuse même, mais manque cruellement d’interactivité. Ainsi on passe son temps à regarder, à écouter, ou à appuyer sur les touches indiquées par les QTE. Trop de QTE décidément, notre avatar exécute des mouvements dingues, mais on ne peut que faire semblant d’aider en pressant rapidement la barre d’espace. C’est frustrant et ridicule, un gameplay digne d’un bonus de DVD.

Pour Call Of, on sent que l’expertise est là. Passé la première mission, qui est une atrocité reprenant tous les défauts d’un FPS couloir sans subtilité, Infinity Ward ressort tous les classiques. D’ailleurs la grande différence entre les deux jeux est que Call Of ose créer des séquences de gameplay extrêmement courtes, parfois moins de 5 secondes, dans le seul but d’aérer un peu la jouabilité. Difficile donc de s’ennuyer, les séquences différentes s’enchainent rapidement et proposent à chaque fois une maniabilité différente et instinctive, immédiatement fun. Pas de QTE, ou presque, et toujours cette impression de vivre l’action, là où BF nous la fait subir. Curieusement, on ne s’ennuie que lors des phases classiques de jeu, où l’on se déplace de couverture en couverture pour abattre des sprites 2D aussi réactives que Coucou allongé sur le tapis de mon salon un chapeau de Cow-Boy sur les yeux.

Concernant le gameplay pur, à pied, Battlefield s’en sort quand même mieux. Déjà les ennemis donnent envie d’être abattus, plus consistants que dans Call Of, mais le feeling des armes est plus agréables. Surtout le déplacement est bien plus crédible, avec une fluidité des mouvements fabuleuse, héritage de Mirror’s Edge, où l’on ressent son poids et son empâtement. Dans Call Of, on a un peu l’impression d’être une simple caméra avec un flingue, pas un corps. Moins fluide, armes avec moins de patate, un moins général. Mais encore une fois compensé par une plus grande diversité.

Rythme/ Mise en scène

Encore une fois, Call Of se distingue par sa grande expérience. Les missions sont très courtes, mais très nerveuses. Elles ont toutes leurs particularités, les théâtres d’opérations traversés sont très différents, et les scripts tout simplement ahurissants. Battlefield a un rythme plus lent, bien involontaire je pense, et des scripts un peu moins grandiloquents. Plus classique, plus militaire dans son approche, le titre parait timide comparé à son concurrent. Il reste de bonnes séquences, mais elles ne valent rien face à ce que propose son pote le Clinquant. Même si l’on s’en doute, certaines séquences vous obligeront à lâcher un petit « ah putain quand même », ou un « ahah les cons », suivant votre préférence en matière de grossièreté. Et dans ces moments-là, on en oublie même la technique aux fraises.

Un énorme malus cependant : les phases d’infiltrations. Elles n’ont plus aucun intérêt. Le script est ici poussé à son paroxysme, rien n’est autorisé dans ces longues séquences où vous passerez la majeure partie du temps à attendre ou à ramper face contre terre. Tout le sel viendrait du fait d’avoir peur de se faire repérer, mais on sait pertinemment que l’on ne risque rien si on reste derrière le PNJ qui nous précède. Donc, on ne regarde même plus le décor, ou les ennemis, mais juste le séant de celui qui nous ouvre la voie. Il va falloir penser à bannir ce genre de choses des FPS scriptés, elles n’ont pas plus d’intérêt qu’une cinématique vaguement interactive où l’on incarne un suppo hésitant (pas évidente à saisir celle-là, remerciez ma Chouffe et mon Kalhua-Piña Colada, ainsi que ce cerveau malade si cher à Srogneugneu Le Pervers).

Alors on s’amuse ou pas ?

Oui et non, dans les deux cas. Partie difficile s’il en est. Pour être tout à fait honnête, je dirais que Battlefield m’a procuré plus de plaisir que Call Of, et ce pour des raisons indignes du professionnel que je souhaite devenir. Premièrement, j’aime foncièrement la série des battlefield, ce qui a sûrement agi positivement dans ma vision des choses. Et le succès populaire de Call Of agace l’anticonformiste borné qui sommeille en moi, ce qui me rend plus exigeant encore. Enfin, comme on pardonne à Megan Fox ce que l’on aurait du mal à admettre de Drew Barrymore, le physique joue beaucoup dans cette histoire. Ce qui est assez logique quand on pense que ce type de jeux est censé en mettre plein la vue, et où donc la technique joue un rôle primordial.

Cela dit, je ne me suis pas autant éclaté que ça sur le solo de BF. Déjà, trop de cinématiques et de QTE pour vraiment s’amuser, ensuite un classicisme de gameplay typique d’une resucée de la concurrence. Mais les rares passages de gunfight, comme la villa ou la séquence à Paris, nous défoule l’index jusqu’au coude, et on fini, par la magie de la mémoire sélective, à ne garder que ceux-ci en tête. En sortant de là, Call Of perds énormément de poids par la technique et cette affreuse première mission. Mais le rythme effréné, les séquences too Much assumées, empêchent même de se sentir lassé. Donc on avance et on tue machinalement, avec plaisir. Seul le joueur ayant parcouru les opus précédents peut remarquer qu’il n’y a aucune amélioration, ni aucune nouveauté, et que les séquences sont toutes tirées d’aventures précédentes.

Au final, deux expériences satisfaisantes, sans plus, qui ne resteront gravées que dans mon cortex préfrontal, mais qui m’auront diverties. Cela dit, dans les deux cas, une certitude : le solo ne vaut rien sans le multi, et l’argent demandé pour cette seule expérience est loin d’être justifié.

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