J’ai toujours du mal à m’expliquer le succès populaire du premier Bioshock. Eloigné des carcans du genre FPS, il proposait une ambiance unique et subtile, un scénario maîtrisé ainsi que des gun fights plutôt mou, bref il avait tout pour être boudé par le traditionnel amateur de FPS console. Et non, le public a suivi, mais moi pas. Etrangement Rapture n’avait pas su m’amadouer, et malgré ses qualités indéniables je n’ai pris ni mon pied, ni la peine de le finir. Insulté par mes pairs, mes redacs chefs, la moitié de Toulouse ainsi que ma boulangère à la miche tendre, voici mon mea culpa vidéoludique : j’ai aimé le 2.
Piqûre de rappel : Rapture est une cité sous marine utopique fondée par Andrew Ryan dans les années 40-50. Censée abriter l’élite de la société, ne souffrant ni censure ni morale, les plus grands aurait tout loisir de se développer sans être inquiétés. Le premier Bioshock nous comptait la chute de Rapture, comment les habitants s’étaient transformés en chrosômes, junkie épris d’Adam. Cet Adam procurait des pouvoirs à ses consommateurs : les plasmides. Bref tout un univers très cohérent et crédible. La part belle était faite à l’exploration de la ville, à la découverte de ces lieux jadis merveilleux aujourd’hui ravagés, avec l’océan s’infiltrant dans les moindres failles de la cité, suintant de toute surfaces. Et la découverte de journaux audio qui servaient de lien narratif. Le deuxième épisode ne suit pas le même chemin.
Le scénario de Bioshock 2 est bien entendu moins original, la découverte des lieux n’a plus autant d’impact que précédemment et le joueur est déjà familier avec les us et coutumes de Rapture. Ainsi donc 2K games a largement boosté le dynamisme des combats, et ce de manière assez simple : vous pouvez utiliser une arme et vos plasmides en même temps. Les plasmides deviennent donc bien plus utiles et leur efficacité a encore été accru, bien qu’on retrouve les classiques (Incinération, nuée d’insectes, vortex piégé etc.). Vous pouvez toujours interagir avec les différents éléments du décors pour en accentuer les effets : une flaque d’eau ne demande qu’une décharge électrique, un tonneau explosif qu’une pichenaude télékinésique pour voler sur un groupe de chrosômes belliqueux etc. Les armes ont le bon goût d’avoir des effets réellement différents les unes des autres, ainsi qu’une certaine originalité comparé aux autres FPS. Comme dans le premier, vous pourrez upgrader vos plasmides et vos armes dans les bornes dédiées, et vous assurer de devenir une véritable machine de guerre. En cela la progression de votre personnage est particulièrement jouissive. On sent réellement la montée en puissance de Delta (votre petit nom) et d’ailleurs, si certains des combats peuvent poser problème dans la première partie du jeu, le dernier quart semble bien trop facile. Les munitions pleuvent et les armes et plasmides boostés massacrent du chrosôme au kilomètre.
2k Games a aussi eu la bonne idée de changer le mini jeu du piratage, très relou dans le premier Bioshock. Ici le piratage est bien plus rapide à effectuer et plus agréable, vous pourrez même pirater en pleine action sans être gêné. Et il vous sera très utile d’avoir quelques tourelles de votre côté pour vous frotter aux traditionnels Big Daddys, qui n’ont rien perdu de leur charme massif. On appréhende d’ailleurs toujours avant d’en énerver un, mais ils sont la seule manière de récolter la petite Sœur qui les accompagne, et de ce fait d’accéder au précieux Adam. Mais maintenant il ne suffit plus de récupérer la petite sœur, il va falloir l’escorter jusqu’aux cadavres gorgés de substance, et surtout la défendre pendant la récolte, car tel l’artiste en vogue dans les dîners de Monsieur L’ambassadeur, elle a le don d’attirer tous les parasites du coin. Ces séquences de défense auraient pû être lourdes mais sont bien gérées, notamment car la position des cadavres oblige à penser à une défense différente pour chaque cas, poser des pièges stratégiquement, déployer mini tourelles et autres mines antipersonnelles. Les chrôsomes ont d’ailleurs gagnés en cohésion, en organisation et en force, et allient attaque à moyenne et longue distance, nous forcent à prendre des risques et utilisent avantageusement les décors. Bon il en reste qui se plantent au milieu sans rien faire, mais l’effort est louable. D’ailleurs les Big Daddys sont sensés être mis à l’amende par la nouvelle venue : La Big Sister. Pendant féminin de notre encasqué favori, elle se déplace 10 fois plus vite, utilise des plasmides, et vous attaque quand vous ne vous y attendez pas. Etrangement je l’ai trouvé moins retorse que les traditionnels Big D, et chacun de ses affrontements s’est soldé assez rapidement par une victoire. Et surtout elle a moins la classe, et ça, ça joue.
Si on évoque énormément ici les combats, c’est que l’exploration a pris du plomb dans l’aile. On retrouve toujours les journaux audios, le doublage est toujours aussi bon mais l’histoire passionne moins. De plus les niveaux sont bien moins attirants et grandiloquents que ceux du premier, moins stéréotypés aussi (mis à part le parc d’attraction Ryan et ses animatroniques géants qui délivrent la vision du mentor de Rapture au travers de scénettes envoûtantes). Cependant vers la fin du jeu on aura l’occasion d’incarner brièvement une petite sœur et de voir la vie à travers son regard… une superbe séquence qui nous donne un autre aspect de la ville. Globalement le jeu nous permet quand même de mieux comprendre les tenants et aboutissants des petites sœurs et leur lien aux Big Daddys, de quoi approfondir un peu plus notre connaissance de la ville. Plusieurs fins sont possibles, en fonction de vos choix moraux au cours du jeu. Comme d’habitude vous pouvez occire ou sauver les petites sœurs, mais aussi d’autres personnages tout au long de l’aventure.
Au final cette suite de Bioshock est boosté à l’Adam pour proposer une expérience plus intense et moins contemplative. Certains pourront le déplorer, car c’est l’essence même de l’originalité du premier qui est touchée, mais pour ceux ayant trouvé le premier opus trop mou, cette nouvelle itération devrait permettre de remettre les pieds à Rapture le sourire au lèvres, et la foreuse à la main.












Refais le premier, tu l’aimeras peut-être, avec le recul !
Le premier m’avait enchanté par son univers, déçu par sa fin en particulier, et en général par… je ne sais pas, un petit quelque chose qui faisait que je trouvais la ville trop “vide”. Je sais bien qu’on ne risquait pas de trouver des foules gambader gaiement un peu partout, mais j’étais resté sur ma faim.
La tournure action de ce second volet ne m’a pas encore incité à l’acheter, mais comme d’hab, avec vos articles incitatifs, je risque de l’ajouter à mon “à faire”
@ meduz’: ouais je me suis toujours dit que je devrais le réessayer, mais un nouveau jeu retarde toujours le moment de m’y remettre. Comme Battlefield en ce moment par exemple…
@ Ketal: Tu es un peu dans mon cas, donc je te conseil grandement l’expérience Bioshock 2! Et la ville semble en effet moins “vide”, car plus exiguë aussi.
Et j’en profite pour poser ma question désormais habituelle: en durée de vie, ça va taper trop haut?
Il est dans la moyenne des FPS actuels : quelques heures à peine suffisent à en voir le bout. De plus il est très prenant, donc on avance sans s’en rendre compte, la difficulté ne rebute pas et au final on arrive vite à la fin.
D’ailleurs je conseil de s’amuser vers le milieu du jeu avec les grosses armes : vous aurez des munitions en trop tout au long de la dernière partie, et pas de combats insurmontables.
Pour ma part je reste circonspect. Ce n’est probablement pas la suite que j’avais espéré. Fait particulièrement irritant : les chrosomes repop, repop, et repop. Ça en devenait franchement dérisoire quand à peine avais-je descendu un escalier, que le remonter 2 minutes après m’obligeait à combattre à nouveau. Le pire que l’on puisse faire étant rester longtemps au même endroit. Alors voilà , le système était déjà implémenté dans le premier, mais pas à ce point. Ça, et puis voir à quel point les développeurs ont échoué à nous faire sentir être un Big Daddy, de part le fameux body awareness si bien utilisé par Mirror’s Edge, notamment. On passe dans des endroits bien trop petits, on s’accroupit sans problème et on est sans doute trop maniable. Il n’y avait guère que les chutes pour me rappeler que je portais 100 kilos de métal sur le dos. Bon jeu, fin superbe, mais relative déception : la recette a bien trop changé.
Je t’avoue que la repop ne m’a pas choquée. Tout simplement car c’est assez classique dans les FPS d’avoir toujours suffisament d’ennemis à disposition. Cela dit c’est vrai que maintenant que tu le soulignes certains passages sont assez ridicules, on se demande d’où ils sortent. Mais c’est la volonté de faire un jeu plus action. Comme je le dis plus haut, ça change du premier, et clairement beaucoup de fans peuvent être déçus à ce niveau la.
Enfin je te rejoint totalement pour le body awarness. Au début je l’ai assez bien ressenti (chute lourde, coups de foreuses extrêmement brutaux, réceptions des chutes plus lourdes etc.) mais au fur et à mesure du jeu on y fait même plus gaffe. Et se faufiler par des petits trous de souris est déroutant. Je me suis représenté l’avatar comme un série alpha assez light perso, et quand on croise un vrai Big Daddy, qui fait trembler le sol sous ses pieds, on se sent minuscule…
Je suis en train de faire le jeu moi aussi. Malgré mes réticences, je dois dire que retrouver Rapture m’a fait beaucoup plaisir. Le jeu est superbe et ne dispose d’aucun défaut technique (bug ou autre ; sur Xbox 360 du moins). L’ambiance reste incroyable, même si c’est de la redite.
Le seul truc que je peux lui reprocher, c’est l’aspect trop mécanique de la progression : nouveau niveau, Petites SÅ“urs à récupérer, cadavres à récolter, Grande SÅ“ur, niveau suivant…
Je me demande même, le mec qui tue les Petites Sœurs doit finir le jeu deux fois plus rapidement non ?
Mais il me reste encore quelques heures avant de le finir tout de même.
Sur PC pas de bugs à signaler, il tourne comme un charme. Mais graphiquement je n’irais pas jusqu’à “superbe”. Artistiquement il reste grandiose, mais techniquement ce n’est pas la folie.
Oui en fait le jeu est beaucoup plus classique que le premier : schémas classiques de progression, repop des ennemis, plus linéaire, plus FPS quoi. Mais il lui reste l’univers de Rapture en plus, et un scenar plus construit que dans un simple FPS.
Si tu tues toutes les petites sÅ“urs direct tu dois aller carrément plus vite ouais, mais tu te gâche le jeu un peu, en plus de rater pas mal d’améliorations.
Je te rejoins complètement Carta, sur PC il est correct, et c’est à peu près tout. Le moteur graphique a vieilli un chouia, l’absence d’anti aliasing se fait sentir, et en prime le jeu a conservé le problème du premier avec les résolutions en 16/9 16/10 lors de sa sortie avant d’être patché.
C’est vrai que le jeu est rendu plus linéaire, en grande partie à cause de l’Atlantic Express pour le coup, qu’on prend et qu’on quitte à chaque station desservie. Le jeu reste plus scénarisé qu’un FPS pur jus (au hasard : Crysis) mais perd un peu de son charme au passage, comme tu l’as très bien fait remarquer dans le test. A noter que ça m’a pris un peu de temps l’air de rien, au bas mot une quinzaine d’heure, si ce n’est plus.
Oui linéaire et il est en plus impossible de revenir en arrière, pour farfouiller dans les décors. Cela dit j’avais eu un peu de mal avec la map du premier, je me perdais sans cesse et ne savais jamais vraiment où aller. Ici je n’ai pas eu ce problème et tout s’enchaine facilement, trop sûrement car on avance machinalement et on perds ce besoin de farfouiller (encore qu’il demeure pas mal de passages secrets et de cachettes).
Après pour la durée de vie je n’ai pas calculé mais je pense pas avoir atteint les 10 heures… alors même que j’ai sauvé toutes les petites soeurs et écouté tous les enregistrements audios ingame. Mais je n’ai aucun moyen de vérifier donc c’est surtout du feeling.