Chapiteau ! Je risque de repasser pour le buté de service en vous parlant encore d’un jeu de baston. Mais attention pas n’importe lequel, le nouveau millésime des papas des formidables Guilty Gear : Blazblue. Dans la lignée de la saga abandonnée après ses déboires en beat them all, Arc System Works signe là un véritable successeur dans le sillion de ce qui avait fait la renommée des Guilty Gear. C’est donc armé de mon flambant neuf Madcatz Arcade Fighting Stick Tournament Edition que j’entame dans l’allégresse le test de cette petite merveille. Quelles sont les surprises, les nouveautés? N’est-ce finalement qu’une repompe foireuse des Guilty Gear ? Et face à la concurrence, ne fait-il pas pâle figure? Je vais tâcher de répondre à ces questions. Faites chauffez vos sticks.
Avant de commencer, il faut j’exprime la chance et le bonheur que j’ai enfin reçu mon collector US de Blazblue sur PS3. Même si elle est assez difficile à trouver, cette version a pour avantage de proposer en plus du jeu, deux CDs comportant l’ost magistrale du titre et surtout un Blu-ray contenant des tutoriaux, des conseils et des stratégies. Les vidéos présentées sur le disque ont été réalisées par ign.com en collaboration avec les meilleurs joueurs de BlazBlue, issus des communautés de dustloop.com et shoryuken.com. Une petite pépite qui peut se targuer d’être une bible visuelle pour les joueurs. Je conseille aux personnes n’ayant pas ces vidéos ou ne pouvant pas les lire sur la PS3 d’aller faire un tour chez les incontournables dustloop.com et shoryuken.com.
The Wheel of Fate is Turning. Rebel 1. Action !
Difficile de commencer la critique de ce soft sans faire un parallèle avec la nouvelle vague du jeu de baston 2D entre le futur KoF XII et l’incontournable Street Fighter 4. Avec les Guilty Gear, Arc System Works avait déjà réussi à s’imposer comme une valeur sûre de la baston en étant présent lors des prestigieux Tougeki. Il en va de même avec Blazblue, initialement sur arcade, qui s’est rapidement fait sa place. Faisant fi de la mésestime qu’a subit Battle Fantasia, Arksys a su reprendre les bases d’un Guilty Gear trop longtemps recyclé pour en faire la somptueuse nouvelle licence qu’est Blazblue. Graphiquement le soft est une tuerie avec son style dessin animé nippon en Full HD qui permet d’admirer la finesse des personnages très propres à l’image. On retrouve ainsi l’impression qu’avait laissé Guilty Gear X sur la Dreamcast. La mention va surtout aux décors fourmillants de détails et donnant l’impression d’assister à de véritables tableaux. Même si l’animation n’est pas du niveau d’un KoF XII, la netteté à l’écran et les effets spéciaux font grands jeux face à la concurrence. Que les détracteurs de Guilty Gear se rassurent, le jeu est moins nerveux visuellement et l’action semble beaucoup plus lisible pour les néophytes.
On reprend donc les mêmes éléments avec bien sur à la baguette le compositeur/designer Daisuke Ishiwatari ainsi que le designer Toshimichi Mori (je vous invite d’ailleurs à lire les questions très intéressantes qui leurs ont été posées lors de l’Anime Expo 2009). On retrouve donc ce design qui a fait les belles heures de Guilty Gear avec des personnages léchés et bien charismatique dans la pure tradition des animes dont Mori avoue se servir comme source d’inspiration. Nous avons douze personnages aux styles et aux allures originales que les mauvaises langues associent facilement à des clones de Guilty. Cela est a nuancer car même si le héros Ragna the Bloodedge peut faire penser à l’indécrottable Sol Badguy, celui-ci est plus gentil et moins présomptueux. De même, Jin ferait penser à Ky Kiske avec son air de blondinet défendant la justice mais il n’en est rien car il se cache chez lui beaucoup de suffisance et un côté psycho bien flippant. Le reste du casting est tout aussi original reprenant diverses formules à succès : la loli-goth vampire Rachel Alucard, le formidable impétueux ninja Bang, la sublime Noel Vermillion avec ses deux pistolets hérités de Hellsing et Devil May Cry, la féline bondissante Taokaka (mix entre Lei Lei et Felicia de Darkstalkers ainsi Wolverine). J’évite de vous faire l’inventaire de tous les personnages mais on peut avouer que le casting est assez frais et varié pour qu’il y en ai pour tous les goûts. Mes préférés sont le choppeur scientifique-magnétique Iron Tager ainsi que l’étrange blob composé d’insecte Arakune (très proche de Zato-1/Eddy).
Bon je vous l’accorde, il y a beaucoup de ressemblances et de personnages qui se jouent comme dans Guilty Gear. Cependant les différences sont notables : contrairement à Guilty Gear, Blazblue s’inscrit dans une certaine thématique des pouvoirs spéciaux/élémentaux appelés Drive Attack. Au-delà des trois boutons d’attaque: faible, moyenne et forte, le Drive permet d’utiliser les capacités propres à chaque combattant : Tager utilise la force magnétique, Rachel le vent, Jin la glace, etc. Ces attaques imposent chacune un style de jeu propre au joueur. Pour faire simple je vais illustrer cela avec celui de Tager (que je joue). Tager, lorsqu’il magnétise ses adversaires avec sa Drive Attack peut, ensuite avec des chopes, attirer l’adversaire dans ses grosses mimines pour leurs écraser la colonne vertébrale cela conduit à des combos amusant qui demande une gestion stratégique de la choppe et de l’attraction pour conduire l’ennemi vers soi.
Co ! Co ! Co ! Combo breaker !
Il va s’en dire que l’on retrouve quand même tout ce qui a fait le succès de Guilty Gear avec des combos ravageurs et très offensifs, les dashs aériens, les cancels de coups, etc. Je vous invite d’ailleurs à parfaire vos connaissances sur les systèmes de combat sur les divers sites que je vais vous donner en fin d’articles. Pour moi, Blazblue est à l’offensif ce que Street 4 peut-être au défensif. Je m’explique: Blazblue est l’antithèse de Street 4 en ce sens où le jeu attentiste n’est pas du tout favorisé dans le soft d’Arc System Work. Si par malheur vous passez trop de temps à ne rien faire dans un coin de l’écran, en attendant votre adversaire, vous subirez le Negative Penalty qui réduira votre jauge de Fury/Distortion drive ainsi que votre résistance aux coups (les coups reçus comptent double). Autre différence allant dans le sens de la prise de risque : c’est qu’à l’inverse de Guilty Gear où le Burst se faisait pour casser un combo mais aussi charger complètement sa jauge de Fury, l’utilisation du Barrier Burst dans Blazblue est à faire en dernier recours car il conduit à la condition Danger où la aussi les coups reçus comptent double. Cela peut paraître difficile à appréhender pour les néophytes de Guilty mais change énormément la donne lors des combats. Maintenant à savoir quel est le mieux entre un système un peu plus simple, moins nerveux et attentiste et un jeu de combo furax beaucoup plus technique (bon ce n’est pas du Virtua Fighter non plus) je vous laisse seul juge. Blazblue n’est pas exempt de défaut surtout par rapport à l’équilibrage des persos qui reste à perfectionner. Dans mon cas avec Tager, j’ai observé de grande difficulté face à V-13 car au contraire de Potemkin de Guilty Gear, celui-ci peine à s’approcher de cette peste lanceuse de projectile en tout genre. Les choppes de Tager sont très lentes pour être assez efficace, etc. Je pense qu’il faut être patient et voir les prochaines moutures. Malgré ces petits défauts, Blazblue est un petit bijou de technicité qui demandera beaucoup d’entrainement avant d’en maîtriser les arcanes.
Le soft brille par ses nombreux menus et son mode histoire assez riche. L’histoire est assez complexe et simple à la fois : dans un monde parallèle, une porte légendaire s’ouvre délivrant une source de magie très puissante appelée Armagus. La faction gouvernementale « Librarium » cherche à prendre ce pouvoir dans un univers quotidien où magie et technologie sont en osmose. Le mystérieux Ragna The Bloodegde s’avère détenir en lui une part très forte de cette magie tant désirée: le Grimoire. Il devient alors la cible de toutes les convoitises et voit sa tête mise à prix comme étant l’homme le plus recherché de la planète. Ainsi, la majorité du casting court à sa poursuite pour la prime mais aussi acquérir cette mystérieuse force surnaturelle. Un mode story vaste s’ouvre à vous avec différent scénarios pour chaque personnage. Compléter à 100% celui-ci vous demandera beaucoup de patience car il vous faudra répondre à énormément de conditions ainsi qu’à une lecture intensive d’une tonne de textes heureusement doublés. Ce mode est agrémenté de magnifiques artworks qui soulignent le travail des studios Gonzo de Daisuke Ishiwatari et Toshimichi Mori. Le Studio Gonzo est notamment à l’origine de l’introduction animée du jeu console. Une séquence péchue qui sort de la pauvreté maladive en terme d’à-côtés des Guilty Gear. Les interludes du professeur Litchi sont on ne peut plus fendard (surtout la mention à un certain Chipp Zanuff).
FUURINKAZAAAN !!!!! Bang ! Bang ! Bang ! Baaang !
Nous arrivons aux musiques et là c’est de la bombe ! Daisuke Ishiwatari signe des musiques qui transcendent celle de Guilty Gear. Comme à l’accoutumée nous avons droit à du hard rock/heavy metal mais avec plus de finesse, des pointes épiques qui boostent vos instincts et les transportent dans l’univers du jeu. Les mélodies sont moins sauvages et parmi les morceaux que j’ai retenu Gale, White Requiem et Awakening the Chaos. L’ajout de chansons chantées est très appréciable comme celle de l’intro animée Ao-Iconoclast de Kotoko mais surtout le formidable Omae no Tettsui ni Kugi wo Ute lors du Fuu Rin Ka Zan! de Bang chanté avec l’énergie légendaire de Hironobu Kageyama le chanteur de l’opening jap de DBZ ! (et franchement ça tue!). Les doublages sont de très bonne facture et l’on peut choisir entre ceux en japonais ou la version ricaine ( je ne supporte pas cette dernière).
Le soft propose toutes sortes de modes classique du genre avec un mode training très complet, Score Attack, etc. Bien entendu ce qui m’intéresse au plus haut point avec le genre baston c’est le versus online. Et là surprise ! Il s’agit du versus en ligne le plus complet et stable que j’ai jamais connu. Pour ceux qui suivent un peu les jeux de baston, il s’agit là d’un mélange parfait entre Street 4 et HD remix. Je m’explique : très peu de lags rencontrés (même avec des japs), des systèmes de classement efficaces avec de vrais détails techniques sur l’adversaire et ses statistiques, la possibilité de créer des rooms jusqu’à 6 joueurs et de pouvoir être spectateur des autres. Enfin, le meilleur : un Replay Theater supérieur aux replays de Street 4 sur 360. Vous aurez la possibilité d’enregistrer à chaque fin de match n’importe quels combats et le revisionner en affichant toutes les touches utilisées, un mode ralenti, etc. Cela est parfait pour compléter son expérience et analyser ses défauts.
Vous l’aurez compris pour moi ce soft est un incontournable pour tous fan de Guilty Gear qui se respecte. Je l’avoue ce soft m’a tapé dans l’œil . Il peut rebuter ceux qui ont eu un trop plein de Sol Badguy et de sa clique mais sincèrement j’aime beaucoup cette refonte. En plus de proposer une kyrielle d’originalités, Arc System Works nous offre un BlazBlue aux petits oignons riche et plein de petites attentions (au contraire d’un KoF XII fini avec les pieds). Même si le casting fait un peu cheap il va s’en dire que les prochains épisodes (si le succès est au rendez-vous) compléteront la famille des combattants. Pour les rois de la baston, une fois encore, je vous attends sur le PSN pour quelques séances de bourre-pif magique (PSN-ID: rorech). J’espère vous avoir donné envie d’y jouer!
Comme promis, je vous donne quelques liens utiles pour parfaire votre expérience de jeu.
-En français vous avez les sujets du forum de la SWGA ainsi que celui de Neo-Arcadia.
-En Anglais je vous conseille ce guide très complet ainsi que dustloop.com et shoryuken.com.
-Enfin il reste la question des trophées qui souffrent d’un problème de traduction même dans la version US (ils sont écrits en japonais…). Vous pourrez trouver une traduction claire en anglais ici.







