Castlevania Curse of Darkness

Castlevania, un nom qui en dit long pour toute une génération de joueurs. Parmi eux se trouvent les inconditionnels de la saga (comme moi) qui attendent chaque nouvel épisode comme un nouveau remède contre le sida. Alors quelle objectivité adopter, sujet qui a fait débat sur notre forum (www.console-syndrome.com), celle qui pinaille et qui cherche la moindre imperfection ou celle qui laisse l’émotion envahir un homme. La vraie question est : pour qui est cet article ?
Le lecteur de CS est habituellement vert fluo (trop de temps devant la télé a des effets pernicieux, sauf si vous avez une HD !), hormis cette défaillance physique, nos lecteurs sont à la page et fortement épris de toutes les séries cultes. Donc y’a une chance sur deux que vous possédiez déjà Curse of Darkness. Qu’est-ce qui pourrait vous intéresser dans un article d’un jeu qui est depuis le 16 février dans votre ludothèque. Je vais donc me la jouer Baffie et vous annoncer que ce Test est une merde, et que votre futur dans l’instant est de tourner une page. Mais c’est sans compter sur le mystère instauré et la frustration exacerbée qui vous envahiront par la suite, en ignorant la conclusion d’une amorce si augurale.

Castle-Vania au sec toute la journée
Castlevania est une série génialissime pour beaucoup, mais cette adoration ne peut être effective que sous certaines conditions. D’un, il est obligatoire d’adhérer, ou tout du moins d’apprécier l’ambiance gothique. Sacrifier des chats les soirs d’anniversaire de Dracula et avoir une garde robe aussi noire que la nuit n’est pas nécessaire. Mais une des grandes forces des Castlevania est son ambiance singulière. Curse of Darkness ne déroge pas à la règle et propose une immersion dans l’univers vampirique propre à la saga digne du livre de Stocker. De deux, une connaissance un tant soit peu poussée de l’historique de la famille Belmont et du prince du mal est préférable pour discerner au mieux les rebondissements et les différents clins d’œil intimement liés au background de la saga. La chronologie de celle-ci est très complexe, de plus chaque épisode ne suit pas la trame du volet précédent. CoD est la suite de Castlevania III : Dracula Curse (sorti sur Famicom en 1990, dernier chapitre d’une trilogie où Trevor C. Belmont mit fin aux jours de Dracula). Après Lament of Innocence qui nous avait enfin livré le (si sibyllin et attendu) prologue, bourré de rebondissements et de révélations cruciaux à la compréhension, CoD nous propose une aventure encore différente. Le héros (Hector) n’est pas un Belmont (mode très en vogue de ne pas mettre un tueur de vampire) et joue dans le piqueurisme plutôt que dans l’art SM (le fouet). Un protagoniste tourmenté et captivant comme IGA (acronymes de Koji Igarashi, grand papa gourou de la série) sait les créer et comme Ayami Kojima (chara design depuis Symphony of Night) sait les mettre en valeur. Le tout balancé par les rythmes composés par le maître d’orchestre officiel de Vlad Tepes, je veux bien sûr parler de Michiru Yamane qui trouve encore l’inspiration sur ce chapitre plus enclin à (re)charmer qu’à renouveler.

Vampire et plus si affinité
Castlevania évoque le plus souvent un jeu vidéo vieillot en 2D. On a pour la plupart connu la saga avec la première trilogie sur Nes ou GB (comment ça non, ce n’est pas grave ne rougissez pas, l’amour est un facteur non temporel et même si vous avez tardé à ouvrir les yeux, meilleurs seront les cours de rattrapage) et les lettres de noblesse se sont définitivement gravées avec Gekka no Yasokyoku sur PS et Saturn. Mais depuis l’arrivée de la N64, Castle se met au goût du jour et nous propose un gameplay nouveau. Deux liftings plus tard, nous retrouvons CoD mieux dans ses pixels, sans être une bombe graphique, il trouve au mieux un habillage de rigueur. Encore un agent qui fait que la série ne peut être appréciée du plus grand nombre. Mais le fan recherche autre chose que du graphisme tape à l’œil et des effets spéciaux ébouriffants. Non, il veut du captivant, de la nouveauté et du gameplay rodé et efficace. CoD propose tout ça : une histoire longue et entrecoupée de cut scenes faisant avancer la trame de la plus belle des manières ; du changement avec les Innocent Devils et un gameplay sans faille. Les développeurs ont retenu certaines leçons comme l’absence de notion d’expérience et une non linéarité dans l’avancée dans le château. Copie corrigée et avec mention.

Lost in Evolution
Castlevania s’est un peu perdu dans l’évolution du jeu de plate-forme. Comme précisé dans ce même numéro, ce genre s’est beaucoup métamorphosé. Plutôt que de tomber dans une pluralité de gameplay (comme le veut le changement), Castle a joué l’adaptation. En effet en ce qui concerne les nouveaux chapitres 2D, la série est restée fidèle à elle-même tout en ajoutant quelques subtilités bien agréables comme la notion d’expérience. En trois dimensions par contre, Castle a du faire des sacrifices et a du revoir sa ligne de conduite si chère aux grands fans. Même si les premiers volets 3D furent très décevants, ils abordaient les éléments clé d’une façon différente tout en les conservant. Critère vital pour l’adulateur d’hémoglobine, mais complètement dérisoire pour la plupart des autres joueurs. Sur PS2, Lament of Innocence et Curse of Darkness sont dans le même cas. Leurs qualités intrinsèques sont bien sûr supérieures aux volets 64, et ils rentrent allègrement dans la catégorie des bons jeux. Mais le fait de devoir remplir certains critères pour admirer totalement le soft limite tout de suite sa popularité. C’est pour cette raison que les magazines généralistes l’ont moyennement noté, à contrario des mags plus accès “passion” qui l’ont encensé. Bien que le cœur de cible soit évidemment les mordus de longue date, la série est peut-être en danger. L’avenir n’est pour l’instant pas remis en cause, Iga a beaucoup de projets, mais le futur est loin et toujours sombre quand on parle de chiffre d’affaire ou de bénéfice.

Castlevania n’est pas une de ces merveilles comme Ico ou Shadow of the Colossus. La contemplation simple de l’une de ces œuvres suffit à les ériger à un autre statut que le jeu vidéo. La saga Castle est différente, c’est un tout, et même si CoD est une vraie réussite, seules certaines personnes pourront en capter toutes les subtilités. Le jeu n’est donc pas à mettre entre toutes les mains. Un joueur lambda sera peut-être déçu par une certaine rébarbativité des niveaux et des ennemis, par des graphismes un peu en deçà de la norme actuelle et par un manque de fun. Car même si CoD est innovant par rapport à son homologue Lament of Innocence, il reste tout de même un jeu old school qui ne plaira pas à tous. Mais le vrai fan sera comblé grâce à une ambiance magnifiquement restituée, des nouveautés plus qu’appréciables et le trio encore une fois réuni pour mettre en oeuvre tous les ingrédients qui font un bon Castle. Et pour ce qui est des quelques défauts qui subsistent, je ne le ai que volontairement omis.

Avis 2 CouCou

Castlevania est, pour moi, une série culte. Ce dernier épisode est très réussi, et ceci pour de nombreuses raisons que je vais détailler maintenant. Tout d’abord, le gameplay a su évoluer depuis Lament of Innocence : le retour du système d’expérience, la forge d’armes, l’apparition des familiers et deuxièmement, Curse dispense, en plus, une histoire étonnante, parfaitement intégrée à la chronologie de la saga. Le character design reste de premier choix (sauf peut-être deux persos, mais leur style “particulier” est parfaitement voulu). Les musiques apparaissent de qualité, bien qu’inférieures à celles de Lament of Innocence. Sinon quelques défauts subsistent encore et qui font toujours pencher mon cœur vers les versions 2D. Citons par exemple les environnements à l’identité moins spécifique et marquée (contrairement à Lament) et puis je dois dire que jouer Trevor tout le long de la quête ne m’aurait pas déplu (malgré le Trevor mode). Mais la série progresse au fil de ses itérations 3D et nous ne pouvons donc que guetter impatiemment le prochain épisode. Castlevania reste ce qu’il est : une série mythique entre tous.

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