Final Fantasy Crystal Chronicles Rings of Fate – mode solo

Renouant l’histoire d’amour brisée entre la série Final Fantasy et Nintendo, le volet Crystal Chronicles sur Game Cube avait défrayé la chronique (jeu de mot ?). La cause, en autres, à son mode de jeu. Quatre ans après sa sortie PAL, une pseudo suite débarque sur Nintendo DS. Sous-titrée Crystal Chronicles : Ring of Fates. Nous allons ainsi voir si ce dernier est capable de redresser la fanchise, après le premier épisode que beaucoup avaient trouvé décevant.

Pour être sincère je n’en peux plus de ce Crystal Chronicles (CC), il pleut, et donc je suis énervé. Mais est-ce que à cause du temps ou à cause du jeu ? Et bien, après deux secondes de réflexion, je dirais que c’est la faute au jeu. La déception, mêlée à la frustration débouche forcement à l’énervement. Mais pourquoi tant de haine ?

Commençons par le commencement. Quid (cace-dédi à CouCou) de l’évolution entre les deux itérations GC et DS ? Tout d’abord l’ambiance, sans conteste le point fort du chapitre 2004. Un chara design SD, des musiques à tendance celtique et un contexte héroïc-fantasy campagnard. Concernant Ring of Fates, l’ambiance est là, mais le choc en moins. La surprise n’est évidemment pas présente, mais je trouve la bande son de qualité, certes, mais moins connotée et donc moins évocatrice. Le design des héros est toujours aussi mimi, mais DS oblige, la qualité graphique, le nombre de détails des décors et donc l’immersion sont moindres face à une mouture GC. Néanmoins comme dit plus haut, CC premier du nom avait fait du bruit, la faute à un gameplay d’Action-RPG sapé par un système de cristal des plus contraignant. En effet, il fallait tout au long du jeu transporter un vase, seul capable d’assurer un périmètre de survie autour de notre héros, sans quoi il perdait petit à petit ses points de vie. Square a retenu la leçon et ce système, assez chiant à vrai dire, a disparu et laisse sa place à présent à un Action-RPG dynamique, plus speed et sans restriction de déplacement.

Un premier bilan comparatif assez satisfaisant, mais le pire reste à venir et attention ça va déferler de toutes parts. En corolaire direct avec le paragraphe précédent, concernant le dynamisme accru de l’épisode DS, cette qualité est en fait annulée par une jouabilité complètement rigide. Les déplacements en diagonale sont impossibles, la maniabilité au stylet a été omise par l’équipe de développement et le manque d’un stick analogique sur la DS se fait cruellement sentir. Continuons sur le stylet, ce dernier dans Ring of Fates est inutilisable. En effet vous commencer avec un perso, mais au bout de 5-6 heures de jeu votre groupe s’étoffe de trois autres protagonistes. Le gameplay se basant sur un gameplay à la Lost Viking (jonglage entre les persos ayant chacun des attributs spécifiques) ne s’adapte pas du tout au petit bout de plastique qui nous sert à changer de héros. Non, je n’ai pas des doigts en mousses, le hic, c’est que les quatre boutons de la console nous servent continuellement à frapper, sauter et jeter des sorts magiques. Et donc ces boutons et vos doigts qui appuient dessus sont du même côté que le stylet. Alors à moins d’avoir sept doigts, c’est très très dur (la possibilité de garder le stylet entre les doigts est possible mais peu pratique). Du coup, on change de perso et de magies avec le pouce gauche, et pendant les rixes la précision n’est pas au rendez vous. On bafouille et on fini par ce faire tôler par l’ennemi qui profite de la confusion ambiante. Le tout est saupoudré d’une IA vraiment mauvaise (les trois héros joués par l’ordi regarde tranquillou votre perso se faire humilier), les combats finissent rapidement par lasser. Cerise sur le gâteau, la caméra n’en fait qu’à sa tête, l’impossibilité de la bouger manuellement ne facilite ni les joutes, ni l’exploration. Bizarre quand on voit l’effort déployé sur les sublimes graphismes tout en 3D.

Vous l’aurez compris ce jeu est criblé de défaut, et encore j’aurais pu en rajouter : un scénario niais, une durée de vie limité (douzaine d’heures), une répétitivité marquée, des ralentissements, une jaquette ignoble, etc. Pour moi ce CC est un sous sous Zelda, et l’exemple n’est pas choisi par hasard. L’inspiration est flagrante, autant dans les boss, que dans l’ambiance ou les décors visités. La ressemblance va jusqu’aux mécaniques de jeu et aux énigmes rencontrées. Il semble que Square est tenté de faire un mix de Four Swords et Zelda Phantom Hourglass, mais en naze. Tous est bancale, peu inspiré et surtout pas amusant. Le pire est que ce texte n’est là que pour faire le point sur le mode solo, Carta va s’occuper du mode multi, mais je doute qu’il soit à la hauteur (le mode multi, pas Carta) pour rattraper la déception actuelle. Surtout quand on sait que vous ne pouvez pas reprendre vos persos du mode solo, pour les booster avec vos amis. Ce qui tue dans l’œuf tout intérêt propre au RPG… mais chute je ne veux pas enlever tout suspense.

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