Les aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne

En attendant le raz-de-marée au cinéma, Tintin débarque sur nos consoles.

Véritable événement cinématographique de l’année, aux côtés du dernier Harry Potter, ce Tintin sauce Hollywood a droit à son adaptation vidéoludique. Et comme ça c’est souvent le cas dernièrement, c’est Ubisoft qui a décroché la licence. La dernière production de l’éditeur français adaptant un projet ciné impliquant Peter Jackson avait donné l’excellent King Kong. Tintin se montre-t-il à la hauteur ?

En grand tintinophile, j’attends le dernier métrage de Spielberg avec une rare impatience. Aussi, j’ai sauté sur le jeu d’Ubisoft, au risque de me spoiler le déroulement du film. Car oui, première chose : ce jeu se montre incroyablement fidèle à la direction artistique instaurée par Spielberg et Jackson, qui, eux-mêmes, ont su respecter l’héritage Hergé. Ainsi, le tout possède un fort cachet BD (les étoiles au dessus de la tête des ennemis assommés), les personnages principaux sont très bien modélisés, les voix françaises sonnent justes et on voyage réellement. Il faudra cependant compter sur une réalisation technique juste passable, notamment en ce qui concerne les décors.

Au niveau du gameplay, les développeurs d’Ubi Montpellier ont, semble-t-il, voulu ressusciter le feeling des adaptations de films ou de dessin animés de l’époque Super Nintendo et Megadrive. En soit, nous aurons donc droit à plusieurs séquences différentes, variants les approches et le style de jeu. Si on passe ainsi la majorité du temps dans une configuration vue de profil, où plate-forme et action se succèdent, il faudra pourtant tenter de progresser avec un minimum de furtivité pour surprendre vos adversaires et les assommer en un seul coup (je ne parle pas d’infiltration, l’IA étant largement permissive). Certains ennemis plus coriaces vous demanderont d’user de différents items (peau de banane, ballon) pour briser leur défense ou leur vigilance. En plus de ces phases, on retrouve également des séquences en avions (ballade en plein ciel ou dogfight, d’ailleurs un peu mous) ou en moto. Les flashback vous mettant dans la peau du Chevalier François de Hadoque vous permettront même de tâter de l’épée pour bouter les pirates hors du légendaire navire La Licorne.

Le problème principale de cette adaptation de Tintin réside dans la répétitivité de l’ensemble. Certes, le jeu alterne les séquences au gameplay différent, mais même si l’aventure solo est courte (environ 4 heures), on enchaine constamment le même type d’épreuves (on aurait par exemple préférez que chaque environnement traversé se concentre uniquement sur un seul genre de jeu, d’une manière plus fouillée), sans compter les combats contre les boss, où l’ont rejoue constamment la même partition. On sent presque que les concepts ont été trouvé, mais que pour allonger la durée de vie, ils ont été alterné, puis répété, même quand cela ne se justifiait pas scénaristiquement. Heureusement, un mode coopératif rallonge l’expérience. On peut aussi y jouer seul et il faudra alors alterner entre divers personnages. Pris dans les délires du Capitaine Haddock, deux joueurs pourront traverser des niveaux plus courts, reprenant des éléments graphiques de l’aventure solo et mélangeant donc différents niveaux. Chaque personnage dispose des ses propres caractéristiques (Haddock peut, par exemple, pousser des caisses et briser des murs, alors que Tintin possède un grappin, mais il est aussi possible d’incarner les Dupondt ou la Castafiore, ainsi que d’autres membres du casting). Les possesseurs du PS Move pourront même user de leur accessoire.

Cette adaptation des aventures de Tintin est plutôt bien fichue et le jeu reste assez carré. Pourtant, le gamer averti pourra regretter la répétitivité de l’action et la facilité de l’ensemble. Il paraît important de souligner que le titre s’adresse clairement aux plus jeunes. La maniabilité ne souffre d’aucun défaut et on n’a jamais à utiliser plus de deux boutons en même temps. Ainsi, nos têtes blondes se ficheront pas mal de refaire inlassablement les mêmes choses, tant ils se plairont à incarner leurs héros préférés. Et si la cohérence de la direction artistique pourra attirer les vieux routards, ces dernieres risqueraient de trouver le tout un peu juste. Qu’ils se rassurent : le produit ne leur ai pas vraiment destiné. Les plus jeunes, eux, s’éclateront.   

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