Il y a quelques années de cela, alors que je décortiquais Phantasy Star Online, Marvel vs Capcom 2 et Eternal Arcadia, je me suis penché sur le cas de Shenmue. Il faut dire que depuis un moment les magazines comme Player One faisait déjà grand cas de ce jeu. Le simple nom de son géniteur, Yu Suzuki et son passif avait de quoi faire frissonner les joueurs d’impatience.
En retournant sur mes vieux magazines, je me remémore ce concept obscur qui était censé mêler des genres de jeux qui plaisent aux joueurs. Un mélange subtil d’aventure, de liberté et d’interactivité dans un monde réaliste. Le tout mâtiné d’un système de combat technique et révolutionnaire (pour un RPG) à la Virtua Fighter. L’autre innovation qui sera moulte fois copiée est le QTE qui offrira des moments d’une rare intensité (même si Shenmue ne peut se vanter de la paternité du QTE, il aura contribué à les remettre au goût du jour). Tout cela nous donne le système unique de F.R.E.E (Full Reactive Eyes Entertainment) promis par maître Yu Suzuki
Face à ce jeu, beaucoup de joueurs ont pris peur ou n’ont pas eu le courage de le terminer. Le jeu est long et l’immersion et l’interactivité sont tellement grandes que l’on est pris de vertige à visiter les coins et recoins de la maison des Hazuki. Il y tellement de tiroirs à ouvrir, d’objets à acheter, stocker, de tâches à faire dans la journée que l’on ne sait plus où donner de la tête. Le voyage dans les petites rues japonaises est alors au seuil du réel. En un mot, le joueur est happé dans la vie de Ryo Hazuki.
L’autre problème, qui a rebuté beaucoup de nos compatriotes, est que le jeu est entièrement en anglais. Outre un doublage affligeant (et drôle à ses dépends) Shenmue pouvait effrayer les allergiques à la langue de Shakespeare de part ses textes entièrement en anglais. Enfin, il faut dire que les joueurs étaient plutôt dans l’attente de RPG plus classiques et ce monde réaliste s’éloignait des canons fantastiques des titres plus conventionnels.
Mais le jour où j’ai mis Shenmue dans ma Dreamcast, je me souviendrais toujours de cette claque monumentale. Une intro et une intrigue dignes des plus grands films de yakuza, la découverte de sa propre maison traditionnelle japonaise, la salle d’arcade, les restaurants, le petit chat à nourrir, les rendez-vous avec Nozomi. Tous ces petits détails, que dis-je, ces instants de vie qui rendent l’immersion parfaite, et le voyage véridique et magnifique.
Voilà un petit aperçu de ce que m’évoque Shenmue. Je pourrai en parler sur des pages et des pages mais je risquerai de fatiguer vos jolies petites mirettes. Ah oui ! Autre chose. Je m’adresse aux indécis, aux hésitants, jetez-vous sur ce jeu ! Terminez-le ! Vous risquez de passer à côté d’une des plus grandes expériences virtuelles. Ce soft écrase, et je ne pèse pas mes mots, presque tout ce qui a pu se faire dans le domaine du jeu vidéo. Si Shenmue 3 sort un jour sur une console, j’achète celle-ci sans même me poser de questions sur le prix ou le nom de la machine. Quant à une prochaine sortie, comme on dit : l’espoir fait vivre..



