Professeur Layton et le Destin Perdu

Il est l’ami des 7 à 77 ans, le pont qui relie casual et hardcore gamers, mais surtout il est de retour après une année d’attente : je parle bien entendu de notre cher Layton. Et ne croyez pas que le roi des gentlemen s’est tourné les pouces sous la bannière de Level-5, le voilà au cœur de l’actualité avec rien de moins qu’un film (disponible en DVD), un cinquième opus annoncé sur 3DS et encore plus étonnant, une prochaine aventure accompagné de son alter-ego du barreau, Phoenix Wright. Après un Etrange Village, puis la Boîte de Pandore, c’est aujourd’hui un Destin Perdu qui nous intéresse, le dernier volet de la première trilogie du Professeur.

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Rien de tel qu’une enquête pour égayer nos compères et le futur aura vite fait de venir à eux. L’apprenti Luke reçoit ainsi un appel au secours via une lettre signée par … le Luke de l’avenir, dix années plus tard. Layton aura vite fait de relier cette singulière missive à un incident venant d’avoir lieu, incluant une énigmatique machine à voyager dans le temps (tiens donc) et la disparition du maire de la ville.

Déjà deux ans de décalage nous séparent de la sortie japonaise, pourtant dès les premières notes, c’est avec un plaisir non dissimulé que l’on retrouve cette ambiance unique, ces couleurs sépias et tous ces personnages au chara-design improbable. Layton, c’est un peu un rendez-vous automnal maintenant, on l’attend avec une certaine impatience et bonne nouvelle, le Destin Perdu ne déçoit pas. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, les mécaniques restent identiques : de la promenade, une histoire soutenue et surtout plus de 150 énigmes.

Constatation remarquable : désormais nos cerveaux sont rodés et ont assimilé pas mal d’astuces. Par conséquent, les casse-têtes ne sont plus vraiment très difficiles. Au pire des cas, si vos neurones ont grillé pendant l’été, il reste toujours les indices, déblocables contre des pièces récupérées en tapotant comme un dératé du stylet un peu partout l’écran tactile. L’ensemble se corse un minimum dans la seconde partie de l’aventure, avec des devinettes qui prennent la peine d’être mieux intégrées dans le récit. Avant cela, le joueur est régulièrement témoin d’un facile « Hey les mecs, et si vous regardiez mon problème ? ». Rien d’alarmant car on commence à avoir l’habitude. Au contraire, les pseudos-prétextes finissent par plus prêter à rire qu’autre chose. Comme toujours, trois minis-jeux sont présents et rehaussent le défi, tout comme les questions post-game proposant un niveau bien supérieur.

La narration quant à elle n’a jamais autant été mise en avant, éclipsant presque les nombreux puzzles promptement expédiés. Le récit se permet d’enfin approfondir ses personnages, notamment en abordant le passé de Layton et procurant au héros gentleman un aspect moins lisse salutaire. L’occasion rêvée de découvrir d’où vient son fameux chapeau, c’est dire ! Les raisons de la haine vorace de Don Paolo sont également explicitées, une mise en lumière relativement simple mais appréciable pour ce nemesis trop souvent relégué au simple rang de deux ex machina pratique. Rebondissements (nombreux) et émotion sont donc au programme, pour magnifier l’emballage déjà réputé de la série. Les allers-retours sont malgré tout parfois présents, mais l’aire visitable de Londres s’avère réjouissante, tout comme les retrouvailles avec des figures récurrentes tels l’inspecteur Chelmey ou la si tarte Flora.

En plus du charme constant de l’atmosphère, les scènes en dessins animés sont virevoltantes et d’excellente qualité, un point important à souligner. Elles retrouvent la maestria de l’Etrange Village, là où la Boîte de Pandore était un peu en deçà. Mais s’il y a bien un élément à retenir de l’univers des Layton, le point sur lequel on ne peut pas discuter, c’est définitivement sa divine bande-son. Jamais lassante, ni crispante lors des phases de réflexion, le thème principal et ses amis sont tout simplement un régal.

Si vous étiez restés hermétiques aux précédentes itérations de la saga, inutile de tenter votre chance, la formule n’a pas réellement évolué. Si par contre vous appartenez aux fidèles ayant déjà apprécié les deux ouvrages précédents, il va sans dire que la quinzaine d’heures de voyage sera indispensable pour découvrir le fin mot du triptyque. Les péripéties suivantes, démarrant avec la Flûte du Démon (sorti en 2009 sur les terres nippones), abordent une autre étape dans la vie de notre duo : leur rencontre, bien avant la visite de l’Etrange Village. Autant vous dire qu’il me tarde déjà de pouvoir y jouer.

Il était normal de craindre que la série Layton ne sache jamais véritablement s’extirper de son concept « encart jeux de l’été », Level-5 nous prouve qu’ils ont su construire un monde qui ne cesse d’augmenter son capital séduction. Autant que les nombreuses énigmes, l’attachement envers les personnages fait mouche et il devient difficile de poser sa DS, tant l’envie de découvrir la suite se fait sentir. Peut-être un peu trop facile, ce Destin Perdu devrait toutefois ravir les fans de la première heure ou les curieux passant par là. L’avenir s’annonce plutôt brillant avec, on l’espère, un renouveau malin via la 3D.

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