Sorti le 24 novembre dernier, Rayman Origins, dernier né de l’imagination de Michel Ancel, squatte les podiums des tops de l’année des joueurs et des professionnels. Pourtant, le titre ne semble pas avoir rencontré le succès au niveau des ventes.
Comme vous allez le découvrir la semaine prochaine, dans notre tops / flops de l’année 2011, ce Rayman Origins m’a particulièrement convaincu. D’abord irréprochable sur un plan technique (visuel à tomber, maniabilité parfaite – il faut essayer les niveaux sous-marins, les plus réussis jamais vu dans un jeu vidéo -, durée de vie à la hauteur et difficulté progressive), le titre de Michel Ancel a su également convaincre au niveau artistique. Les couleurs pètent de partout, les ennemis et boss ont des têtes pas possible, la musique et les bruitages sont grandioses. En bref, et à l’image de son géniteur, le jeu d’Ubisoft est généreux, plein d’humour et accessible. Il propose en tout cas une autre alternative à la plate-forme 2D de Nintendo, un peu plus décomplexée (l’humour bien plus développé, on peut se castagner et frapper les ennemis) et s’il s’inspire abondamment de quelques gimmicks aperçus dans les hits de Big N (notamment concernant le mode multijoueur), ce Rayman Origins laisse parfois bien plus transparaitre un feeling à la Sonic, où, lorsque le joueur maitrise toutes les subtilités du gameplay, il pourra progresser à toute berzingue, d’une manière fluide et élégante. Les niveaux des « coffre à pattes » vont évidemment dans ce sens (Rayman pourchasse un coffre, dans des niveaux très dynamiques). Mais il ne faut pas être injuste : la principale inspiration de ce Origins, c’est évidemment l’univers de Rayman, né il y a plus de 16 ans sur Jaguar, PlayStation et Saturn. Les lums, les electoons, l’humour, tout était déjà là.
Comment alors expliquer ce désaveu du public ? En bons français que nous sommes, nous sommes-nous montés le bourrichon, pour mettre en avant un produit du terroir, au point de s’aveugler ? A priori, et aux vues des récompenses glanées notamment à l’E3, il semble que tous les professionnels, même étrangers, aient flashés sur le titre d’Ubi Montpellier. La plate-forme n’intéresse-t-elle plus les joueurs ? Là encore, en se basant sur les chiffres de ventes de New Super Mario Bros Wii et Donkey Kong Country Returns (deux jeux en 2D sur consoles de salon) ou sur le récent Super Mario 3D Land, on doit encore répondre par la négative. Serait-ce tout simplement le personnage de Rayman qui ne fait plus recette ? Il est certain que la dernière vraie aventure du héros sans bras remonte déjà à 8 ans (le troisième épisode, Hoodlum Havoc) et que depuis, la mascotte non-officielle d’Ubisoft a été largement phagocyté par Les Lapins Crétins. Et puis, était-ce une bonne idée de lancer ce projet, que chacun pouvait déjà estimer risqué, au beau milieu du rush de fin d’année, aux côtés des mastodontes Battlefield, Call of Duty, Gears of War, ou encore Zelda ? Je ne suis pourtant pas convaincu qu’une sortie en mars aurait arrangé les choses. De plus, ce Rayman Origins a tout du parfait jeu de Noël, pour les plus jeunes, ou même les gamers confirmés. Non, parfois, il faut savoir accepter un échec, comme Okami des années auparavant et comprendre que si les joueurs réclament à corps et à cri de l’originalité et de la fraicheur, la majorité souhaite néanmoins investir dans des valeurs sûres, dans des licences qu’elle connait bien. Et puis, espérons que la baisse de prix déjà constatée et le bouche à oreille favorable permettront au titre de se vendre sur la longueur, comme Prince of Persia Les Sables du Temps ou Beyond Good and Evil à l’époque.
Rayman Origins est un jeu de grande classe. Réussi dans tous les compartiments, techniques ou artistiques, long, varié, il délivre une dose de plaisir et de fun à chaque partie. Son mode multi, bien qu’un peu confus à 4 joueurs, s’avérera le compagnon idéal des joueurs et de leur famille pour les fêtes. Une nouvelle preuve que la plate-forme 2D se porte bien.





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