Retro : Sonic Adventure, Crazy Taxi et Skies of Arcadia

Officialisé par Sega en juin dernier, plusieurs jeux phares de la Dreamcast vont sortir sur le Xbox Live Arcade et le PSN. A cette occasion, deux noms ont été lâchés : Sonic Adventure et Crazy Taxi, et si l’on peut avoir quelques frayeurs au sujet de ce dernier s’il venait à être effectivement dépourvu des musiques d’origine, c’était l’occasion de se replonger dans certaines de ces productions qui ont fait les grands noms de la console.

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Sonic Adventure

Sonic Adventure est le premier épisode sorti en 3D. De la volonté de Yuji Naka d’en faire une démonstration technique et sinon ludique pour les débuts de la console naquit ce jeu d’aventure/plate-forme électrique, aux ambiances variées, entre funk et rock’n roll, comme pour mieux renforcer la césure avec les épisodes précédents. Particulièrement bien reçu lors de sa sortie, le jeu fut un véritable succès et se vendit à hauteur des 2,5 millions d’exemplaires. Sonic Adventure 2 sortira deux ans plus tard à l’occasion des dix ans du hérisson bleu, honorant la fin d’une console qu’on savait déjà ne plus devoir perdurer. Ironiquement, c’est sur la même période que sortit l’inénarrable Gran Turismo 3, la Playstation 2 ayant entre temps rejoint la course à l’occasion de sa sortie fin 2000.

En dépit de nombreux soucis de caméra et de bugs de collision déjà d’actualité lors de sa sortie, Sonic Adventure reste encore aujourd’hui un excellent jeu de plate-forme. Il est d’ailleurs difficile d’ignorer les hauts et les bas qu’a subit la mascotte depuis ses aventures Dreamcast. Se réconcilier avec Sonic était donc à portée de main, profitant ainsi du titre pour redécouvrir une variété et une intelligence de jeu relevée somme toute d’une certaine simplicité qui le rendent accessible à tous. Brassant les personnages, le jeu permettait de rencontrer et de jouer d’autres protagonistes que Sonic : Tails, Knuckles, Amy, Big et Gamma – soient des personnages qu’on a depuis retrouvé dans Sonic All Star Racing – s’offrent à vous pour revisiter les stages au gré d’une certaine répétitivité qu’on ignorera au profit de leur pétillant, découvrant par la même occasion une autre manière de les compléter (et pourquoi pas voler avec Tails de manière complètement cheatée).

Crazy Taxi

Crazy Taxi est à la base un jeu d’arcade développé sur Naomi qui, comme beaucoup d’autres jeux de l’époque, s’est ensuite vu porté sur Dreamcast. Crazy Taxi c’est aussi le jeu qui m’a fait continuer à dire « Craaaazy Taxi » pendant des années, comme on dirait « Je voudrais une baguette de pain s’il vous plaiiiiiiiiit », en articulant exagérément.

Le concept du jeu, qui tient sur post-it, ne s’embarrasse pas de longues explications : vous conduisez un taxi, et vous êtes prêt à tout pour amener vos clients rapidement à destination. Et plus vous conduisez dangereusement (sens inverse, saut), plus ils vous récompensent. A savoir si le concept tient toujours debout aujourd’hui, la réponse s’entend : comme de nombreux jeux Dreamcast, techniquement c’est encore très acceptable. Les modèles sont un peu grossiers mais l’esthétique assez minimaliste et colorée réhausse la donne : un taxi jaune, des cercles de différentes couleurs selon les clients et des voitures à éviter dans une conduite excessivement arcade. C’est prenant, soutenu par une ambiance musicale parfaitement adaptée (The Offspring, Bad Religion), et franchement rigolard.

Somme toute on pourrait reprocher au jeu d’être rapidement lassant, mais c’est le genre qui veut ça, et le jeu possède plus qu’il ne montre, notamment via les défis. Ces derniers vous proposent des objectifs simples mais qui visent à terme à se familiariser avec le gameplay, sollicitant votre ingéniosité plus qu’on ne l’aurait pensé. Crazy Taxi 2 apportera par la suite quelques améliorations à cette recette tonique des plus accessibles.

Et s’il n’en fallait qu’un, Skies of Arcadia

Ca serait un euphémisme de dire que la Dreamcast ne disposa que de trop rares RPG, genre souvent délaissé au profit de titres plus typés arcade. C’est ainsi qu’Overworks, par ailleurs développeurs de Sakura(s) Taisen(s) qui semblaient ne pas vouloir sortir du Japon, surpris son monde avec Skies or Arcadia. Rapidement devenu emblématique, à côté d’un The Nomad Soul plus aventure et d’un PSO guère acceptable sans connexion internet, le prodige d’Overworks annonce plus qu’un peu de nostalgie pour tous ceux qui ont eu le plaisir d’y jouer.

Résolument steampunk dans son approche, Skies of Arcadia proposait de contrôler Vyse, pirate bleu de son état, et destiné à faire de grandes choses. Permettant rapidement de contrôler un bateau et son équipage, le jeu esquissait sous des abords assez classiques un conte d’aventures à la Jules Verne, flirtant avec la parodie de Moby Dick lorsque vers le début du jeu on y rencontre un vieil homme affublé d’un faux bras (Drachma) et qui parcourt le ciel à la recherche d’une baleine géante.

On s’avouera que les personnages étaient relativement clichés, et c’était d’autant plus vrai quand on y rejoue quelques années après, mais leur utilisation dans l’histoire demeurait intelligente. Certaines situations dans le jeu m’ont marqué parce qu’elles étaient totalement inédites, ou poussées à l’extrême, et je pense notamment à la fois ou un des personnages se retrouve isolé sur une ile. A côté de ça l’expérience totalement grisante de contrôler son navire, de pouvoir se déplacer librement, de rechercher des trésors, de recruter des membres d’équipages qui auront une incidence sur les combats, de fonder et décorer son île, sont autant d’évènements qui permettait d’appréhender et de vivre le monde de Skies of Arcadia. Se rendre sur une ile au fin fond du monde c’était comme s’y rendre soi-même contre vents et marées, pour danser au son des flutes une fois terre à l’horizon.

Une des spécificités du titre était que les combats pouvaient prendre différentes formes. Pris d’assaut pendant l’exploration d’un donjon, le combat prenait place selon l’environnement ; rencontrés pendant vos voyages, les monstres de tailles modiques étaient affrontés à pied sur le ponton ; et si un bateau pirate s’annonçait, eh bien, pas question de trop s’en approcher, on l’affrontait en bateau moussaillon ! Dans un système au tour par tour un peu différent, les combats en bateau ajoutaient une dose de stratégie en cela qu’il allait falloir décider de vos quatres prochains tours en une fois. Bien souvent la première série de tours servaient à jauger le comportement de l’ennemi et sa rapidité, requérant du joueur de s’adapter, pour mieux se montrer prudent et attendre la bonne occasion pour utiliser votre plus grosse arme, une fois celles-ci disponibles.

On ne perdra pas de vue que sans être révolutionnaire, Skies of Arcadia offrait une belle claque graphique. Les environnements variés, les cinématiques en 3D temps réel, et les attaques spéciales parfois assez délirantes ont clairement contribué à son succès. Sans valoir les cinématiques de certaines concurrents, le moteur graphique offrait un profondeur de vue et des ciels gigantesques, qui sans être forcément très détaillés, renforçaient la sensation de liberté et de voguer dans des immensités. Les villes et certaines créatures jouaient d’ailleurs à merveille sur le gigantisme auquel votre navire allait devoir faire face.

Skies of Arcadia, c’est un univers grandiose et cohérent dans lequel on se replonge volontiers. Naïve et charmante à la fois, la fresque habituelle d’un groupe d’amis sauvant le monde prend une teneur inattendue, presque modeste. Et s’il n’y avait qu’un jeu à retenir de l’époque Dreamcast, si ce n’est celui dont nous parlerons vendredi, ça serait sans doute celui-là.

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