Sonic and Sega All-Stars Racing

Sonic and Sega All-Stars Racing

Apparaissant comme un rayon de soleil venant adoucir la fin d’un mois de février glacial, Sonic and Sega All Stars Racing n’est peut-être pas le bol d’air frais (ou chaud) attendu. C’est entre l’avalanche de titres AAA de Noël 2009 et de mars 2010 que Sega a choisi de sortir son Mario Kart-like. Après le tennis, les Jeux Olympiques et les jeux nuls, Sonic se devait de tenter l’approche du jeu de kart fun et convivial (un premier essai correct avait déjà été tenté sur Game Gear en 1995).

On a eu droit à un hiver exceptionnellement froid et rude, mais accompagné d’une foule de jeux de grande qualité pour nous garder au chaud. Le rapport avec Sonic ? Je l’ai attendu en pensant qu’il allait me faire tout oublier. Le mauvais temps serait effacé par les couleurs chaudes du jeu et les hits de fin d’année, ambitieux, mais aussi très sérieux, se verraient compléter par un gameplay tout simplement fun. Car avouons le, ça fait du bien de poser le cerveau pour s’adonner à des plaisirs simples. Mon état d’esprit était donc bien enjoué au moment de démarrer, avec néanmoins en toile de fond, une interrogation sur la légitimité d’un pompage tout avoué de Mario Kart. C’est motivé comme avant un film de Michael Bay (et donc pas très regardant) que je me lance dans l’arène. Le hic, c’est que même en étant peu exigeant, un défaut saute rapidement aux yeux et reste permanent jusqu’à la fin. On ne s’amuse pas. Emballer c’est peser, vous vous dites que vous savez tout du jeu. C’est vrai.

Entre les Heavy Rain, les Bioshock 2, les Mass Effect 2 et les Silent Hill, rares sont les jeux à ne revendiquer d’être là que pour le fun. D’être là que pour le jeu ! Essence même de notre média, cette sacro sainte base s’oublie ces mois-ci afin d’élever le jeu vidéo vers d’autres cimes (l’art, le cinéma, etc.). Bien ou pas, c’est un autre débat, mais l’envie de vouloir redonner des couleurs et des sourires à cette industrie qui se prend de plus en plus au sérieux était vraiment bienvenue. Mais faute d’inspiration, ce souhait est mort né. Ce jeu n’est simplement pas inspiré.  Alors plutôt que de me répéter, faite suivre cet adjectif à toutes les caractéristiques du titre.

Plusieurs titres se sont risqués au Mario Kart-like sans succès. A mon sens, seul Crash Team Racing (celui de Naughty Dog) avait réussi à effleurer le maître étalon. Pourquoi ? C’est exactement la question que CouCou m’a posé quand, après 10 minutes de critiques sans discontinuer à l’encontre de Sonic and Sega All Stars Racing, je m’arrêtais enfin. Et franchement, je n’ai su répondre que : « bein, je sais pas moi, il manque ce petit truc, ce génie ! ». Bien que cette tirade hautement philosophique puisse s’appliquer à beaucoup de choses, le manque de maîtrise, plus que de génie, est le point critiquable de ce titre. Le tout saupoudré d’un zeste de déception (oui juste un zeste, n’oubliez pas que je n’étais, à la base, pas très regardant). Déçu ne pas voir les meilleures idoles de Sega en tant que pilotes jouables (Night est relégué au poste de Pin-up qui tient le drapeau à damier). Déçu de constater que les circuits sont pour la plupart corrects, mais sans âme ni maestria (tracés et passages secrets en mousse). Pire, comme pour les personnages, ils n’exploitent pas le potentiel énorme de la marque Sega, qui, avec Nintendo, est sûrement le plus grand puit à « Propriétés Intellectuelles » de qualité. Un patrimoine gâché ! Ce n’est pas comme si on avait demandé à Atari de faire un jeu du genre (roh c’est méchant ça). Le dernier espoir : le multi ? Pour être honnête, j’ai bien tiré CouCou de ses interminables parties de Heavy Rain pour que l’on puisse s’essayer à des joutes en local, mais rien n’y a fait. On s’est ennuyé… mais ferme. Et scandale, le mode championnat n’est disponible ni  écran splitté, ni sur le Live.

Oui, Sonic and Sega All Stars Racing est un jeu rafraîchissant, coloré, bariolé, qui fait plaisir au moral. Oui, ce jeu a un capital sympathie énormissime (Ryo Hazuki, je t’aime). Et oui, ce titre n’a que ces deux qualités pour le sauver. Je vous laisse seul juge, mais personnellement il est hors de question de payer 65 euros (55 sur Wii) pour un vulgaire pompage sans originalité et sans ambition.

PS : j’ai testé le jeu sur 360, en grand chanceux que je suis, j’ai pu jouer avec Banjo et l’Avatar (le mien pas celui de James Cameron), plus-value que je me devais vraiment de souligner.

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