Sonic Rush

C’est en cette nouvelle année 2006, que le hérisson le plus connu du monde va fêter ses quinze ans. A l’époque il ne vivait que chez Sega, aujourd’hui, et même si la firme de Haneda est encore son tuteur officiel, il n’empêche que le petit animal va manger à tous les râteliers comme Nintendo ou Sony. Chose inimaginable il y a encore dix ans, mais ainsi va la vie, les rachats et autres faillites font que certaines figures de proue se voient propulsées chez l’ennemi. Jetez un coup d’œil sur le dossier «Premier Pas» pour apercevoir une autre étrangeté de ce genre. Etant plus jeune que son alter ego plombier Mario, Sonic va souffler ses quinze bougies en fanfare, en arrivant sur Next Gen (360 et PS3). Pourquoi cette annonce a-t-elle fait trembler tout le monde au dernier TGS ? Il n’est pas arrivé là par hasard cet animal bleu, il est de nos jours le héros le plus «cool» de la planète ludique, mais dans le temps il fut bien plus que ça. Et avant de vous parler de Sonic Rush sur NDS, et son retour aux sources, il faudrait être sûr que tout le monde soit au courant des premiers balbutiements de la tornade bleue.

Sega c’était plus fort que toi
Indissociable de la marque mais surtout de la machine Megadrive, c’est en 1990, afin d’affirmer l’hégémonie de Sega au Japon et surtout chez nos compères américains, que le projet d’une nouvelle mascotte est lancé par Tom Kalinske et Hayao Nakayama. Je cite : «le jeu doit symboliser la puissance de la machine, le côté rebelle de la marque, et une image jeune », c’est clair. S’occupe de cette lourde tâche aux objectifs compliqués mais limpides, Shinobu Toyoda responsable du Departement 3 (AM8), composé du lead programmer Yuji Naka alors âgé de 25 ans et de Naoto Oshima pour le design. Après de nombreux croquis, quatre personnages seront sélectionnés : un loup, un chien, un homme en forme d’œuf et un dernier qui retient l’attention, un lapin. Vous aurez reconnu l’homme en forme d’œuf qui servira de grand méchant de la série sous la forme du Dr. Eggman. Ce dernier manquait de charisme et d’arrogance pour jouer le héros, et surtout servir à une campagne de pub agressive. C’est alors que Yuji Naka dévoila une vieille idée d’un perso se mettant en boule pour attaquer. Dès lors Naoto Oshima retravailla le personnage et le lapin se transforma ainsi en hérisson bleu baptisé SuperSonic, puis finalement Sonic. Avec un thème accrocheur de Masato Nakamura (Dreams Come True) et une stratégie marketing incisive, Sonic The Hedgehog fera une sortie à l’image de son jeu, c’est-à-dire rapide pour devancer la Super Nintendo en Europe et aux States. Quatre millions de ventes, une publicité monstrueuse, un jeu techniquement et ludiquement superbe, il ne fallait rien de plus pour faire naître une star.

Hérisson-nous
Petit historique nécessaire pour comprendre pourquoi Sonic Rush est différent des dernières aventures, mais tellement similaire à ces premiers sprints. En effet Sonic premier du nom basait tout sur la vitesse, se démarquant par la même occasion du rondouillard moustachu, en proposant un gameplay révolutionnaire défiant les lois de la gravité. Optique oubliée et délaissée par les dernières productions, lors du passage par la 3D tout d’abord, privilégiant l’aventure et l’exploration. Après deux volets Adventure sur Dreamcast, trois chapitres GBA et d’innombrables compil’ sur PS2, très intéressantes mais à des prix abusifs, Sonic Heroes signa la fin d’un cycle ennuyeux et basé sur un nouveau gameplay à trois perso peu convainquant, ce soft brisa la magie.

Un Sonic qui Tails la route
On l’aura attendu celui-là. Tel un messie il vient gratifier la DS, d’un jeu de Noël, de grande qualité. Comme à son habitude, le scénario d’un Sonic (comme pour Mario, condition sine qua non des grands héros) doit tenir sur un Post it, et non un timbre (quand même). «Le Dr Eggman recommence ses tours pendables. Heureusement, Sonic est là pour l’arrêter ! Hé, Eggman ! Qu’est-ce que tu mijotes encore, cette fois-ci ? Ha ! Parce que tu crois que je vais te le dire ?» dixit la notice. Mon travail est inutile, comment faire mieux. Après une mise en bouche hautement narrative. Vous apprenez que tout tourne encore autour des Chaos Emeralds et qu’une silhouette féminine s’intéresse aussi aux pierres de pouvoir. Cette dernière est en fait Blaze, une «chatte» gardienne des Sol Emeralds, un peu comme Knuckle à l’époque. D’un caractère calme et posé, elle sera le second personnage jouable du jeu. Blaze, est, comme Sonic, à la poursuite du Dr. Eggman, mais un autre individu néfaste fera sa venue au cours de l’aventure : Eggman – Nega. Un individu froid et calculateur, au physique très similaire de l’homme œuf, mais au caractère radicalement opposé. Il est en effet très courtois et poli. Au cours du jeu, vous croiserez vos anciens compagnons, Tails sera votre guide, Cream sera celui de Blaze et Amy et Knuckles auront des rôles secondaires peu importants pour l’histoire mais essentiels pour les fans. Retrouvant la pêche d’antan, ce volet Rush rendra à Sonic ses aptitudes originelles, tout en le gratifiant de quelques nouveautés. Hormis le Spin Jump (saut normal) et le Spin Dash (le burn sur place) la fusée bleue pourra faire un Jump Dash et un Super Boost. Le premier est en fait un saut qui permet de charger l’ennemi ou de gagner du terrain en planant, et le second fera foncer Sonic comme jamais. Par contre cette dernière fonction ne sera réalisable qu’au moment où votre jauge de tension est complète. Encore une innovation de ce chapitre. Pour la remplir, rien de plus simple, abattez les ennemis ou exécutez différents tricks. Ola ; ça fait beaucoup de neuf pour un jeu qui revient aux sources. Mais c’est là qu’est toute la force de ce Sonic. Les tricks sont des figures à exécuter en l’air ou sur les rampes. Un enchaînement de boutons et le tour et joué, Sonic se la joue Tony Hawks pour faire grimper la jauge de tension. Mais attention, cette dernière va s’estomper au fil du temps ou quand vous subirez des dégâts. De plus la variété est récompensée, les points de tricks marqués en exécutant un gimmick donné diminuent à chaque fois qu’il est réutilisé. Si la fréquence des mêmes figures est trop élevée, ils ne rapporteront rapidement plus rien. Voilà comment réussir une équation aussi détonante qu’audacieuse entre de l’ancien et du récent.

Un modèle d’adaptation qu’est ce nouveau Sonic. Les héros sont (au grand malheur des papy gamers non contents de l’évolution logique des choses) faits avec des modèles 3D, d’une qualité honnête ils se marient magnifiquement au scroling horizontal des familles. La 3D intervient aussi dans divers effets techniques éblouissants, rendant les niveaux encore plus charmants sans rien perdre de leur cachet rétro. Elément primordial que sont les Boss, ces derniers aussi en trois dimensions, sont toujours aussi corsés mais vous feront oublier leur force par leur aspect visuel de toute beauté. La base des Sonic est bien là, les anneaux, les caisses bonus…les habitués retrouveront très vite leurs marques et les novices apprendront tout aussi rapidement les joies de la vitesse. J’ai beaucoup aimé ce volet DS, mais mon penchant pour Sonic 3 sur Megadrive n’a pas été ébranlé, je le trouve toujours un cran au-dessus avec un punch unique et un gameplay loin de sentir la naphtaline.

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