L’arrivée de Super Street Fighter IV sur la nouvelle 3DS de Nintendo avait tout du test décisif. La petite dernière de Big N en avait-elle suffisamment dans le ventre pour restituer le visuel superbe et le gameplay pointu de ce monstre du jeu de baston ? Nous allons le voir tout de suite.
En tant que lecteurs fins et raffinés, vous avez certainement déjà remarqués le sous-titre « copie carbone » de ce test. Vous l’avez donc compris : cette expérience de Street IV dans la poche ressemble comme deux gouttes d’eau à sa consœur de salon. Aussi, je me permet de passer rapidement sur le gameplay de ce jeu de baston, déjà très connu des joueurs, qui a su relancer l’engouement autour du versus fighting dans le monde. Soyons bien clairs : qu’il s’agisse des timings, des manipulations à effectuer, des combos ou de la gestion des distances, on retrouve ici exactement tout ce qui a fait le charme (et la grande qualité) du Super Street IV que nous connaissons tous.
Graphiquement d’abord, la machine en a dans le ventre. Même si l’écran plus petit – par rapport à votre télé de bourgeois – aide certainement à masquer quelques manquements, force est de constater que le rendu visuel est impeccable. On retrouve la direction artistique si particulière de cet épisode et chaque détail répond présent. Les seuls à avoir un peu souffert du portage restent les décors, moins fournis et animés que leurs homologues PS3 et Xbox 360. Lorsqu’on joue avec la 3D enclenchée, ils évoquent d’ailleurs des décors de théâtre, sorte de façades en trompe-l’œil. Cela reste pourtant drôlement joli et comme je le disais au dessus, la claque est au rendez-vous. Au niveau de la maniabilité, la croix de direction et le stick analogique se révèlent très plaisant. Si le stick fait légèrement perdre en précision (notamment pour les diagonales de saut ou les petits déplacements rapides vers l’avant), il se révèle plus accessible que la croix, un poil basse, qui rend l’accès aux boutons L et R un peu compliqué. Après quelques minutes d’acclimatation, on arrive pourtant à faire ce qu’on veut, sachant qu’il est toujours possible de configurer le tout à l’envi. Sachez d’ailleurs que l’écran tactile est dévolu à des raccourcis de commande, et si le mode Lite autorise d’y placer les furies ou des coups spéciaux, le mode Pro ne permet que d’y incorporer des mix de boutons plus simples (la saving attack par exemple, ou encore un raccourci PGL+PGM+PGF). Lors des joutes en ligne, il est possible de ne demander à jouer que contre des gamers en mode Pro, si l’on souhaite éviter le débutant qui spamme son écran tactile de Hadoken ou Shoryuken. Un bon point.
Pour le reste, on retrouve l’ensemble des modes de jeu qu’on a connu sur PS3 et Xbox 360. Le mode online est évidemment de la partie et fonctionne très bien. On peut également visionner quelques bastons d’autres joueurs grâce à l’option Channel Live, en local cette fois. Les Défis sont au rendez-vous – sorte de tutorial qui monte en puissance et vous apprend la science du combo (accrochez-vous pour tous les boucler) – et la fonction StreetPass (dont nous parlions ici même) permet de s’adonner à un mini-jeux qui consiste à opposer votre équipe de statuts représentant les persos du jeu, contre celle d’un adversaire que vous auriez croisés en vous baladant dans la rue, votre console en veille. Autant dire que les 3DS ne courent pas encore les rues à Toulouse et qu’il est donc un peu difficile de juger de l’intérêt du concept pour le moment. Au final, c’est donc une agréable surprise : on retrouve tout le contenu des versions salon, sans exception. On n’a pas souvent été habitué à cela sur console portable.
Je termine avec les points les plus spécifiques de cette version, à savoir l’impression de 3D justement, et la nouvelle vue dynamique. Cette second composante est amusante, mais ne permet franchement pas de bien appréhender le combat. Si on peut l’utiliser pour tenter le coup contre l’IA en niveau faible, on revient bien vite à la vue traditionnelle lorsque les choses se corsent. Concernant la vraie 3D maintenant, je la trouve très réussie. Elle fonctionne très bien (même si on est plus dans une notion de profondeur accrue que de réel relief) et je n’ai ressenti aucune gêne au niveau des yeux (et cela vaut pour toutes mes expériences sur 3DS). Honnêtement, l’apport n’est pas révolutionnaire et ne change pas grand chose. D’ailleurs si vous êtes du genre à vous contorsionner comme un fou en jouant à un jeu de baston, je vous conseille de la désactiver. Ceux qui passent outre ces recommandations y verront un ajout rigolo, qui apporte un petit plus niveau immersion, même si en contre-partie, un léger aliasing et un peu de scintillement apparaissent. Personnellement, y a des jours où je trouve ça super et je l’active constamment et d’autres où je préfère la bonne vieille 2D.
En définitive, il ne faut pas s’y tromper : la 3DS accueille sa propre version de Super Street Fighter IV. Et pas une au rabais, la vraie de vraie ! Alors bien sûr, si vous êtes fans de baston, je ne saurais que trop vous conseiller de vous tourner en priorité vers une version Xbox 360 ou PS3, où le confort de jeu à la manette est tout de même supérieur, mais si vous souhaitez une version nomade, il n’y a pas à hésiter une seconde. Ce Street IV est une bombe du jeu de combat. Un titre beau, complet, imparable.







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