Vos contributions : Okami

Voici venir en ce jour la toute première contribution de lecteur ! Que ceux qui ont pris le train en marche se rafraîchissent la mémoire : depuis notre retour sur CS, nous proposons aux lecteurs du site de participer en proposant leurs propres articles. Alors prenez votre plume ou votre clavier, et faites nous part de vos textes par ici. En attendant, voici la première mise à jour du genre, écrite par Dobby et consacrée à Okami. De quoi se prépaprer mentalement en attendant la suite sur DS.

Sorti en début d’année 2007, Okami se voulait être l’un des derniers grand jeux de la vénérable PlayStation 2 – avec bien entendu God of War II, Final Fantasy XII ou même Rogue Galaxy. Okami du défunt studio Clover – fermé suite à l’échec commercial cuisant du jeu qui nous intéresse aujourd’hui – se voulait être un  jeu d’action/aventure complétement original de par son thème, son univers, ses mécaniques de jeu.  Pour une PS2 qui n’a pratiquement eu que le premier Jak & Daxter comme digne représentant du genre, Okami devenait ce que certains qualifièrent de “Zelda de la PlayStation 2″ lors de sa sortie en 2001. L’oeuvre d’Hideki Kamiya (Devil May Cry, Resident Evil 2, Viewtiful Joe) conjugue admirablement un gameplay riche, un monde onirique, la poésie d’un ICO et le lyrisme d’un Shadow of The Colossus et se permet même de surpasser et balayer la série star de Nintendo d’un vent plein de fraîcheur. Le tout grâce à un résultat dantesque, grandiose, fabuleux, majestueux. Chronique et retour sur un jeu qui va rester dans l’anonymat hormis chez les connaisseurs, les chanceux qui y auront joué et qui pourront dire : “moi Monsieur j’y étais”. Comme dirait Abd al Malik; “ça c’est du lourd”.

Le pouvoir célesto-cosmique

L’une des particuliarités de feu-Clover Studio est de toujours  vouloir se détacher du reste des productions faites à l’arrache avec des impératifs de temps et d’argent. Okami en est la preuve avec ses graphismes cel-shading, très épurés, très arty dans le fond comme dans la forme. Pour l’anecdote, le rendu visuel n’était pas celui espéré lors du développement initial du titre qui se voulait être entièrement réaliste. Mais se heurtant aux limites technologiques d’alors les développeurs, ou plutôt artistes de Clover en ont conclu que la meilleure chose à faire était de créer un univers picturo-numérique. En se baladant dans le monde de Nippon, nous ne sommes pas dans un jeu vidéo mais dans un conte numérique intéractif, un rêve fait de millions de zéro et de un, on n’aurait envie d’en sortir pour rien au monde, comme un gosse à qui on raconterait une histoire et qui à la fin en redemande. On en redemande sans pour autant vouloir obligatoirement un Okami 2 pour ne pas briser, balayer, torpiller cet incroyable voyage ludo-numérique. On voudrait seulement voir des jeux de ce type plus souvent et non des centaines de FPS sans âmes, formatés et obéissants à un cahier des charges infâme. On aurait envie que les développeurs montrent plus de cojones et osent des projets dont on ne zapperait pas l’existence deux mois plus tard. Des jeux qui nous marquent aux tripes, dans le coeur et dont les images restent gravés dans la tête éternellement. Okami fait inévitablement parti de cette catégorie de grands jeux qui s’imposent d’emblée comme des must have absolus.

Musicalement, Okami assure bien évidemment. Masami Ueda. Un nom qui se cache derrière la musique d’Okami mais également d’autres jeux Capcom comme Resident Evil 4 ou Viewtiful Joe. Ueda (aidé par d’autres compositeurs) réalise sans conteste la meilleure prestation de sa carrière. Le summum. Comme Nobuo Uematsu sur Final Fantasy VI. Ambiance japonisante et mélodie orientale accompagnent délicatement Okami. Ca manque peut-être d’un côté épique mais émotionnellement on est à donf. Le jeu de Clover réussit à émouvoir par ses musiques.

Romantisme ludo-numérique

A l’inverse d’un Metal Gear Solid ou BioShock qui titille, chatouille le cinéma pour élever le jeu vidéo au rang d’art à l’aide de cinématiques, mises en abîme du joueur et en véhiculant des messages forts, Okami n’utilise pas ces “subterfuges” pour séduire, il s’appuie sur ce que le jeu vidéo sait faire tout en le sublimant à la manière d’un ICO avec le même touché poétique et un ingrédient qu’il manquait dans le jeu de Fumito Ueda (à mon humble avis, hein) : le fun, le plaisir de jeu, le gameplay parfait. Atsushi Inaba, Hideki Kamiya et leur équipe de génies ont réussi à insuffler au jeu une dose de fraîcheur indescriptible qui rend le tout envoûtant. J’en peux plus, Okami est parfait sur tous les points, Clover signe sa plus belle oeuvre avant de crever,  tué par un Capcom insatisfait des ventes du titre et inconscient de la perle qu’il détenait. Et on n’abordera pas le débat du fabuleux générique de fin supprimé sur la version Wii. Tant pis, on a plâné, on a rêvé, on a kiffé et ça on ne pourra pas nous l’enlever.


Non, il n’y a pas à tergiverser, Okami est la plus grosse claque que j’ai pu prendre – et je sais que je ne suis pas le seul – depuis ces dix dernières années en termes de plaisir de jeu et d’aventure numérique depuis un certain The Legend of Zelda : Ocarina of Time. Et là tout est dit mes amis.

Dobby

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